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L'accident, qui avait causé la mort de 66 personnes, résulte d'un incendie déclenché par la rencontre d'une « fuite d'oxygène » et d'une « source de chaleur inconnue », estime le parquet.
La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 09:29 | mis à jour aujourd'hui à 09:44 - Temps de lecture :
Dix ans après la mort de 66 personnes dont 15 Français dans le crash d'EgyptAir en Méditerranée, le parquet de Paris a requis un non-lieu au motif que l'enquête n'a « pas permis de caractériser d'autres fautes que celles » des membres d'équipage, tous décédés.
Le vol MS 804, reliant Paris au Caire, s'était abîmé en mer Méditerranée le 19 mai 2016 entre la Crète et la côte nord de l'Egypte. Les 66 personnes à bord, dont 40 Egyptiens et 15 Français, avaient péri.
Au terme de l'information judiciaire, le parquet estime que l'accident résulte d'un incendie déclenché par la rencontre « d'une fuite d'oxygène provenant du boîtier de rangement du masque à oxygène du pilote » et d'une « source de chaleur inconnue » dans le cockpit. Dans son réquisitoire définitif daté du 7 avril, le parquet estime que cette fuite d'oxygène fatale est due à « l'engagement intempestif » d'un bouton d'urgence par le copilote.
Elle a de plus « eu lieu dans un contexte de fonds musical et d'une attitude de l'équipage considérée comme trop peu professionnelle par les différents experts et témoins » qui ont eu accès aux enregistreurs de vols, souligne-t-il.
Les familles déplorent une « justice bâclée »
Après neuf ans d'instruction, les juges parisiens chargés du dossier avaient signifié en avril dernier aux proches des victimes la fin de leur enquête. Les juges d'instruction doivent désormais décider s'ils prononcent un non-lieu, ou acceptent les demandes des parties civiles, qui souhaitent des investigations complémentaires et réclament toujours la mise en examen de la compagnie égyptienne.
Réunies en association, les familles de victimes partagent après cette demande de non-lieu « le sentiment d'une justice bâclée et d'être abandonnées ». Le parquet se base sur des « conclusions tronquées incompatibles avec les données factuelles » de l'enregistreur de vol et en totale contradiction avec celles du bureau enquêtes accident (BEA), dénoncent-elles.
« La justice française n'est pas crédible dans ce dossier et semble faire obstacle à la vérité », accusent-elles encore dans un communiqué à l'occasion des dix ans de la catastrophe. « Les familles de victimes sont indignées par le manque de sérieux de cette enquête et demandent la mise en examen d'Egyptair pour des manquements à ses obligations de maintenance », poursuivent les familles. « Nous ne pouvons accepter qu'un non-lieu soit évoqué alors que toutes les investigations pouvant expliquer les raisons de l'accident n'ont pas été menées ».


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