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L’Alberta tente de convaincre les municipalités de Colombie-Britannique de son projet de pipeline

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Le gouvernement de l’Alberta présente directement aux municipalités son argumentaire en faveur d’un oléoduc, révélant une constellation d’opinions, de préoccupations et de leçons tirées des projets de pipelines passés dans des collectivités du nord de la Colombie-Britannique.

Les présentations tenues au cours des derniers mois insistaient sur le fait qu’il n’existe actuellement aucun tracé précis ni emplacement déterminé pour un terminal. Depuis, CBC a rapporté que le gouvernement albertain examinait trois tracés possibles qui traverseraient le nord de la Colombie-Britannique.

Jusqu’ici, ces démarches auprès des collectivités ont surtout eu lieu dans le nord de l’Alberta et le nord de la Colombie-Britannique, d’après une carte des réunions de conseils municipaux créée au moyen de l’outil Civic Searchlight du Canada’s National Observer (CNO). Les détails des rencontres, leurs objectifs et les commentaires des participants ont aussi été tirés des recherches du CNO.

« Nous avons choisi les municipalités, les comtés et les villes en fonction des différentes options envisagées », a expliqué Karim Zariffa, représentant du gouvernement de l’Alberta, au conseil du comté albertain de Woodlands, le 21 mai. Le ministère albertain de l’Énergie et des Mines, qui mène ces consultations, n’a pas répondu aux demandes de commentaires du Canada’s National Observer.

L’objectif de ces rencontres est de recueillir de premières impressions sur le projet, a indiqué un autre représentant du gouvernement albertain, Ron Poole, à des élus locaux réunis le 14 mai au district régional de Bulkley-Nechako, dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique.

La présentation comprenait une brève description du projet. « Le gouvernement de l’Alberta prépare une proposition en vue d’un oléoduc de calibre mondial, copropriété autochtone, vers la côte ouest de la Colombie-Britannique », a lu M. Poole. « L’objectif est de renforcer l’indépendance énergétique du Canada, d’accroître sa compétitivité mondiale et de stimuler la prospérité. »

« Qu’est-ce qu’on y gagne, au juste ? »

De nombreux élus régionaux de Colombie-Britannique ont voulu savoir ce que leur province aurait à y gagner.

« Que proposent-ils comme legs ou comme compensation financière pour la population de la Colombie-Britannique ? » a demandé Bruce Bidgood, membre du conseil du district régional côtier de Kitimat-Stikine, pendant la présentation.

« Quand on parle d’un oléoduc entre l’Alberta et la Colombie-Britannique, tous les risques sont en Colombie-Britannique, tous les bénéfices sont en Alberta, et je ne suis pas intéressé par quelque chose comme ça », a déclaré le maire de Terrace, Sean Bujtas, précisant qu’il exprimait son point de vue comme élu régional et pas nécessairement celui de sa municipalité.

Puisque la « très, très grande majorité des risques » repose sur la Colombie-Britannique, l’élu de Kitimat-Stikine James Cordeiro affirme que les collectivités britanno-colombiennes voudraient être partenaires à parts égales et recevoir 50 % des redevances perçues par l’Alberta.

« Il faut que ce soit équitable ; il faut de la justice, et il faut tenir compte de la façon dont cela aura des répercussions sur les districts régionaux et les municipalités », a dit le maire Bujtas, ajoutant que l’Alberta devrait « retourner à la planche à dessin » et consulter directement les municipalités, plutôt que de se présenter seulement aux réunions des districts régionaux et de laisser ensuite aux directeurs le soin de transmettre l’information aux municipalités.

Ron Poole a expliqué qu’il a fait des présentations lors de cinq réunions de districts régionaux, réunissant des représentants d’environ 40 municipalités, en partie en raison des contraintes de temps, puisque l’Alberta s’est engagée à soumettre une proposition au Bureau des grands projets du gouvernement fédéral d’ici le 1er juillet. Communiquer avec chaque administration locale avant cette échéance « aurait été une tâche colossale », si bien que participer aux réunions des districts régionaux semblait être la meilleure façon de procéder de manière équitable, a-t-il dit lors de la rencontre du 14 mai avec le district régional de Bulkley-Nechako.

Certains élus régionaux ont soulevé des préoccupations environnementales. James Cordeiro a dit s’inquiéter davantage des petits déversements de pétrole liés aux opérations courantes et des effets cumulatifs sur l’eau et les habitats riverains que d’une catastrophe du type Exxon Valdez.

« Si la Colombie-Britannique doit être responsable des conséquences de ce genre de nettoyage, entre autres choses, cela ramène encore plus la question : qu’est-ce qu’on y gagne, au juste ? Cela ne semble pas constituer une proposition très intéressante pour la Colombie-Britannique, et encore moins pour nous, ici, sur la côte nord », a dit M. Cordeiro.

« Quelle est la probabilité que nous tirions des revenus significatifs d’un projet d’oléoduc et de terminal ? » a-t-il demandé.

M. Bujtas s’en est aussi pris aux sentiments séparatistes albertains. « Je ne suis pas intéressé à faire des affaires dans les pipelines avec un autre pays », a-t-il lancé, suscitant des rires pendant la réunion.

