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Une œuvre d’art pour dire merci, c’est le geste qu’a posé l’artiste-peintre Sophia Vézina à l'endroit du Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) de Sept-Îles. À travers les couleurs vives de son tableau intitulé Entraide, l’artiste souhaite rappeler aux survivantes qu'il existe une main tendue.
Ce don n'est pas seulement un acte de générosité, c'est le point final d'un long processus de guérison. Pour l'artiste originaire de Pointe-aux-Anglais, près de Port-Cartier, cette démarche prend racine dans un passé marqué par la douleur.

Sophia Vézina explique que chaque fois qu'elle peint, elle a une pensée pour le CALACS.
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
J’ai eu une enfance et une vie d’adulte assez traumatisante, témoigne Sophia Vézina. J’ai vécu différentes épreuves que je croyais avoir surmontées, mais c’était seulement de l’accumulation.
Il y a quelques années, j’ai touché le fond du baril, comme on dit. C’est l’équipe du CALACS qui m’a accueillie à bras ouverts et qui m’a aidé à me reprendre en main.
L’art pour guérir
Si l’artiste manie le pinceau depuis son enfance, c’est en 2025 que sa pratique devient une véritable thérapie. Elle explique que les couleurs vibrantes de ses toiles sont en quelque sorte la sublimation de ses maux.

Sophia Vézina a pu présenter ses oeuvres lors du Marché du printemps de Port-Cartier. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
Durant cette période, toutes les émotions vécues, tous le mal-être que je portais en moi, je les ai pris un à un et j’allais chercher leur opposé positif, relate Sophia Vézina. Je prenais le temps de les peindre, de les vivre. Je reconnectais avec la beauté. La réalité, c’est que tout n’est pas sombre, tout n’est pas noir.
Cette conclusion, l'intervenante et coordonnatrice au CALACS de Sept-Îles, Marie-Ève Giroux, la partage entièrement. Celle qui a accompagné Sophia Vézina dans son processus de guérison rappelle que tous les moyens sont bons pour aller de l'avant, aussi simples soient-ils.

Sophia Vézina entourée de Marie-Ève Giroux (gauche) et Léa Gentes (droite), intervenantes au CALACS Sept-Îles,
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
Des fois, juste se lever le matin, prendre son petit café, et prendre soin de soi, à notre manière, c’est assez. Il y en a que c’est lire, tricoter des pantoufles ou faire de l’art. Il y a plein de moyens de s’en sortir.
L'œuvre Entraide de la série L’amour, ça se cultive est maintenant installée dans les locaux de l'organisme, comme un symbole d'espoir pour les autres victimes.
J’aimerais ça être une inspiration pour les autres personnes qui traversent ces épreuves, qu’elles me prennent comme exemple pour dire : "oui c’est possible d’aller mieux", conclut Sophia Vézina.


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