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L’annonce de la fermeture de la scierie Béarn soulève incertitude et inquiétudes

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La fermeture définitive de la scierie Béarn, annoncée ces derniers jours par Chantiers Chibougamau, soulève beaucoup d’inquiétude au Témiscamingue.

Un projet de relance serait déjà en élaboration, mais l’arrêt de l’exploitation prévu le 10 juillet crée son lot d’incertitudes dans le milieu témiscamien.

Plusieurs mois pourraient s’écouler avant une relance, et les répercussions auront donc le temps de se faire ressentir d’ici là, craint Véronique Girard, coprésidente de la Chambre de commerce Témis-Accord.

Quand il y a des opérations forestières, quand les moulins fonctionnent bien, c’est bon pour les commerces qui vendent des bottes de travail, qui vendent de l'équipement de travail. C'est aussi bon pour les Pièces d'auto Brousseau, les TemLac et les Distributions Gironne de ce monde qui vendent des pièces, des boyaux, tout ce dont les gens ont besoin, affirme-t-elle.

Véronique Girard est dehors au centre-ville de Ville-Marie.

Véronique Girard est coprésidente de la Chambre de commerce Témis-Accord. Elle a publié un message sur ses réseaux sociaux qui a trouvé écho chez plusieurs personnes. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly

C’est aussi une soixantaine d’emplois bien rémunérés qui sont perdus, sans compter ceux des gens qui travaillent en forêt, avec toutes les répercussions que cela peut représenter sur les commerces du Témiscamingue.

La plupart des gens qui travaillent là vont perdre leur emploi, et je serais agréablement surprise que, le 11 juillet, l’autre entreprise qui souhaite prendre le relais soit prête à commencer. Ça aura donc un impact sur les travailleurs, mais aussi chez les commerçants, les gens qui travaillent en forêt. Ça crée beaucoup d'incertitude, estime Mme Girard.

Si les entrepreneurs forestiers ne travaillent plus, ils ne vont pas manger au restaurant. Ils ne s'achètent pas un nouveau VTT, ils ne vont pas remplacer leur camion.

Véronique Girard dernière rappelle que la situation est difficile depuis plusieurs années à la scierie Béarn. Cette dernière a changé de propriétaire à quelques reprises depuis la vente de Tembec. Mme Girard avait bon espoir de voir Chantiers Chibougamau être en mesure de redresser la situation et d’effectuer les investissements nécessaires pour moderniser l’usine.

Une pancarte de la scierie Béarn

La scierie de Béarn a été acquise en 2023 par Chantiers Chibougamau. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly

Le Témiscamingue a aussi été frappé en juillet 2024 par la perte de 275 emplois directs avec la fermeture de l’usine de production de cellulose de haute pureté de RYAM, à Témiscaming.

Protéger les approvisionnements

Véronique Girard souhaite de tout cœur que le projet de relance soit robuste. Pour cela, il est important, selon elle, de s’assurer que les approvisionnements en forêt publique sont protégés.

Mon inquiétude, c’est de savoir ce qu’il adviendra des droits d’approvisionnement qui sont rattachés à la scierie Béarn. Parce que, peu importe le projet qu’on va faire, s’il n’y a pas de droits d’approvisionnement qui viennent avec l’usine, c’est voué à l’échec. C’est important qu’ils conservent les mêmes droits de coupe, insiste-t-elle.

Des arbres coupés dont les branches ont été retirées et empilées les uns sur les autres.

La question de l'avenir des droits d'approvisionnement rattachés à la scierie Béarn est soulevée. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Lise Millette

Frédéric Verreault, vice-président, Affaires corporatives, à Chantiers Chibougamau, a assuré au cours du week-end qu’il n’y avait aucun scénario de démantèlement de l’usine ni de déplacement de la garantie d’approvisionnement.

Véronique Girard ajoute que si les opérations forestières sont arrêtées pendant plusieurs mois, l’incidence pourrait aussi se faire ressentir sur l’entretien des chemins forestiers, qui sont aussi utilisés par les chasseurs et les pêcheurs.

Un écosystème fragilisé

Cette fermeture aura également des répercussions sur les autres joueurs forestiers du Témiscamingue, notamment LVL Global à Ville-Marie, dont une partie de l’approvisionnement dépend des opérations forestières de la scierie Béarn. L’entreprise produit du bois d’ingénierie à partir du tremble et du bouleau.

Avec le ralentissement dans les dernières années des opérations [à la scierie Béarn], on a trouvé d'autres fournisseurs de tremble en attendant que les opérations reprennent au Témiscamingue. Mais pour le bouleau, il y a à peu près 80 % de notre approvisionnement qui vient du Témiscamingue. Et là, ça vient impacter l'un de nos produits qu'on fait à l'usine, notre produit qu'on appelle le 2.0. C'est du LVL de grade supérieur. Ça vient essentiellement du Témiscamingue, donc il faut trouver une solution pour remplacer ce volume-là, explique Jean-François Gingras, directeur des approvisionnements à LVL Global.

L'approvisionnement en bois est plus complexe avec les fermetures d'usine dans la région.

L'approvisionnement en bois pour LVL Global devient plus complexe avec les fermetures d'usine dans la région des deux dernières années. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly

Le bouleau représente 15 % du bois utilisé dans la production du LVL de grade 2.0. Ce sontenviron 3000 mètres cubes de qualité déroulage par année. L’entreprise qui emploie une centaine de travailleurs à Ville-Marie évalue donc ses options en ce moment. Une solution temporaire pourrait se trouver du côté de l’Ontario ou de l’Outaouais.

C’est un produit qui est quand même très demandé sur le marché. Idéalement, il faut que tout se règle pour nous. Mais je suis très optimiste de pouvoir remplacer ce volume-là, mais ça va quand même demander beaucoup de travail pendant un certain temps. On sera toujours intéressés à venir combler notre garantie d’approvisionnement s’il y avait un éventuel repreneur à Béarn, sachant que la ressource est là et qu’elle est accessible, fait savoir M. Gingras.

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