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À la veille de l’ouverture du procès en appel de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires européens du RN, ce mardi, la justice française est déjà pressée de rendre un avis définitif avant la présidentielle pour ne pas compromettre la campagne du parti d’extrême droite.
La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 06:40 - Temps de lecture :
Marine Le Pen sera jugé en appel du 13 janvier au 12 février dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Rassemblement national. Photo Sipa/Isa HarsinEn entrant dans la salle d’audience de la cour d’appel de Paris, ce mardi 13 janvier, Marine Le Pen ne sera sûrement pas la seule à ressentir une certaine tension. Celles et ceux qui seront chargés de juger, un mois durant, la cheffe de file du Rassemblement national (RN) dans l’affaire des assistants parlementaires européens, auront une lourde charge sur leurs épaules. Avec comme priorité le respect du calendrier car, à quinze mois de l’élection présidentielle, le temps est compté.
Si la cour d’appel – dont la décision est attendue à l’été – maintient l’inéligibilité de cinq ans avec exécution immédiate à laquelle elle a été condamnée en première instance et qu’elle se pourvoit en cassation, Marine Le Pen pourra-t-elle briguer une quatrième candidature à l’Élysée ? Dans ce cas de figure, la Cour de cassation rendra « si possible » son arrêt avant la présidentielle de 2027, a indiqué vendredi son premier président, Christophe Soulard. Ce pourvoi serait l’ultime recours de Le Pen, pour l’instant empêchée de se présenter.
« Le moment où la décision sera rendue peut avoir une incidence »
Mais cette dernière a semble-t-il exclu cette hypothèse, début novembre, en affirmant dans un entretien à Causeur qu’elle ne se présenterait « évidemment pas » en cas de nouvelle condamnation, sans attendre une éventuelle décision de la Cour de cassation. « On ne sait pas quand une telle décision serait rendue et on ne peut pas se lancer dans une campagne présidentielle au dernier moment », a-t-elle justifié au mensuel conservateur, ouvrant la voie à Jordan Bardella. Reste qu’une condamnation de sa figure de proue, même non-candidate, à quelques jours ou semaines du vote serait un coup dur pour le RN.
« Les juges ne sont pas déconnectés de la réalité. Ils savent bien qu’il y aura une élection présidentielle en 2027 […] et donc que le moment où la décision sera rendue peut avoir une incidence, a ajouté le premier président de la Cour de cassation, vendredi. S’il y a un arrêt qui confirme et qu’il y a un pourvoi en cassation – ce n’est pas encore fait – alors la Cour de cassation s’organisera pour, dans la mesure du possible, juger l’affaire assez vite. Mais c’est quelque chose que nous faisons régulièrement, ce n’est pas spécialement Mme Le Pen », a précisé le plus haut magistrat du siège de l’ordre judiciaire.
Pour rappel, la cour d’appel de Paris jugera jusqu’au 12 février le RN (ex-FN), son ancienne présidente et onze personnes pour avoir payé entre 2004 et 2016 des salariés du parti d’extrême droite avec l’argent du Parlement européen. La Cour de cassation, elle, se prononce uniquement sur le respect du droit et non le fond des dossiers.


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