Emplois et effets sur les communautés

Autour des tables de réunion en Colombie-Britannique, les points de vue étaient variés. L’élu de Kitimat-Stikine Ted Ramsey a fait écho aux questions d’autres représentants sur le partage des revenus, mais il a indiqué qu’au fond, il appuie la proposition d’oléoduc de l’Alberta.

« Je crois fermement qu’il est dans notre intérêt national de construire un oléoduc », a dit M. Ramsey. « Je pense simplement qu’il faut cesser de traîner les pieds et acheminer nos produits, les produits canadiens, jusqu’à la côte, d’où ils pourront être expédiés. »

La directrice Julie Maitland, de son côté, a estimé que la proposition susciterait probablement un « non catégorique » de la part de sa municipalité, le village de Hazelton, qui a récemment été bouleversé par des manifestations contre le pipeline Coastal GasLink. La présidente de district Cyra Yunkws croit elle aussi que son secteur électoral s’opposerait à un oléoduc.

La mairesse de New Hazelton, Gail Lowry, juge, elle, sa région appuierait vraisemblablement la proposition.

Les emplois ont pesé lourd pour certains élus locaux. Lors de la rencontre du 14 mai du district régional de Bulkley-Nechako, le représentant Chris Newell a dit appuyer l’oléoduc, notamment parce qu’il n’y a pas d’industrie dans le secteur rural de Houston ni dans une bonne partie du nord-ouest.

L’Alberta présente le projet comme une copropriété avec des groupes autochtones, mais M. Newell espère que les municipalités pourront aussi y participer.

« Je l’appuie, et nous avons besoin de ces emplois », a dit l’élue Judy Greenaway, en rappelant qu’il y avait eu beaucoup de résistance au projet d’oléoduc Northern Gateway d’Enbridge il y a quelques années. Elle a insisté sur l’importance de tenir les représentants des secteurs électoraux informés tout au long du processus.

« Les aspects liés au développement économique sont très encourageants, mais il m’est difficile d’évaluer un projet qui, à ce stade, n’est encore qu’un concept », a dit l’élu Michael Riis-Christianson.

Des élus ont déploré que le gouvernement provincial n’ait pas toujours su répondre adéquatement aux préoccupations locales — par exemple la pression que les projets de pipelines et les camps de travailleurs associés exercent sur les sites d’enfouissement, l’entretien routier et les services locaux.

« Plus précisément, lorsque nous avons eu le camp de Coastal GasLink dans le district de Vanderhoof, cela a imposé une pression majeure à la fois sur nos services médicaux et sur nos services de la GRC, qui sont déjà des secteurs où nous éprouvons des difficultés », a dit le représentant Kevin Moutray.

« La dernière fois, [Coastal GasLink] disait : “Ne vous inquiétez pas, nous allons avoir des infirmières dans nos camps, et elles vont s’occuper de tout.” Mais ce n’est pas ce qui s’est passé », a affirmé M. Moutray. Cette fois, a-t-il ajouté, il faudrait un plan sérieux en place à l’avance.

Il est important que les résidants de la Colombie-Britannique — les collectivités rurales les plus susceptibles d’être touchées — ainsi que les groupes autochtones soient consultés adéquatement et donnent leur appui avant que le projet n’aille de l’avant, a insisté M. Riis-Christianson.

Avancer sans obtenir l’appui de ces régions et de ces groupes risquerait de creuser davantage le fossé entre le gouvernement fédéral, la Colombie-Britannique et les gouvernements autochtones, a-t-il ajouté.

D’autres élus ont insisté sur la nécessité de respecter le droit de la Colombie-Britannique de déterminer son avenir dans ces discussions.

« Beaucoup d’attention semble être accordée à la nécessité de répondre aux préoccupations de l’Alberta et de s’assurer que les désirs de l’Alberta sont entendus, mais peut-être pas autant à ce que ressentent les Britanno-Colombiens », a dit M. Riis-Christianson.

Des conseillers municipaux albertains favorables

Les commentaires des municipalités albertaines ont été plus constants.

Tout juste à l’est d’Edmonton, certains conseillers du comté de Lamont ont exprimé leur enthousiasme à la perspective d’un oléoduc. La conseillère du comté de Woodlands Patricia MacNeil a voulu savoir comment ils pouvaient le mieux appuyer le projet, et a proposé la rédaction d’une lettre conjointe avec des municipalités voisines pour signaler leur soutien.

Le conseiller du comté de Woodlands Peter Klueken a dit ne pas avoir de problème avec les oléoducs, mais a exprimé certaines préoccupations sur le plan des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance.

« Nous transportons une ressource non renouvelable, alors je ne sais pas comment on intègre cela dans un projet d’oléoduc de manière qu’il y ait encore un avenir dans 100 ans pour nos enfants », a dit M. Klueken. Il a aussi souligné que si l’investissement dans le projet ne sert qu’à transférer des fonds « vers un autre pays ou dans les poches de millionnaires », plutôt qu’à faire revenir une partie de cet investissement dans les collectivités, il faut que cela fasse partie de la discussion.

Les équipes de mobilisation municipale du gouvernement albertain, en Alberta et en Colombie-Britannique, ont indiqué que d’autres équipes travaillent aussi à consulter les communautés autochtones dans les deux provinces.


Cet article a été traduit par la rédaction du Devoir à l’aide d’un outil d’intelligence artificielle après avoir d’abord été publié en anglais dans Canada’s National Observer.

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