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ENTRETIEN - Deux ans après sa participation au jeu d’aventures produit par ALP pour TF1, la coach sportif de 38 ans sort son premier livre sur le renforcement musculaire aux éditions Solar.
Durant le printemps 2024, Sophia Mansouri avait pris la direction de la péninsule de Caramoan, aux Philippines, aux côtés de 21 autres candidats pour prendre part à « Koh-Lanta, la tribu maudite » . Au total, la maman d’une petite Lara était restée 39 jours dans l’aventure, avait été une ambassadrice efficace face à Gustin et avait rejoint le jury final en terminant dernière d’une épreuve d’immunité éliminatoire, sans que son flambeau ne soit jamais éteint par Denis Brogniart.
Deux ans plus tard, la coach sportif diplômée d’État (sophiacoachsport.com) sort un livre dans la collection des 100 rituels des éditions Solar consacré au renforcement musculaire. Un ouvrage destiné en premier lieu aux femmes où les conseils et les exercices sont développés de manière simple et accessible. À l’occasion de la sortie de son livre, Sophia Mansouri revient sur son parcours, sa participation à « Koh-Lanta » et nous parle de ses projets.
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LE FIGARO. – Comment est née l’idée de ce livre sur le renforcement musculaire ?
Sophia MANSOURI. - En septembre dernier, les responsables des éditions Solar m’ont repérée via mon site Internet de coaching sportif. Ils recherchaient quelqu’un de diplômé dans ce domaine, tout en ayant une spécialisation auprès des femmes, pour développer ce nouveau guide orienté sur le renforcement musculaire. Écrire un livre faisait partie de mes objectifs de vie et je l’ai fait en quelques mois. J’ai fait des études littéraires, j’ai pu allier ma passion pour la littérature avec celle du sport.
Ce livre se présente sous la forme d’une centaine de rituels, comment faut-il l’utiliser ?
Tout est structuré de manière précise. On peut aussi bien le parcourir en suivant l’ordre logique des chapitres ou en piochant dedans comme dans une boîte à outils en fonction de ce qui nous intéresse. Ce sont 100 rituels illustrés, accessibles à tous, où tout est clair et concret. C’est une collection destinée aux femmes mais les exercices et les conseils peuvent très bien être appliqués par les hommes. Je suis spécialisée dans le sport au féminin et c’est une spécificité qui a beaucoup été développée ces dernières années. Auparavant, on n’en parlait pas du tout et c’est bien qu’il y ait eu une libération là-dessus.
Pourquoi être passée d’un cursus scolaire littéraire à cette profession résolument sportive ?
C’est lié à mon histoire personnelle. Ma maman est d’origine algérienne et mon papa est iranien. Je suis souvent allée en Iran étant petite et je voyais que beaucoup de femmes n’étaient pas tout à fait libres de faire ce qu’elles voulaient. Ce métier est ma manière de transmettre ce que je n’ai pas toujours vu à savoir de la force, de l’indépendance et le droit de se choisir. Je me suis reconvertie au coaching à la naissance de ma fille. C’était compliqué pour moi de trouver de bonnes informations pour pratiquer du sport pendant la grossesse ou même en postpartum. Je me suis beaucoup renseignée et intéressée aux spécificités des femmes avant de devenir coach. Je me suis rendu compte qu’il y avait vraiment un manque là-dessus et j’ai voulu le combler.
« Je retiens de mes 39 jours dans “Koh-Lanta” que j’ai été résiliente »
Sophia MansouriCette volonté de montrer que les femmes sont fortes et indépendantes, vous l’aviez d’ailleurs exprimé dans votre portrait dans « Koh-Lanta » …
Ma vision du sport, ce n’est pas juste changer son corps. C’est beaucoup plus large que ça. Ça change beaucoup la manière dont on pense et dont on vit. Cela permet beaucoup d’indépendance. Le fait de se sentir forte physiquement impacte le mental. C’est le message que je veux faire passer aux femmes en particulier. Les femmes manquent souvent de confiance et ont du mal à être indépendantes. Chez les hommes, c’est un peu plus simple de par l’éducation et la culture.
Que faisiez-vous professionnellement avant la naissance de votre fille ?
J’ai fait Hypokhâgne, j’ai une Licence d’Histoire et un Master en communication. À la suite de mes études, j’ai travaillé pendant dix ans dans le secteur de la communication dans différentes entreprises, je faisais de la veille stratégique concurrentielle. C’était très intéressant, j’avais un très bon niveau de vie mais ça ne me passionnait pas. Tout allait bien dans mon travail mais j’avais toujours ce petit truc lié au sport, cette envie de transmettre et de me sentir plus utile.
Comment vous étiez-vous retrouvée au casting de « Koh-Lanta, la tribu maudite » il y a deux ans aux Philippines ?
