L'AP-HP (38 hôpitaux publics de la région parisienne) a rouvert la moitié des lits qu'elle avait été contrainte de fermer après la crise sanitaire, du fait notamment de l'exode des soignants, a-t-elle indiqué mardi.
Selon ses chiffres, l'AP-HP a rouvert près de 1.000 lits depuis le point bas post-Covid, atteint en 2023, mais il lui en reste autant à rouvrir pour retrouver une offre comparable à celle de 2019.
Dans le détail, l'AP-HP a déjà rouvert 800 lits en médecine chirurgie obstétrique (MCO), stratégiques pour désencombrer les services d'urgence. "70% des lits ont été rouverts" dans ce secteur, a souligné l'institution.
D'ici 2030 l'AP-HP va continuer de rouvrir des lits
Environ 300 lits ont été ouverts dans les services de médecine (médecine interne, maladies infectieuses, cardiologie, neuro-vasculaire...), ainsi que près de 100 lits de soins aigus spécifiquement pour les personnes âgées et 170 lits en pédiatrie.
D'ici 2030 l'AP-HP va continuer de rouvrir des lits, notamment en médecine chirurgie obstétrique où 350 lits supplémentaires sont attendus d'ici 2027, mais aussi en soins de longue durée (320) et en soins médicaux et réadaptation (175 par an).
Les quelque 2.000 fermetures de lits dans l'après-Covid - une baisse de 11% des capacités, selon l'AP-HP - étaient liées aux départs de nombreux soignants de l'hôpital, en particulier des infirmières, épuisées par la crise sanitaire, et lassées du manque de reconnaissance salariale. Le gouvernement a proposé des revalorisations salariales comme le Ségur de la santé, et l'AP-HP de son côté a mis en place en 2023 un plan en 30 leviers pour restaurer son attractivité.
"Certains métiers restent en tension"
Ces décisions ont produit leurs effets: l'AP-HP qui avait perdu 12% de ses effectifs infirmiers début 2023 "est en passe" de les avoir reconstitués, "et les aura dépassés dès l'été 2026", a indiqué l'institution.
"Certains métiers restent en tension", avertit-elle également, comme les infirmiers de bloc opératoire ou ceux du secteur de l'imagerie "qui restent en difficulté dans plusieurs hôpitaux". Sur le plan financier, l'AP-HP reste déficitaire en 2025 de 385 millions d'euros, après une perte de 465 millions d'euros en 2024.
En 2026, l'objectif est de réduire le déficit à 285 millions d'euros, avant un retour à l'équilibre en 2030, a indiqué mardi Laetitia Buffet, directrice adjointe de l'AP-HP. Si cet objectif 2030 est tenu, "on aura mis sept ans à remonter la pente des difficultés Covid", a-t-elle souligné.
Selon l'analyse de l'AP-HP, confortée par un récent rapport de l'Igas, une partie du déficit actuel s'explique par la sous-compensation par l'Etat des mesures salariales (Ségur et autres) décidés après le Covid. Cette sous-compensation représente une charge d'environ 133 millions d'euros en 2025 pour l'AP-HP, a indiqué Mme Buffet.


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