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L’administration Trump envoie un porte-avions et jusqu’à 10 000 militaires vers l’Iran et menace de reprendre les bombardements

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L’USS Theodore Roosevelt, à gauche, et l’USS Carl M. Levin se préparent à un ravitaillement dans l’océan Pacifique, le 16 novembre 2025. [Photo: Navy Petty Officer 3rd Class Aaron Haro Gonzalez ]

L’administration Trump déploie au Moyen-Orient le porte-avions USS Theodore Roosevelt et trois navires de guerre amphibies transportant quelque 2 000 Marines. Ces bâtiments viendront renforcer avec jusqu’à 10 000 marins et Marines les forces américaines massées contre l’Iran, ont rapporté jeudi le Wall Street Journal et Bloomberg News citant des responsables américains.

Ce déploiement fait suite à la menace proférée par le président américain Donald Trump, le 22 septembre devant l’Assemblée générale de l’ONU, d’« anéantir la République islamique, et ce rapidement », et de « les précipiter en enfer, sans la moindre chance de survie ni aucun espoir de grandeur future ou de générations futures ». Deux jours plus tard, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou avait déclaré devant l’Assemblée générale que le « régime meurtrier » de l’Iran « serait renversé », affirmant : « Ce régime malfaisant tombera, et nous célébrerons tous ce jour-là. »

Ce renforcement militaire met la Maison-Blanche sur la voie d’une accélération massive de la guerre après les élections de mi-mandat du 3 novembre aux États-Unis, dont on attend qu’elles traduisent l’écrasante impopularité de la guerre chez les travailleurs et les jeunes. Si les démocrates peuvent être les bénéficiaires de ce scrutin, ils se sont toutefois engagés, tout comme Trump, à faire en sorte que l’Iran soit asservi aux intérêts américains.

Le Journal a rapporté le 25 septembre que Trump avait « dit à ses collaborateurs qu’il s’attendait à reprendre les bombardements contre l’Iran après les élections de mi-mandat de novembre ». Jeudi, il a écrit, citant des responsables américains, que les navires dépêchés arriveraient d’ici la fin novembre.

Selon l’agence Bloomberg, citant elle aussi un responsable américain, ce déploiement «donnerait aux commandants américains davantage d’options si le président Donald Trump choisissait d’intensifier les attaques contre l’Iran ».

Axios a cité jeudi un responsable américain ainsi: « La région pourrait potentiellement compter jusqu’à trois groupes aéronavals. C’est beaucoup plus de puissance de feu. »

Le Roosevelt a appareillé de San Diego dimanche, et le groupe amphibie de l’USS Makin Island a suivi lundi. La question de savoir si le Roosevelt viendra s’ajouter aux porte-avions déjà présents dans la région ou en remplacera un n’est pas encore tranchée, rapporte Axios, citant un second responsable. Les États-Unis y disposent déjà de plus de 50 000 militaires.

Ces dernières semaines, l’administration Trump a également envoyé deux batteries de missiles Patriot supplémentaires en Arabie saoudite et au Qatar afin de protéger des installations énergétiques « au cas où le président … déciderait de reprendre des opérations de combat de grande envergure contre l’Iran », écrit Axios jeudi.

Interrogé mercredi par des journalistes au sujet des dirigeants iraniens, Trump a déclaré, selon CBS News: « Nous devons prendre cette décision : soit nous les faisons sauter, soit nous concluons un accord. »

« Soit ils signeront un accord très équitable, soit ils cesseront d’exister » a déclaré Trump jeudi en quittant la Maison-Blanche, selon The Hill.

Dans un entretien accordé lundi au magazine Time et publié jeudi, on a demandé à Trump s’il comptait «intensifier les bombardements après les élections de mi-mandat». Il a répondu : «C’est possible.»

Relancé, Trump a déclaré: « Nous avons beaucoup d’armes. Vous savez, nous faisons des stocks depuis six mois. » Lorsqu’on lui a rappelé sa menace, à l’ONU, d’« anéantir » l’Iran, il a répondu : « Oui, je le ferais. C’est possible. »

Des secteurs dominants des médias américains font campagne pour une escalade de la guerre.

