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TRIBUNE - La philosophe, auteur notamment de Socrate au pays des process, voit au travers de la disparition de l’icône du cinéma français le glissement d’une société qui, au nom de l’égalité et de la bienveillance, en vient à se défier de l’excellence.
Passer la publicitéNathalie Baye incarnait encore cela. Non pas seulement une actrice, mais une certaine idée de la France : une élégance sans exhibition, une intelligence sans pédanterie, une beauté sans vulgarité. Elle appartenait à ce monde ancien où l’on admirait encore ce qui élevait, où l’on considérait qu’il était honorable pour notre pays que certains soient plus talentueux, plus raffinés, plus travailleurs, plus inspirés que d’autres. Non pour humilier, mais pour grandir.
Or c’est précisément ce que notre époque supporte de moins en moins. La beauté est devenue suspecte, parce qu’elle est injuste. L’intelligence aussi, parce qu’elle distingue. L’élégance plus encore, parce qu’elle sépare, qu’elle hiérarchise, qu’elle rappelle qu’il existe des différences de tenue, de goût, d’exigence. Toutes ces valeurs ont été peu à peu évincées par d’autres, plus égalitaires, plus démagogiques, plus immédiatement bien-pensantes : l’inclusion à tout prix, la valorisation de toutes les médiocrités, le refus…


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