NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
À Winnipeg, lorsque les températures chutent et que les repères vacillent pour ceux qui viennent d’arriver, le pasteur Jérôme Ludovic Bonyoma leur propose une banque alimentaire comme point de départ. Pasteur engagé et homme de médias, il incarne une génération de leaders communautaires qui conjuguent foi, action sociale et enracinement culturel.
Lorsque l’église The Wave Church, située sur la rue Furby, a décidé en 2021 de fermer la banque alimentaire destinée à ses paroissiens, faute de ressources, Jérôme Ludovic Bonyoma, alors simple fidèle, a pris le relais.
On ne peut pas demander aux magasins et fournisseurs d’arrêter l’approvisionnement alors que de nombreux nouveaux arrivants en ont besoin, rappelle-t-il.
Une vocation qui dépasse la chaire
C’est ainsi qu’il a créé un point de distribution dans les locaux de la chaîne de télévision True Word TV, dont il est le propriétaire. Cet établissement se trouve sur l’avenue Selkirk.
De bouche à oreille, l’information s'est propagée comme une traînée de poudre, et l’église lui a cédé un espace pour relancer la banque alimentaire.

Lorsque l’église The Wave Church a décidé de fermer sa banque alimentaire, faute de ressources disponibles, Jérôme Ludovic Bonyoma a pris le relais et a créé un point de distribution dans les locaux de son studio de télévision, sur l’avenue Selkirk.
Photo : Radio-Canada / Godlove Kamwa
L’activité mobilise désormais plus de 400 familles réparties dans deux groupes WhatsApp qui se succèdent tous les vendredis pour recevoir des produits alimentaires.
Aujourd’hui pasteur associé à The Wave Church, au centre-ville de Winnipeg, Jérôme Ludovic Bonyoma accompagne spirituellement une communauté diversifiée, composée en grande partie de familles africaines qui viennent de s’installer. Son engagement ne s’arrête cependant pas aux murs de l’église.
Face aux besoins grandissants, il a mis sur pied un système de collecte et de distribution de denrées alimentaires.
Grâce à la mobilisation de bénévoles et de certains membres de la congrégation, des boîtes sont régulièrement préparées et remises à des familles nouvellement arrivées. Les vivres sont collectés sur appel dans des épiceries, et principalement auprès de l’organisme Moisson Manitoba, auquel s’est inscrit The Wave Church.
Selon le pasteur et ses équipes, le contenu et la quantité de produits ramassés ne sont pas connus à l’avance : légumes, fruits, produits laitiers, pain, viande, charcuteries, produits surgelés, etc.
La plupart de nos bénéficiaires sont des nouveaux arrivants, ils ne choisissent pas vraiment. À [Moisson], ils le savent et nous donnent tout ce qu’ils ont; c’est à nous de trier et de voir ce qui est bien à distribuer, dit Jérôme Ludovic Bonyoma.
Parfois, le riz, la farine, l’huile et les confiseries complètent les centaines de paniers préparés chaque vendredi, poursuit-il.

Les vivres sont collectés sur appel dans des épiceries, et principalement auprès de l’organisme Moisson Manitoba, auquel s’est inscrit The Wave Church.
Photo : Jérôme Ludovic Bonyoma
Ça fait du bien de savoir que je ne suis pas la seule qui a du mal à s’intégrer, se réjouit Marina Beyem, une bénévole nouvellement arrivée du Cameroun. Cette dernière voit dans cette activité le début d’une solution contre l’isolement.
De l'avis de Jeff Bekeng, un étudiant qui y fait des dizaines d’heures de bénévolat, il faut aussi surveiller les occasions d’emploi et demander des lettres de recommandation de l’église.
On ne se sert surtout pas de la banque alimentaire pour recruter des fidèles à l’église, soutient Jérôme Ludovic Bonyoma, qui ajoute : Il y a même des musulmans parmi nos bénéficiaires, et nous ne demandons jamais aux gens quelle est leur religion.
Le Christ ne nous a pas demandé d’appeler les gens à venir à l’Église, mais plutôt vers lui.
Bâtir des ponts, un panier à la fois
Pour de nombreux bénéficiaires qui sont majoritairement originaires de l’Afrique francophone, les premières semaines au Manitoba sont marquées par l’incertitude financière. Les délais administratifs et les dépenses d’installation pèsent lourd.
C’est le cas de Sandra Ouattara, une cliente arrivée de la Côte d’Ivoire il y a moins d’un an.
Ça nous soulage beaucoup; on n’a pas encore trouvé un boulot, donc financièrement, on essaie de gérer comme on peut, dit-elle. Que Dieu le bénisse.
L’expérience du pasteur Jérôme Ludovic Bonyoma dans le milieu de la télévision africaine lui permet également de sensibiliser, de temps en temps, un public plus large aux réalités des communautés noires et immigrantes.

