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À Messia-sur-Sorne depuis 2023, Jean-Philippe Roubes accueille au sein de sa ferme Païdeia, des stagiaires venus du monde entier afin de découvrir l’aquaponie.
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Par Joffrey Fodimbi Publié le 17 oct. 2026 à 5h56
Dès 2023 et l’ouverture de sa ferme Païdeia sur un terrain de 4 hectares à Messia-sur-Sorne, Jean-Philippe Roubes avait la volonté de transmettre ; à tel point qu’il l’inscrit noir sur blanc dans le nom même de sa ferme d’aquaponie.
Car la païdeia est le concept de la Grèce antique désignant l’éducation, la formation globale et la culture nécessaires pour faire d’un enfant un citoyen accompli au sein de la cité.
Une volonté d’apprentissage et de transmission que cet ancien cadre chez le constructeur de voitures Renault durant vingt ans cultive donc depuis trois ans, lui permettant de faire pousser fruits et légumes, mais également les esprits des agriculteurs du futur.
« Pour moi, l‘aquaponie – donc mon élevage de truites à travers mes 18 bassins et mes plantations sous mon hangar de 1 850 m² – n’est qu’un module de ma ferme, car je travaille plus largement sur le maintien de la biodiversité, la préservation de la ressource en eau, le tout face au réchauffement climatique. Un réchauffement qui s’accélère et qui nous oblige à trouver des solutions tous ensemble et à les transmettre. »
En France et au-delà
Une nécessité de travailler de concert avec les générations actuelles et futures qu’il concrétise en accueillant régulièrement sur sa ferme des stagiaires et porteurs de projets venus de la France entière et même au-delà.
« En trois ans, j’ai accueilli 33 stagiaires auxquels j’ai à tous confié des missions spécifiques et à qui j’accorde réellement du temps de transmission. À l’image de Mohammed, venu directement du Pakistan, qui, après avoir obtenu un master agricole dans son pays, vient en France pour passer un master sur la collecte de données, couplé avec un stage de six mois dans ma ferme, qui va me permettre à moi aussi d’apprendre de nouvelles choses issues de sa culture. »
Pour Jean-Philippe Roubes, l’idée derrière ces rhizomes de connaissances qu’il participe à essaimer est de « préparer dès aujourd’hui l’après, car selon moi, l’avenir de l’agriculture se jouera dans les micro-fermes résilientes. »
Tests, échecs et évolutions
Et pour cela, tests, échecs et évolutions sont son lot quotidien.
« Les fortes chaleurs nous ont par exemple fait perdre beaucoup de poissons, nous avons donc dû isoler notre pisciculture et y ajouter un groupe froid ; elles ont également empêché nos fruits et fleurs de pousser correctement, nous allons alors prochainement installer des voiles d’ombrage. Les tuyaux également, qui permettaient de les irriguer, étaient noirs, mais faisaient trop chauffer l’eau ; nous les avons donc isolés. Nous nous adaptons continuellement, tout en essuyant les plâtres d’une activité novatrice, avec une forte solidarité entre les différents producteurs en aquaponie, afin d’apprendre tous ensemble. Mais quoi qu’il en soit, le rapide réchauffement climatique me conforte dans l’idée que j’ai pris la bonne direction. »
Convaincu, Jean-Philippe Roubes souhaite désormais aller plus loin encore et travailler en direct avec des écoles d’ingénieurs en agroalimentaire et partager ses données avec des universitaires, afin que celles-ci ne disparaissent pas et servent ensuite au plus grand nombre.
« Et à terme, pourquoi participer à la création d’une véritable filière nationale, afin d’accélérer encore plus les choses. »
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