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Longtemps exemptés d’effectuer leur service militaire, les jeunes tunisiens sont rappelés sous les drapeaux par les autorités, qui engagent désormais des poursuites contre les resquilleurs. Des tentatives de recrutements qui s’inscrivent dans un élan de modernisation, mais surtout de renforcement, de l’armée.
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Célébration du 67ᵉ anniversaire de la création de l’armée nationale tunisienne, créée en mars 1956, à Tunis, le 26 juin 2023. Une cinquantaine de jeunes hommes font la queue sous le soleil, devant les murs décrépis de la garnison de Sousse (Est), lundi 19 octobre. Beaucoup sont originaires de la ville côtière de l’Est tunisien, d’autres de Kairouan ou Mahdia, plus au Sud. Tous appelés à faire leur service militaire de douze mois, théoriquement obligatoire pour les Tunisiens de plus de 20 ans depuis 1975, mais massivement boudé depuis la révolution de 2011.
Bien que la dernière session de recrutement ait pris fin le 2 octobre, le centre de mobilisation de Sousse, l’un des cinq que compte le pays, continue de recevoir ceux qui sont prêts à servir. Cette affluence particulièrement importante tient moins au regain de popularité du dispositif qu’à la menace de sanctions qui pèse désormais sur les appelés qui chercheraient à se défiler.
Même si l’armée tunisienne bénéficie d’une bonne image dans l’opinion publique, le service national obligatoire instauré il y a trente-et-un an a longtemps été négligé, et seule une fraction du contingent d’appelés l’effectue réellement. « Dans les années 1980-1990, il y avait des rafles pour contraindre à faire son service militaire, mais cela a cessé sous Ben Ali : l’Etat fermait les yeux sur la situation des jeunes qui ne servaient pas », explique Mourad Chabbi, professeur de sécurité et risques géopolitiques à Grenoble école de management (GEM). En février 2024, une loi a exempté les Tunisiens nés avant le 1er janvier 2000.
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