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L’angle mort de la francophonie : le défi des villes de taille moyenne

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Bien que l'Alberta ait officiellement proclamé 2026 « Année de la Francophonie », les obstacles sur le terrain demeurent tangibles. C’est particulièrement vrai dans les centres urbains de taille moyenne, comme Red Deer, où la communauté francophone, bien que dynamique, évolue en ordre dispersé.

Contrairement à Edmonton, où des quartiers comme Bonnie Doon font office de poumon pour la francophonie albertaine, les municipalités intermédiaires souffrent bien souvent d'une absence de visibilité francophone.

Pour exister, les organismes locaux doivent donc déployer des efforts constants pour que le français soit entendu sur la place publique.

Arden Bissila, conseiller en établissement et gestionnaire de cas de l’organisme Francophonie Canadienne Plurielle (FRAP), dit que ce manque de visibilité peut engendrer un sentiment d'isolement chez les nouveaux arrivants, qui peinent souvent à trouver leurs repères linguistiques dès leur arrivée.

Quand vous arrivez dans des centres de taille moyenne comme Red Deer, la grande difficulté, c'est de ne pas trouver rapidement une communauté francophone accueillante.

Dans un discours prononcé en français devant des centaines de personnes rassemblées pour discuter de diversité et de lutte contre le racisme à Red Deer, Arden Bissila a fait l’éloge de la richesse qu’apporte la pluralité des cultures. Et si je n'étais pas ici, qui aurait pu parler en français pour ces gens?

Ce qui vous frappe alors, c'est l'isolement.

Le défi du recrutement et de la rétention

La branche de Red Deer de l'Association canadienne-française de l'Alberta (ACFA) a récemment subi des difficultés inhérentes au recrutement de la relève en dehors des grands pôles urbains.

La présidente de l'organisme, Nadine Tremblay, confie avoir eu une agréable surprise en constatant la qualité des candidatures reçues. C’est vraiment agréable de constater qu’il y a encore beaucoup de personnes qui veulent s'investir au sein de la communauté pour faire une différence et créer des liens avec la population. C’est très encourageant.

Elle concède toutefois que le bassin de candidats demeure nettement plus restreint que celui des grandes villes de la province. En tout, nous avons reçu une dizaine de candidatures.

Finalement, Taha Sidi Ammi reprend les rênes de la direction générale. Le projet d’art Mosaïque (nouvelle fenêtre) fait partie de ses premiers dossiers.

Une bande du temps de l'histoire de l'ACFA à Red Deer.

Bien que Red Deer soit souvent perçue comme une ville majoritairement anglophone, les racines francophones remontent loin.

Photo : Radio-Canada / Laurence Taschereau

Pourtant, le financement octroyé à ces organismes est souvent moindre, tandis que l'éventail des responsabilités y est plus vaste.

Pour piloter l’ACFA de Red Deer, il faut savoir jongler habilement entre la rigueur administrative des subventions et le développement humain. Le défi est double, soutient Nadine Tremblay : il faut être un gestionnaire organisé pour satisfaire les exigences gouvernementales et posséder la vision nécessaire pour bâtir un espace communautaire accueillant.

Dans des centres comme Red Deer, vous savez, les ressources ne sont tout simplement pas suffisantes, ajoute Arden Bissila.

Nous avons une communauté francophone qui s'agrandit, certes, mais cela ne suffit pas : il faut que nous soyons capables de retenir ces gens, de les garder ici, dit-il.

Actuellement, l'attraction des métropoles reste forte : de nombreux professionnels privilégient Calgary ou Edmonton pour leurs perspectives de carrière et leur offre de services bilingues, croit Arden Bissila.

Un combat pour la pérennité

De son côté, la mairesse de Red Deer, Cindy Jefferies, exprime le souhait de voir cette diversité culturelle et linguistique s'enraciner et prospérer au-delà de sa propre ville.

Je suis profondément touchée par la diversité. Quand je me retrouve parmi d'autres francophones, je ressens une telle fierté de voir que nous maintenons une communauté vibrante.

La langue est l'âme d'une culture. La voir s'épanouir est un message puissant. Car, au fond, une culture peut-elle vraiment survivre si elle perd sa langue?

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