Sans être une grande fan de l’émission, c’est quelque chose que je rêvais de faire pour me dépasser et tester mes limites. C’était la deuxième fois que je postulais après une première tentative en 2016 où je n’avais pas été sélectionnée. J’avais attendu cinq ans avant de retenter, je m’étais dit qu’ils ne m’avaient pas pris parce que ce n’était pas mon moment. En 2023, ma fille était née, elle avait 2 ans, j’avais déjà fait ma reconversion professionnelle… J’étais quelqu’un d’assez différent par rapport à ma première candidature. Ce « switch » leur avait bien plu.
Quels souvenirs gardez-vous de cette aventure ?
Les moments de partage avec les autres candidats et le fait d’être vulnérable. Dans mon quotidien, j’essaye toujours d’être forte et de me dépasser. Là-bas, je me suis trouvée très vulnérable. Je n’ai pas performé comme je l’aurais voulu. J’ai subi la faim comme tout le monde et, psychologiquement, c’était très difficile. Je retiens de ces 39 jours que j’ai été résiliente. J’ai rencontré des personnes incroyables avec des profils que je n’aurais peut-être jamais rencontrés autrement.
« Cela fait un an et demi que je suis maman solo avec ma fille »
Sophia MansouriÀ votre retour des Philippines, vous aviez tourné une page importante de votre vie en vous séparant du père de votre fille …
Le fait de se retrouver pendant 50 jours sans contact, sans réseau et vraiment coupé du monde, il y a forcément des choses qui se passent dans la tête des candidats. « Koh-Lanta » a été un électrochoc pour moi, j’ai beaucoup réfléchi. Ça m’a amenée à revenir à l’essentiel, à me recentrer sur ce qui compte pour moi dans ma vie perso comme dans mes projets. J’en suis revenue avec une vision plus claire de ce que je voulais et de ce que je ne voulais plus. Ça n’a pas été facile mais c’était une évidence qu’en rentrant, il fallait que je me retrouve seule et que je reconstruise quelque chose d’autre.
Qu’en est-il aujourd’hui ?
C’est vrai que ça fait un an et demi que je suis maman solo avec ma fille. Ce n’était pas facile au début, cela demande pas mal d’organisation, surtout avec le métier que je fais qui demande de la disponibilité. J’ai dû adapter pas mal de choses. Aujourd’hui, j’ai trouvé mon équilibre et je suis assez épanouie. Mon but, c’est de m’épanouir moi-même avant de construire d’autres choses. Mais je ne ferme pas non plus la porte à, peut-être un jour, être un de plus dans cette équation.
Y a-t-il eu des chamboulements au niveau professionnel après « Koh-Lanta » ?
Cela m’a donné une impulsion et une envie de développer plein de choses. Dans n’importe quel métier, c’est très facile de rester dans une routine. Mais, pour moi, il faut sans cesse se renouveler et voir plus loin. Après « Koh-Lanta », j’ai pris l’initiative de sortir mes propres programmes. Ce livre fait partie de la continuité de ce renouveau professionnel. J’ai encore plein de projets en cours. Et sportivement, je me suis mise à fond à l’hyrox, c’est un sport qui me stimule.
« Repartir sur des privations pendant autant de temps, je ne suis pas sûre d’en avoir envie »
Sophia MansouriAvez-vous eu du mal à vous reconstruire physiquement après vos 39 jours de privations dans « Koh-Lanta » ?
Oui parce que j’avais perdu énormément de poids, surtout beaucoup de force et de muscle. Quand le tournage se termine, on a tendance à manger énormément. Les deux mois qui ont suivi mon retour des Philippines, j’ai mangé tout ce qui me passait par la tête. Après l’aventure, on reprend plus de poids que ce qu’on a perdu. J’ai pris beaucoup de gras, cela a été un travail de longue haleine pour me reconstruire et me remettre en forme. Bien plus dur qu’après mon accouchement. J’ai mis 7 mois pour retrouver un niveau acceptable pour moi. Il faut un peu de temps pour retrouver l’image qu’on avait de soi. Ça fait partie du processus.
Mentalement, comment vit-on cette perte de poids pendant l’aventure ?
Sur l’île, je me voyais fondre physiquement. On n’avait pas de miroir mais on voyait bien que les muscles n’étaient plus au rendez-vous. Sur les épreuves, j’ai souffert de ne pas performer comme j’aurais voulu le faire. Mais c’était bien aussi de se sentir vulnérable. C’est un sentiment négatif que j’ai su transformer de manière positive. En tant que coach, je peux comprendre le sentiment que certaines personnes ont quand elles me disent qu’elles ne sont pas bien dans leur corps. Cela me permet d’avoir encore plus d’empathie pour mon métier.
Seriez-vous tenté par une deuxième expérience dans « Koh-Lanta » ?
Repartir sur des privations pendant autant de temps, je ne suis pas sûre d’en avoir envie. Pas maintenant en tout cas. Cette année, cela aurait été compliqué de partir sur une nouvelle saison. Si on revenait vers moi, évidemment que je dirais oui. Mais, quelque part au fond de moi, j’espère qu’on ne me le proposera plus. Ce que j’aimerais refaire dans « Koh-Lanta », ce sont les épreuves. Maintenant que je connais l’aventure, je saurais mieux m’y préparer.


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