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Le projet de la Maison de la francophonie, qui se veut rassembleur, a créé des remous jeudi soir lors de l’assemblée générale annuelle de l’Association communautaire fransaskoise de Regina (ACFR). Les membres présents à la rencontre ont voté en grande majorité pour que l’organisme retire son appui au projet.
Au total, 21 des 23 membres votants ont voté en faveur de ce retrait.
De plus, le même nombre de membres ont appuyé l’ACFR pour qu’elle fasse des démarches pour convoquer une assemblée générale extraordinaire de l’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF) afin que les Fransaskois puissent débattre de la Maison de la francophonie, et ce, avant les élections de l’organisme prévues l'automne prochain.
Pour forcer la tenue d’une telle assemblée, l’ACFR doit obtenir dix signatures de membres réparties dans au moins trois districts électoraux de l’ACF, selon les règlements de cette dernière.
Initié par la Société historique de la Saskatchewan, le projet d'une Maison de la francophonie vise, entre autres, à réunir des services communautaires, culturels et économiques francophones dans le même lieu.
Peur de tuer l’essence communautaire
Les principales craintes de l'ACFR viennent du fait qu'elle est l’un des principaux gestionnaires des centres scolaires communautaires de Regina, comme ceux situés au Pavillon secondaire des Quatre Vents de l’École Monseigneur de Laval.
Or, la directrice par intérim de l'organisme, Claire Bélanger Parker, dit craindre que l’ouverture d’une Maison de la francophonie ne cause du tort à la communauté en raison d’un exode de ces espaces en milieu scolaire.
Il y a énormément de collaborations qui sont nées dans la dernière année en raison de ces locaux, rappelle-t-elle.
Certains membres de l’ACFR soutiennent d'ailleurs que les services communautaires près des écoles sont au cœur de la stratégie fransaskoise.
En quittant, on tue l'essence communautaire.

Un dessin représentant le café qui se retrouverait dans la Maison de la francophonie. (Photo d'archives)
Photo : Site web de la Maison de la francophonie
Les centres scolaires communautaires de Regina sont aussi une source de revenus pour l’ACFR. La location de ces derniers a rapporté plus de 100 000 $ à l’organisme durant le dernier exercice financier.
Claire Bélanger Parker note toutefois que ces espaces se sont vidés au fil des années, ce qui a mis de la pression sur leurs finances.
Cet argent revient dans le fonds des [Centres scolaires communautaires de Regina] pour améliorer les édifices, pour faire l'entretien, pour faire l’infrastructure, pour permettre que ces édifices-là continuent à être une place pour ces associations-là de vivre et de travailler, précise le président de l’organisation, Joshua Vogt.
La Maison de la francophonie, qui pourrait être inaugurée dès 2028, soulève aussi des interrogations quant aux projets de rénovation au sein des espaces communautaires dans le Pavillon secondaire des Quatre Vents si tous les locataires déménagent dans la nouvelle Maison.
Certains membres craignent que les bailleurs de fonds n'hésitent à financer des rénovations dans les espaces actuels si le projet de Maison de la francophonie va de l’avant. L'organisme réginois souligne qu’un ascenseur doit être installé dans la section communautaire du Pavillon secondaire des Quatre Vents et que le toit de l’école doit aussi être réparé. Ces deux chantiers pourraient coûter jusqu’à 1 million de dollars.
L’ACFR affirme avoir essayé d’obtenir un siège au comité consultatif des infrastructures de la Maison de la francophonie, mais que sa demande a été refusée.
Le temps presse
L’ACF et la Société historique de la Saskatchewan ont déjà respectivement fait un dépôt de garantie de 80 000 $ et de 10 000 $ pour l'achat d'un immeuble pour la Maison de la francophonie. Ces sommes peuvent être récupérées si les organismes choisissent de se retirer de l’achat. Dans le cadre de cette opération, l’ACF a perdu 80 000 $ en raison d’une fraude.
Le temps presse toutefois, puisque les organismes ont jusqu’à août pour prendre leur décision sur le bâtiment d’une valeur de 8 millions de dollars.
Le président de l’ACF, Denis Simard, et le directeur de la Société historique de la Saskatchewan, Alexandre Chartier, ont décliné nos demandes d’entrevue. Tous les deux mentionnent qu’ils n’étaient pas présents à l’AGA et n'ont donc pas assez d'information pour commenter la position prise par l'ACFR.
Alexandre Chartier ajoute toutefois qu'il reste à la disposition de la communauté pour discuter du formidable projet.
Avec les informations de Frédérique Cyr Michaud, d'Édith Boisvert et de Pascale Bouchard


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