Dans un éditorial intitulé « La bataille d’Ormuz est en train de basculer », la rédaction du Journal a déclaré jeudi que l’armée américaine avait « renversé le cours de la bataille du détroit d’Ormuz ». Elle écrit: « Voilà à quoi ressemble le progrès : le pétrole iranien est bloqué tandis que celui du reste du monde passe de plus en plus. »

L’éditorial concluait: « Le défi consiste désormais à maintenir la pression et à exploiter l’avantage tactique américain pour atteindre des objectifs stratégiques – en finir avec le programme nucléaire ou avec le régime même. »

Au moins cinq pétroliers ont été attaqués dans le détroit ou à proximité depuis lundi, a rapporté vendredi le site d’information maritime Riviera. Jeudi, le superpétrolier koweïtien Kazimah III a pris feu après avoir été touché par ce que le Centre des opérations commerciales maritimes du Royaume-Uni (UKMTO) a qualifié de « projectile non identifié ».

La marine américaine bloque les ports iraniens depuis juillet. Mercredi, le bilan s’élevait à 125 navires marchands déroutés, selon l’armée américaine, et le 26 septembre, Trump s’est vanté que le blocus était « un mur d’acier ».

Reuters a rapporté jeudi, citant trois hauts responsables iraniens et une source au fait du dossier, que l’Iran se préparait à « une riposte plus large et plus énergique au cas où les États-Unis reprendraient leurs attaques militaires à grande échelle ». L’agence de presse précise : « De hauts commandants examinent des plans visant à élargir les cibles potentielles au-delà des intérêts liés aux États-Unis, pour y inclure les pays qui soutiennent les opérations militaires américaines et, peut-être, des lieux situés hors du Moyen-Orient. »

Selon les chiffres officiels compilés par Al Jazeera, au moins 3 527 personnes ont été tuées en Iran par les bombardements américains et israéliens entre le 28 février, date à laquelle les deux puissances ont lancé la guerre, et le 28 août. Au 28 septembre, l’armée américaine avait dénombré 19 militaires américains morts et 861 blessés.

Des dirigeants démocrates de premier plan ont passé la semaine écoulée à attaquer Trump pour avoir perdu la guerre et pour sa « faiblesse » envers la Chine.

Le sénateur démocrate de l’Arizona Ruben Gallego a déclaré mercredi à CNN que le secrétaire à la Défense Pete Hegseth devrait « chercher comment gagner cette guerre en Iran ».

Le représentant démocrate du Massachusetts Jake Auchincloss a, lors d’un entretien accordé à CNN le 25 septembre, accusé Trump d’avoir perdu la guerre. Trump, a-t-il dit, avait envoyé au président russe Vladimir Poutine et au président chinois Xi Jinping un message « d’apaisement et de faiblesse ».

Dans des déclarations faites au Capitole au sujet de la visite d’État de Xi la semaine dernière, diffusées dimanche dans l’émission « Fox News Sunday », le sénateur démocrate du Connecticut Richard Blumenthal a attaqué Trump pour avoir « fêté et célébré Xi alors que [celui-ci] aide l’Iran, qui cherche à tuer nos fils et nos filles ». Il s’est dit « choqué et profondément alarmé de voir que le président, en réalité, s’aplatit devant [Xi] et ne débloque pas les fonds dont Taïwan a besoin pour se défendre ».

Le sénateur démocrate de l’Arizona Mark Kelly, interrogé dimanche dans l’émission « This Week » d’ABC, a déclaré : « Nous ne pouvons pas laisser le détroit aux mains des Iraniens. »

La montée en puissance militaire visant l’Iran se déroule parallèlement à l’escalade de la guerre des États-Unis et de l’OTAN contre la Russie, à laquelle Moscou a répondu en menaçant de recourir à l’arme nucléaire si l’OTAN cherchait à couper de la Russie Kaliningrad, l’enclave russe de la mer Baltique située entre la Pologne et la Lituanie.

« La Russie serait prête à utiliser tout son arsenal, y compris les armes nucléaires, pour défendre son territoire si les pays de l’OTAN tentent d’isoler la région de Kaliningrad du reste du pays », a écrit le 29 septembre l’ambassade de Russie en Irlande.

Le président russe Vladimir Poutine a répété cette menace jeudi lors de la réunion annuelle du Club de discussion Valdaï, un forum russe consacré à la politique étrangère. «Dans le cas d’une attaque directe contre la Fédération de Russie – en l’occurrence Kaliningrad, même si d’autres territoires pourraient aussi être concernés – la question du recours par la Russie à toutes les armes dont elle dispose se poserait inévitablement et immédiatement », a-t-il dit.

Interrogé mercredi sur cet avertissement russe lors d’une conférence organisée par Euronews à Bruxelles, le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte a répondu: « Nous défendrons chaque centimètre carré du territoire de l’OTAN. »

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