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C’est peut-être un mal pour un bien que Juraj Slafkovsky et Josh Anderson aient fait l’impasse sur l’entraînement de mardi à Brossard. Si Martin St-Louis a en tête d’apporter des changements à la composition de ses trios, il avait tout le loisir de le cacher pendant 24 heures de plus.
L’entraîneur-chef du Canadien est devant un dilemme : procéder à des changements potentiellement draconiens afin de relancer son attaque, ou continuer de faire confiance aux unités qui ont permis à son équipe de récolter 106 points cette saison.
On l’a vu avec Kirby Dach : plutôt que de sortir les méthodes fortes, de la patience et un vote de confiance peuvent parfois rapporter.
Mais combien de temps encore St-Louis pourra-t-il attendre que le déclic se produise, que le premier trio retrouve ses ailes de la saison, ou que les recrues Kapanen et Demidov renouent avec leur complicité d’antan?
Tout jeter avec l’eau du bain pourrait être une forme de désaveu par rapport à ce que l’équipe a accompli. En même temps, s’accrocher trop longtemps à des formules auxquelles le Lightning de Tampa Bay a trouvé solution ne le servirait pas davantage.
Ce qui nous amène à Slafkovsky et aux chances de le voir changer de trio.
Le grand Slovaque obtient un peu de répit à la suite de la solide mise en échec qu'il a encaissée de Max Crozier dans le troisième match. Sa présence dans le cinquième match de même que celle d'Anderson n'est pas compromise, a assuré St-Louis.
L'entraîneur-chef refuse par ailleurs la notion voulant que le coup de Crozier devienne le tournant de la série.
Si tu laisses ce moment-là définir la série, tu te places en mauvaise position, estime St-Louis. Il ne faut pas laisser des moments comme ceux-là la définir. C'est à nous de réécrire le scénario.
Une façon de le faire serait que Slafkovsky mette son empreinte sur la suite de la série par la qualité de son jeu.
On le sait, il constitue le principal outil à la disposition de l'entraîneur pour diversifier l'attaque du Canadien, comme on l'a vu quand il a été jumelé à Ivan Demidov et à Oliver Kapanen plus tôt cette saison.
Mais Nick Suzuki, lui, n’est pas chaud à l’idée de perdre Slaf à sa droite.
J'aime jouer avec ces deux gars-là, a réitéré le capitaine. On a connu beaucoup de succès et on a tout ce que tu recherches au sein d’un bon trio. C’est à nous d’élever notre jeu.
Le trio d’Anthony Cirelli a dominé celui de Suzuki quatre buts à zéro depuis le début de la série, mais le capitaine du Canadien persiste à croire qu’il finira par avoir le dessus.
J'ai l'impression que, dans notre trio et au plan individuel, on a eu beaucoup plus d'occasions lors des deux derniers matchs, mais ça n’a juste pas voulu rentrer, a ajouté Suzuki. On doit continuer à créer et ça finira bien par tourner en notre faveur. En tant que trio, on a appris : on sait désormais ce qui marche et comment ils défendent contre nous. Je pense qu'on est en train de passer un cap, et j'espère qu'on pourra aider l'équipe à remporter le match demain.
(L’unité de Cirelli) est très bonne pour défendre. Elle a aussi été capable de profiter de ses chances de marquer contre notre trio. On sait ce qu’elle va vouloir faire et comment elle va tenter de jouer contre nous. C’est une confrontation intéressante. On doit avoir le dessus si l’on veut donner à l’équipe la meilleure chance de gagner.
Avant le troisième match, Jon Cooper avait procédé à des changements dans sa formation, car il jugeait que le Lightning dépendait trop d’une seule unité pour générer de l’attaque. C’est la raison pour laquelle il a envoyé Brandon Hagel aux côtés de Brayden Point et de Nikita Kucherov, qui ensemble n’avaient joué que 80 minutes à 5 contre 5 en saison.
Mais aux grands mots, les grands moyens. C’est ce que la situation demandait.
