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VIDÉO - Invitée du «Buzz TV» à l’occasion de la diffusion du documentaire Le combat des mères protectrices sur Téva, le journaliste exprime sa colère face aux défaillances du système judiciaire et à l’inaction des pouvoirs publics.
Depuis la rentrée, Ashley Chevalier présente les journaux du week-end de M6. Après 10 années passées sur BFMTV, elle a succédé à Dominique Tenza, qui, lui, a rejoint la chaîne d’information en continu. «Un JT national, c’est une sorte de Graal. Du coup, j’ai été effectivement surprise au début, mais je me suis vite sentie bien dans mes baskets et j’adore cette rédac, j’y suis très heureuse. Ça se passe bien. J’aime beaucoup le rythme du week-end», confie-t-elle.
La journaliste est l’invitée du «Buzz TV» à l’occasion de la diffusion du Combat des mères protectrices, diffusé ce jeudi à 21 heures sur Téva, suivi d’un débat à 22 heures qu’elle animera. Le documentaire s’intéresse aux difficultés rencontrées par des mères qui dénoncent des faits d’inceste ou de violences sexuelles sur leurs enfants, dans un système où le doute profite souvent à l’agresseur. Des mères protectrices, comme Adelaïde et Sophie, ont ainsi perdu la garde de leurs enfants. Caroline, de son côté, est parvenue à protéger sa fille après des années de combat judiciaire. Certaines vont jusqu’à refuser de remettre leur enfant au père, au risque de commettre un délit. Leur combat met en lumière une injustice systémique : seule une infime partie des affaires d’inceste débouche sur une condamnation.
«Cette idée est partie de témoignages et d’un intérêt de la réalisatrice pour des histoires qui peuvent paraître ahurissantes. Ces femmes dénoncent des faits d’inceste ou de violence sexuelle de la part des pères et de leurs ex-conjoints. Et la réalisatrice s’est aperçue, en discutant avec ces femmes, qu’elles n’étaient pas crues, pas écoutées, leurs enfants non plus. Pire, que dans certaines situations, les enfants étaient confiés au père présumé incestueux», explique Ashley Chevalier.
Victimes devenues adultes, avocats spécialisés, magistrats et psychologues confrontent leurs analyses afin de comprendre ces impasses et d’explorer des pistes d’amélioration. Un sujet qui fait écho à l’actualité de ces dernières semaines, notamment après le viol et le meurtre de la petite Lyhanna. «Ces histoires posent des questions qui sont au cœur de l’actualité aujourd’hui, parce que ça pose la question des violences sexuelles sur les mineurs, de la parole des femmes et des enfants», rappelle-t-elle.
Selon la journaliste, le problème dépasse largement ces affaires et concerne le fonctionnement même de la justice. «Les dysfonctionnements de la justice font que ces enfants ne sont pas écoutés correctement. Du coup, ces sujets résonnent dans l’actualité, l’affaire Lyhanna, les affaires dans le périscolaire parisien… Ce documentaire et ce débat sont essentiels», affirme-t-elle.
Le documentaire s’intéresse également aux obstacles rencontrés pour établir la preuve de l’inceste. Seuls 1 % des dossiers aboutissent à une condamnation. Un chiffre qui révolte Ashley Chevalier. «Ça paraît ahurissant quand une femme, et on l’entend dans le documentaire, place un mouchard dans le doudou de son enfant, que ce mouchard enregistre des faits de viol ou de violence sexuelle. Cette preuve n’est pas prise en compte par la justice. Il y a de quoi se taper la tête contre les murs», déplore-t-elle. Elle poursuit : «Il y a des parties du documentaire qui peuvent mettre en colère, notamment une scène qui se passe au tribunal où on entend les enfants de Sophie dire : “Je ne veux pas retourner chez mon père”. Pourquoi ne pas simplement écouter ces enfants ? Avant même de dire : “Il a été victime de violences, les faits sont avérés”. Cet enfant hurle, ne veut pas retourner chez son père, manifestement dans une situation traumatisante. Pourquoi forcer ?», raconte la présentatrice.
Malgré la gravité des témoignages recueillis et le contexte actuel, Ashley Chevalier veut croire à une évolution. «J’ai quand même le sentiment qu’on fait du chemin en ce moment, que les choses bougent. Il y a cette commission d’enquête sur les violences incestueuses. Certaines femmes qui témoignent dans le documentaire ont été entendues par cette commission d’enquête », souligne-t-elle. La présentatrice estime également qu’«autour de la table, si on écoute le débat, il y a de l’espoir». Mais elle adresse surtout un message sans détour aux responsables politiques : «Bougez-vous et bougez-vous vite ! Ce qui est important, c’est la parole des enfants et il faut savoir mieux la recueillir et mieux les croire. Donc être plus attentif aux signes», lance-t-elle au gouvernement.


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