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Il n'a jamais eu aucun contact physique avec ses victimes : un trentenaire a pourtant bien été jugé - et condamné - pour viols par la cour criminelle de Seine-et-Marne fin septembre, comme le permet la loi depuis 2021.
La rédaction - Aujourd'hui à 09:50 | mis à jour aujourd'hui à 10:05 - Temps de lecture :
Un homme âgé de 31 ans a été jugé pour viols par la cour criminelle de Seine-et-Marne, durant quatre jours, rapporte Le Parisien. Un procès à l'issue duquel il a écopé de 10 ans de réclusion criminelle : il se faisait passer pour un adolescent sur les réseaux sociaux ou les jeux vidéo en ligne, puis exerçait un chantage aux images intimes sur ses victimes. En pratique, il contraignait ces mineures à réaliser des actes sexuels devant leur caméra... « La plus jeune avait 11 ans », indique le quotidien francilien.
Sous pseudonyme, bien à l'abri depuis chez lui, derrière son ordinateur ou son téléphone, l'accusé se croyait sans doute intouchable. La justice l'a pourtant rapidement rattrapé. Et condamné pour « viol commis par une personne mise en contact avec la victime par un réseau de communication électronique », « récidive de corruption de mineures de moins de quinze ans » et « récidive de détention de l’image d’un mineur présentant un caractère pornographique » : il avait déjà été condamné en 2021 pour des faits de nature sexuelle sur mineure.
La loi a changé (et il l'ignorait)
L'infraction de viol implique en principe un acte de pénétration sexuelle sur autrui. Alors pourquoi l'accusé, qui n'a jamais rencontré ses victimes, a-t-il pu être jugé - et condamné - pour ce motif ? Tout simplement grâce à des évolutions récentes de la loi - ce qu'il ignorait, affirme son avocat. Mais nul n'est censé ignorer la loi, dit l'adage...
Le code pénal prévoit en effet depuis le 23 avril 2021 qu'un viol peut être constitué même sans contact physique : « Constitue [...] une agression sexuelle le fait d’imposer à une personne, par violence, contrainte, menace ou surprise » mais aussi « le fait de subir une atteinte sexuelle de la part d’un tiers ou de procéder sur elle-même à une telle atteinte ». Or depuis novembre 2025, toute agression sexuelle commise sur un mineur de moins de 15 ans (ou plus âgé mais avec une différence d'âge de plus de 5 ans) est considéré comme un viol. Autrement dit, contraindre une jeune fille mineure à commettre des actes sexuels - même sans la rencontrer - constitue un viol.
Des victimes n'ont jamais été identifiées
L'accusé avait été interpellé le 7 mars 2024... au détour d'une affaire de stupéfiants. Les enquêteurs découvrent alors dans son téléphone des images à caractère pédopornographique, et remontent le fil. D'autant que leur homme a déjà été condamné en 2021 pour des faits de nature sexuelle sur mineure.
L'homme créait des profils sur les réseaux sociaux, agrémentés d'une photo d'un jeune garçon ou d'une jeune fille. Puis il entrait en contact avec ses futures victimes, leur réclamant d'abord des photos en sous-vêtements, par exemple. Puis il les menaçait de diffuser ces images si elles ne lui obéissaient pas. Plusieurs ont envoyé des photos de leurs seins, d'autres ont effectué, à sa demande et sous son emprise, des actes de pénétration sexuelle. Les enquêteurs ont mis au jour des extraits clairement menaçants des conversations, comme « Réponds, sinon je t’affiche et je me fais passer pour toi. Si tu réponds plus, je t’affiche vraiment ».
A l'exception d'une, jeune majeure, toutes les victimes identifiées étaient mineures. Et toutes n'ont pas pu être identifiées par l'enquête.


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