Le pasteur Jérôme Ludovic Bonyoma est lauréat du prix Mosaic du Manitoba 2025, catégorie «pionnier nouvel arrivant».
Photo : Fourni par Jérôme Ludovic Bonyoma
En plus des prédications, il contribue à mettre en lumière des histoires inspirantes sur la dignité et l’intégration communautaire par le biais de ses plateformes en ligne. Il se rend également dans les domiciles pour soulager les familles qui ne peuvent pas assister à la distribution à l’église.
Ces petits gestes quotidiens témoignent d’un leadership qui cherche moins la reconnaissance que la portée.
Jérôme Ludovic Bonyoma a reçu, sans pour autant avoir cherché à l’obtenir, le prix Mosaic du Manitoba, dans la catégorie pionnier nouvel arrivant. Ce prix rend hommage aux champions communautaires dont le leadership et la compassion contribuent à faire du Manitoba une province plus inclusive et plus accueillante.
Il vient aussi d’être nommé au Black History Manitoba, dont la remise des prix aura lieu samedi, lors d’un gala.
L’effet de l’immigrant en bonne santé
L’influence du travail du pasteur est aussi visible chez certains migrants qui peaufinent ainsi leur processus d’intégration alimentaire.
Parfois, on reçoit des cartons de produits frais qui nous rapprochent des menus africains, souligne Géraud Nzaou, un nouvel arrivant de la République du Congo.

La nutritionniste Marianne Lefebvre a ouvert son entreprise pour prendre en charge la clientèle internationale, et notamment les immigrants vulnérables au choc alimentaire.
Photo : Marianne Lefèbvre
Selon la nutritionniste Marianne Lefebvre, spécialisée en nutrition interculturelle, le choc alimentaire de ces immigrants commence à la caisse des épiceries, car la façon d’acheter ici diffère des habitudes en Afrique. La distribution d'aliments est donc devenue un moment d’échange et d’information sur les premiers pas au Canada.
Les banques alimentaires sont pratiques et donnent un coup de main à court terme, mais il faut parfois qu’il y ait un peu d’éducation alimentaire, nuance Marianne Lefebvre. Les légumineuses en conserve, par exemple, c’est bon et c’est un meilleur apport que les pâtes à conserver, plutôt que de les éliminer parce qu’on manque le temps pour les faire cuire.
Marianne Lefebvre évoque aussi l’effet de l’immigrant en bonne santé, un concept scientifique selon lequel les immigrants sont généralement, à leur arrivée, en meilleure santé physique que la population née au Canada; or, cet avantage a tendance à diminuer avec la durée de résidence.
C’est dommage, et c’est en voyant ces statistiques que j’ai ouvert mon entreprise il y a une quinzaine d’années, pour faire de l’éducation à cette clientèle-là, précise celle qui est aussi l’auteure du livre intitulé Dans les cuisines du monde.
Marianne Lefebvre cite, entre autres, des facteurs comme le manque de denrées alimentaires, la consommation à outrance des produits ultratransformés, la sédentarité, la précarité et les problèmes de santé mentale.
Les voies de Dieu sont impénétrables
Interrogé sur la façon dont il envisage l’avenir, Jérôme Ludovic Bonyoma renvoie à ses débuts au Canada. Son histoire, selon lui, est enracinée dans la foi chrétienne.
Il est arrivé à Winnipeg doté d’une expérience de journaliste reporter d’images alliant des compétences d’opérateur de prises de vue, de monteur et de reporter.
La pandémie de COVID-19 l'a aidé à son arrivée à l’église The Wave Church. Dans le contexte de limitation des rassemblements humains, il a proposé aux dirigeants d’organiser la retransmission des messes en ligne et d’autres activités en virtuel, le tout grâce à son propre équipement.
Le pasteur principal Duane Siemens n'a pas tardé à découvrir le talent et l’abnégation d’un leader altruiste dont la vie en Ouganda était partagée entre l’audiovisuel et le ministère pastoral. Il a alors décidé de faire de cet homme son premier collaborateur au titre de pasteur associé.
Depuis lors, Jérôme Ludovic Bonyoma s’érige en berger infatigable, et avec le départ d'Agape Table du sous-sol de l’église The Wave Church, il nourrit le rêve d’agrandir l’espace pour approvisionner davantage de nouveaux arrivants.
La Bible dit que, si vous êtes fidèle dans de petites choses, Dieu vous en donnera de plus grandes, souligne-t-il, non sans préciser, les yeux pétillants d’espoir, qu’à la banque alimentaire, plus il y a de nouveaux arrivants, plus il y a de provisions.
Visiblement confiant, l’ouvrier des Saintes Écritures emprunte à une formule inspirée de la lettre de Saint-Paul aux Romains : Les voies du Seigneur sont impénétrables.

Le pasteur Jérôme Ludovic Bonyoma consacre l’essentiel de son temps et de son énergie à la collecte des denrées alimentaires pour aider les nouveaux arrivants.
Photo : Jérôme Ludovic Bonyoma


3 month_ago
41



























.jpg)






French (CA)