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Le gouvernement albertain prépare un régime de redevances préférentiel pour convaincre les pétrolières d’accroître leur production. Attendue en novembre, la mesure vise à doubler la production albertaine d’ici 2035, et du même tir, soutenir le projet de pipeline vers la côte ouest.
La première ministre de l'Alberta, Danielle Smith, souhaite notamment faire naître suffisamment de nouveaux projets pour alimenter un pipeline d’un million de barils par jour.
Tant que les entreprises seront en mode croissance, nous voulons pouvoir les soutenir.
Avant de s’engager, les entreprises réclament toutefois un environnement financier suffisamment avantageux pour justifier des investissements qui se chiffreraient en dizaines de milliards de dollars.

Un nouveau pipeline relierait les sables bitumineux du nord de l’Alberta au sud de la Colombie-Britannique.
Photo : The Canadian Press / Jonathan Hayward
Stimuler maintenant, récolter plus tard
Les redevances albertaines représentent le prix versé par les entreprises pour exploiter une ressource appartenant à la population. La Couronne provinciale détient aujourd'hui environ 81 % des droits miniers.
Dans les sables bitumineux, les nouveaux projets versent d’abord une redevance calculée sur leurs revenus bruts, variant généralement de 1 % à 9 %, selon le prix pétrolier. Une fois leurs coûts d’investissement récupérés, ils passent à un régime plus élevé, qui peut représenter de 25 % à 40 % de leurs revenus nets.
Selon Richard Masson, ancien président-directeur général de la Commission de commercialisation du pétrole de l'Alberta, une réduction des redevances peut améliorer le rendement d'un projet. La nouvelle structure pourrait donc favoriser une hausse de la production de pétrole à travers la province.

Richard Masson, ancien président-directeur général de la Commission de commercialisation du pétrole de l'Alberta.
Photo : Radio-Canada / Tiphanie Roquette
Les gouvernements cherchent toujours le point d’équilibre qui permettra de maximiser les investissements, les emplois et les redevances, explique-t-il.
L’objectif de doubler la production albertaine d’ici 2035 lui paraît donc très ambitieux. Une structure de redevances plus avantageuse pourrait toutefois aider la province à obtenir une partie des engagements recherchés.
Des revenus publics en jeu
Cette stratégie comporte néanmoins un risque : celui d’offrir un avantage financier aux pétrolières sans provoquer la vague d’investissements espérés.
Janetta McKenzie, directrice du programme pétrole et gaz à l’Institut Pembina, déplore qu'une redevance moins élevée signifie que la population reçoit une plus petite compensation pour l’exploitation de ses ressources. De plus, une baisse trop importante des redevances pourrait compliquer l’équilibre budgétaire de la province et limiter sa capacité à financer les services publics.

Janetta McKenzie, directrice du programme pétrole et gaz de l’Institut Pembina.
Photo : Radio-Canada / G-meet
À l’échelle mondiale, les entreprises privilégient de plus en plus les dividendes versés aux actionnaires, les fusions et les réductions de coûts, plutôt que la construction de nouvelles installations. Même aux États-Unis, où le fardeau réglementaire est plus faible, les investissements pétroliers ont ralenti.
Rien ne garantit donc qu’un régime plus généreux suffira à renverser la tendance, affirme l'experte.
Le gouvernement albertain soutient pour sa part que la demande mondiale demeurera suffisamment forte pour justifier ces investissements.


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