Peut-être le Canadien en est-il arrivé à ce même carrefour.
Demidov est un peu seul sur son île présentement, et, comme plusieurs, il peine à produire à égalité numérique.
Je pense que, comme pour le reste de notre équipe, c’est d’être meilleurs en possession, estime St-Louis. Je trouve qu’il nous manque d’équilibre sur la glace, et ça rend les choses plus difficiles si l’on veut jouer dans l’espace (libre).
Cette notion d’équilibre est intéressante, car elle dépend largement des décisions que prennent les joueurs du Canadien, et non de ce que lui impose le Lightning. Aux yeux des joueurs, le réveil est d’ailleurs entièrement entre leurs mains.
Éviter les pénalités, ça aiderait, convient Jake Evans. On a souvent eu un bon rythme de jeu, mais on a écopé de quelques pénalités pour bâton élevé et d'autres en zone offensive. Ça nous a nui et ça a cassé notre rythme.
Et puis, on peut exécuter un peu mieux. Si tu embouteilles l’autre équipe pendant 30 ou 40 secondes, au lieu de tenter un gros jeu peu agressif, continuer d’exercer de la pression pour l’épuiser va finir par nous offrir de plus en plus d’occasions.
Brillants en défense
Le défi est de trouver une façon de relancer l’attaque sans pour autant mettre en péril ce qui fonctionne bien défensivement.
Qui aurait pensé que le Lightning aurait eu l'avance dans un match durant seulement 27 minutes après quatre rencontres? Que les statistiques du gardien Jakub Dobes se compareraient avantageusement à celles d’Andrei Vasilevskiy? Que le Canadien aurait donné moins de chances dangereuses de marquer à égalité numérique que n’importe quelle autre équipe après quatre matchs?
On est très impliqués défensivement, a expliqué St-Louis. Pas seulement dans notre zone, mais dès qu’on n’a plus la rondelle, on bataille pour la récupérer pour ne pas avoir à défendre dans notre zone. Il faut du rythme, il faut être compétitif, il faut gagner des rondelles et des batailles, et y mettre de la robustesse. Ce n’est pas une chose en particulier. On accorde de l’importance à cet aspect du jeu, surtout face à une équipe talentueuse comme le Lightning.
Le CH est parvenu à ses fins en dépit de confrontations qui ne lui ont pas été des plus favorables jusqu’à maintenant. St-Louis a concocté un trio défensif en réussissant Jake Evans et Phillip Danault, mais même après les deux matchs à Montréal où le Canadien avait le dernier changement, ces deux joueurs ont affronté davantage des joueurs comme Corey Perry, Zemgus Girgensons et Dominic James que Kucherov ou Hagel.

Noah Dobson est à l'écart du jeu depuis plus de deux semaines en raison d'une blessure à la main gauche.
Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov
Dobson s’approche d’un retour
En plus de Slafkovsky et d'Anderson, Mike Matheson a également profité de l’exercice de mardi pour subir des traitements. Il avait toutefois foulé la glace au préalable en compagnie du défenseur Noah Dobson et du directeur du développement hockey, Adam Nicholas.
Le retour sur glace de Dobson depuis quelques jours est un développement très encourageant pour le Canadien qui, sait-on jamais, pourra peut-être compter sur lui si la série se rend à la limite.
Le fait qu’il n’y ait qu’un seul défenseur droitier disponible en ce moment illustre les limites et la vulnérabilité de la brigade défensive actuelle, surtout que Dobson est employé à toutes les sauces et qu’il engrange énormément de minutes.
Cela étant dit, la ligne bleue a été en mesure de garder la tête hors de l’eau en son absence. Le troisième duo, formé de Jayden Struble et d'Arber Xhekaj, a souvent eu le dessus dans ses confrontations.
C’est l’un de nos meilleurs défenseurs, a dit Struble à propos de Dobson. Ça a été significatif de le perdre. Je trouve qu’on a fait du bon travail pour combler son absence et jouer de façon coriace sans lui, mais ça va être énorme quand il sera de retour.


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