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Le taux d’absences en invalidité atteint présentement 11,31 % pour l’ensemble du personnel de Santé Québec Côte-Nord. Les infirmières, infirmières auxiliaires et préposées aux bénéficiaires sont particulièrement touchées. Une situation qui reflète la pression grandissante sur le système de santé québécois.
Santé Québec Côte-Nord utilise le ratio d’invalidité comme indicateur d’absentéisme dans le réseau. C’est lorsqu’une personne est dans l'incapacité de travailler en raison de problèmes liés à la santé. Les retraits préventifs, les congés sans soldes et autres ne sont pas pris en compte.
Le taux d’absence en invalidité est encore plus élevé chez ces professionnels
- Infirmières auxiliaires : 15,43 %
- Infirmières : 14,36 %
- Préposés aux bénéficiaires : 13,11 %
À titre de comparaison, un récent article faisait état d'un taux d'absence pour maladie dépassant les 20 % pour l’ensemble de Santé Québec. Cet indicateur repose sur une méthode de calcul différente de celle utilisée sur la Côte-Nord, ce qui rend la comparaison directe impossible.
Malgré tout, 11,31 % ça reste un taux énorme, c’est plus d’une personne sur dix, remarque le représentant national de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) pour la Côte-Nord, Kevin Newbury.
C’est une réalité complexe et multifactorielle, souligne pour sa part la cheffe de service Santé et sécurité au travail chez Santé Québec Côte-Nord, Marie-Michèle Jean.
Selon elle, Santé Québec Côte-Nord reconnaît la nature exigeante du travail dans le réseau de la santé. La charge de travail, l'exposition à des événements difficiles et les défis d'organisation peuvent contribuer directement au fort taux d'absentéisme actuel, remarque-t-elle.
Un cercle vicieux régional
La demande de services, elle, n’arrête pas. Le personnel doit donc endosser une charge accrue pour pallier ces absences.
Sur un territoire qui s’étire sur 1300 km, plusieurs municipalités et villages, comme Forestville et Blanc-Sablon, reposent sur de très petites équipes.
Lorsqu’on enlève une seule personne dans ces équipes, la pression est d’autant plus forte.
L'absentéisme fragilise un réseau déjà sous tension, mais en est tout autant la conséquence. Selon le représentant syndical, la pression accumulée, avec les autres enjeux qui embourbent le système de santé publique, pousse d’ailleurs plusieurs professionnels à quitter vers le privé.
Prendre soin de ceux qui prennent soin de la population
Santé Québec Côte-Nord se dit toutefois encouragée par une légère baisse du taux d'absentéisme par rapport à l’an passé, où il s’élevait à 12,8 % à pareille date.
Plusieurs initiatives sont déployées, indique Marie-Michèle Jean, notamment la révision du programme d'accueil pour les nouveaux employés (avec un volet pour ceux présentant des conditions de santé particulières), des ateliers sur la gestion du stress et le sommeil, et l’implantation d’un réseau régional de 50 veilleurs pour soutenir leurs pairs.

Selon Kevin Newbury, la lourdeur des démarches requises pour faire reconnaître un épuisement ou une dépression comme lésion professionnelle pousse trop de travailleurs à jeter l'éponge. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui
Notre priorité c'est de prendre soin de ceux qui prennent soin de la population, affirme Marie-Michèle Jean.
De son côté, l’APTS réclame plutôt un réinvestissement majeur et durable. C’est un travail de fond, il faut arrêter de trouver des solutions temporaires, comme l’équipe volante, conclut Kevin Newbury.


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