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Invité à une réunion début octobre par l’usine de recyclage de batterie Terrapure, le Conseil mohawk de Kahnawà:ke a publié sa réponse. Il affirme ne pas souhaiter de nouveaux investissements dans cette usine visée par des allégations de pollution environnementale ni soutenir son expansion.
Le Conseil mohawk de Kahnawà:ke (MCK) a rejeté une demande de réunion confidentielle de la part de l'entreprise Terrapure. L’usine, installée en bordure de la communauté, proche de son actuelle école, recycle des batteries.
Selon le MCK, elle souhaitait discuter d'un investissement dans un projet de développement non précisé, envisagé sur le site industriel situé à l'est de Kahnawà:ke, peut-on lire dans un communiqué de presse publié par le conseil.
Pourtant, le MCK n’a jamais soutenu aucun nouvel investissement ni aucune expansion des installations de Terrapure et y reste fortement opposé. Cette position a été réitérée dans une lettre envoyée au président de Terrapure, le 6 octobre, par le grand chef Cody Diabo.
La position des Mohawks de Kahnawà:ke est claire : l’installation doit cesser ses activités sur ce site, déménager loin de Kahnawà:ke et remédier entièrement aux dommages environnementaux déjà causés, plutôt que de poursuivre les investissements ou l’expansion.
En octobre 2025, Environnement Canada a déposé 52 chefs d’accusation contre l’usine pour violation de la Loi sur les pêches. Elle aurait déversé des eaux toxiques dans la voie maritime du Saint-Laurent entre 2020 et 2023, notamment du plomb et des sulfates.
La Ville de Sainte-Catherine, territoire municipal sur lequel se trouve Terrapure, fait, elle aussi, face à 38 accusations en vertu de la même loi, pour avoir prétendument laissé faire.
Ces dossiers sont encore devant les tribunaux.

Le grand chef du Conseil mohawk de Kahnawake, Cody Diabo, a décidé de publier sa lettre de réponse par souci de transparence envers les membres de la communauté. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin
La situation inquiète d’ailleurs les membres de la communauté, comme le rappelle le MCK à Terrapure. La population de Kahnawà:ke est profondément préoccupée par les répercussions actuelles des activités de Terrapure sur notre territoire et nos habitants. Depuis des décennies, Kahnawà:ke subit les conséquences environnementales, sanitaires et sociales liées à l’exploitation de cette installation, peut-on lire dans la lettre du grand chef.
Il évoque des odeurs récurrentes, la pollution atmosphérique, des déversements et une incertitude persistante quant à la contamination.
En septembre, le MCK annonçait avoir obtenu des résultats préliminaires montrant une concentration moyenne de plomb de plus de 150 ng/m³ lors d’un épisode où les vents soufflaient de Sainte-Catherine vers la communauté. Le seuil annuel québécois est de 100 ng/m³.
Du plomb a aussi été détecté dans des échantillons de sol prélevés aux abords de l'usine et de l'école.
Depuis deux mois, le Bureau de protection de l’environnement de Kahnawà:ke (KEPO) recueille des échantillons d’air. Ceux-ci ont été transmis à un laboratoire pour déterminer plus précisément les concentrations de plomb et la durée d’exposition dans l’air.
L’usine Terrapure n’avait pas répondu à nos demandes de réaction au moment de publier ces lignes.


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