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L’ex-maire de Saguenay Jean Tremblay souhaite que la réserve faunique des Laurentides soit accessible aux investissements privés. L'ancien politicien estime que cela faciliterait l'accès au territoire pour la population.
M. Tremblay a publié une vidéo à cet effet qui a suscité plus de mille réactions ces derniers jours sur Facebook. Il y déplore la difficulté d’accès aux lacs de la réserve faunique, notamment pour y pêcher.
Il propose d’ouvrir davantage le territoire géré par la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) aux promoteurs, d'y simplifier la pratique de la pêche et d'y autoriser la construction de chalets. Les gens veulent aller en forêt, ils veulent s'y bâtir, dit-il.
On n'est pas obligés de se tasser, il y en a de la place. On devrait construire, on devrait inviter le privé pour avoir des hôtels, a-t-il affirmé en entrevue à l'émission Place publique lundi.

L’ancien maire de Saguenay, Jean Tremblay, en entrevue à l’émission Place Publique.
Photo : Radio-Canada / Julien B. Gauthier
Tu ne peux pas accéder. Il y a 2000 lacs puis il n'y a personne qui les a vus parce qu’ils ne peuvent pas les voir. On voit seulement ceux qui sont en bordure de la grande route. [...] Quand on parle aux gens du parc des Laurentides, c’est toujours la route, mais une route, ce n'est pas un parc, poursuit-il.

La route 175, qui traverse la réserve faunique des Laurentides, est le lien routier principal entre Saguenay et Québec. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Claude Bouchard
« Une très, très mauvaise idée »
Le directeur général de la Société pour la nature et les parcs (SNAP) Québec, Alain Branchaud, admet être en accord avec M. Tremblay sur deux aspects.
Il faut augmenter l'accès à la nature. Ça, c'est indéniable, c'est bon pour la santé physique, c'est bon pour la santé mentale et les gens en demandent, souligne-t-il au micro de C’est jamais pareil, mardi.
D’autre part, il estime que l’offre d’activités et les possibilités d’accès au territoire sont méconnues. Or, elles ne sont ni insuffisantes ni déficientes, argue-t-il. La réserve faunique des Laurentides compte trois postes d’accueil, plus d’une centaine de sites de camping, des prêts-à-camper et des chalets, énumère M. Branchaud. Il y a déjà beaucoup de structures mises en place.
Selon Alain Branchaud, privatiser des portions de ce territoire constituerait un recul historique.
Privatiser des segments d'une réserve faunique, c'est une très, très mauvaise idée. On va revenir en arrière à des clubs privés et des éléments comme ça [dont on] s'est débarrassés au bénéfice de l'ensemble de la population.

Le directeur général de la Société pour la nature et les parcs du Canada, division Québec, Alain Branchaud (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Il rappelle par ailleurs que la réserve, distincte d’une aire protégée, soutient des activités d’exploitation et d’aménagement forestier. En effet, des secteurs de la forêt sont exploités par des compagnies forestières détenant une entente de récolte avec le ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF) et conformément aux coupes planifiées par le ministère.
Il faut, selon le directeur général de la SNAP, songer à comment on peut protéger ce capital nature en continuant d'offrir un espace d'hébergement, des lieux d'activité pour la pêche, la chasse et d'autres activités comme de la randonnée, de l'observation, mais en faisant en sorte que les activités forestières puissent se faire en respectant ce capital nature.
Avec les informations de Catherine Doucet et Frédéric Tremblay


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