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Kamaljit Arora déclaré coupable du meurtre prémédité de ses deux jeunes enfants en 2022

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Kamaljit Arora, ce père de Laval qui a noyé son fils de 11 ans et sa fille de 13 ans en octobre 2022 dans la maison familiale, passera au moins 25 ans en prison : il a été reconnu coupable par un jury de meurtre prémédité — le crime le plus grave au Code criminel.

Les 10 jurés ont rendu leur verdict mercredi au palais de justice de Laval, après deux journées et demie de délibérations.

L’homme de 49 ans était aussi accusé de tentative de meurtre sur sa fille aînée Jasmine et de tentative d’étranglement de son épouse, Rama Rani, — deux accusations pour lesquelles il a aussi été reconnu coupable.

L’on ne sait pas pour quels motifs les jurés n’ont pas accepté la défense offerte par l’accusé, car leurs délibérations sont secrètes et ils n’ont pas à justifier leur verdict.

Le verdict de meurtre au premier degré entraîne automatiquement une peine de prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.

Un procès d’un mois et demi

Le procès avait débuté le 2 février dernier. Dès le premier jour, Kamaljit Arora avait reconnu avoir causé la mort de ses enfants en les noyant. Leurs noms ne peuvent être révélés par ordre du juge.

Son aveu ne mettait toutefois pas terme au procès : la Couronne devait quand même prouver qu’il avait planifié ses gestes et agi de façon délibérée.

C’est ce qui était nié par l’accusé : il a soutenu avoir complètement perdu le nord ce jour-là, en raison de troubles psychologiques. Il a rappelé avoir fait une grave dépression quelques années avant la mort de ses enfants, ainsi qu’une tentative de suicide et continuait d’être depuis suivi par un psychiatre.

Le jour fatal d’octobre 2022, il dit avoir voulu s’enlever la vie — il y pensait constamment — et avoir avalé un comprimé de fentanyl dans ce but.

Ses symptômes existaient donc bien avant la tragédie, avait martelé son avocate, Me Élise Pinsonnault, lors de sa plaidoirie : il ne les a pas inventés pour éviter une condamnation. Ses actions ce jour-là ne sont pas le fait d’un criminel calculateur, mais plutôt celles d’un homme dont le cerveau ne fonctionnait pas normalement, avait-elle poursuivi.

Et si l’on ne peut savoir avec certitude ce qui est arrivé ce jour-là — l’homme soutient n’avoir aucun souvenir de ce qui s’est passé après avoir avalé le comprimé de fentanyl alors qu’il était au travail — cela constitue « un doute raisonnable. » Et quand un tel doute subsiste, la loi demande que l’accusé soit acquitté, avait rappelé Me Pinsonnault.

Des actes planifiés

Mais selon les procureures de la Couronne, l’homme avait plutôt tout planifié et mis son plan en action le 17 octobre 2022.

Pour étayer sa théorie, la Couronne a mis en preuve qu’il avait quitté le travail plus tôt ce jour-là et caché son téléphone sur son lieu d’emploi, car il savait que sa femme pouvait le géolocaliser.

Il est allé chercher son fils à l’école, prétextant un rendez-vous médical qui n’existait pas.

Me Claudia Carbonneau, pour la Couronne, a plaidé que lorsqu’il a noyé ses enfants, il a pensé à enlever l’eau inondant le plancher avec des serviettes pour que sa femme n’ait pas de soupçons. Il a mis le corps de sa fille de l’autre côté du lit pour qu’il ne soit pas visible de la porte de sa chambre.

Quand son épouse est rentrée, il a expliqué sa présence à la maison par la survenance d’un accident au travail et a menti à sa femme une autre fois, lui disant qu’il avait envoyé les petits dans leur chambre car ils se chicanaient.

Rama Rani et Jasmine ont témoigné avoir vu l’accusé avaler quelque chose après qu’elles aient découvert les deux enfants morts.

« Est-ce que cela est le fait d’une personne désorganisée ou d’une personne fixée sur l’accomplissement d’un objectif ? » avait alors demandé Me Carbonneau lorsqu’elle a plaidé.

Ses gestes n’ont pas été faits sur un coup de tête, a-t-elle insisté : « C’était délibéré et très bien planifié. »


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