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Pour ses patchs contre Parkinson et Alzheimer, Jean-Bernard Fourtillan vient de recevoir un traitement judiciaire particulièrement puissant.
Le pharmacien a été reconnu coupable de recherche interventionnelle sur la personne humaine sans les autorisations requises, d’exercice illégal des professions de médecin et de pharmacien, d’escroquerie et d’abus de confiance. Un menu judiciaire complet pour celui qui affirme depuis des années avoir découvert la « valentonine », une hormone dont il espérait tirer une piste thérapeutique contre certaines maladies neurodégénératives.
Près de 400 personnes et des patchs expérimentaux
Entre 2017 et 2019, et plus précisément lors de sessions organisées de mai 2018 à août 2019, Fourtillan et son entourage ont accueilli près de 400 personnes à l’abbaye Sainte-Croix de Saint-Benoît, dans la Vienne. Parmi elles figuraient des malades atteints de Parkinson ou d’Alzheimer ainsi que des volontaires sains.
Fourtillan testait des patchs transdermiques associant ce qu’il présentait comme de la valentonine à de la 6-méthoxy-harmalan. Pour le tribunal, il ne s’agissait pas d’une recherche artisanale un peu trop audacieuse mais d’essais cliniques conduits en dehors du cadre légal.
Le jugement rendu le 1er octobre retient donc une série d’infractions particulièrement lourdes. La justice estime également que Fourtillan a utilisé à son profit environ 130 000 euros sur les quelque 700 000 euros de dons collectés par le fonds Josefa.
Fourtillan conteste depuis longtemps la lecture faite de ses travaux et ses soutiens dénoncent un traitement judiciaire disproportionné. En 2021 déjà, son incarcération à Aurillac avait provoqué une importante mobilisation autour de son cas. Le 3 décembre 2025, il avait été placé, à la demande de ses enfants, en hospitalisation sous contrainte en psychiatrie à l’hôpital de Castelluccio (Ajaccio).
Henri Joyeux également condamné
Le tribunal n’a pas sanctionné Fourtillan seul. Son épouse Marianne a été condamnée à deux ans d’emprisonnement, dont un avec sursis. Le professeur Henri Joyeux a pour sa part écopé d’un an avec sursis et de 10 000 euros d’amende.
La différence de traitement est spectaculaire, mais la condamnation de Fourtillan n’est pas définitive. Sa condamnation ayant été prononcée en son absence, les voies de recours prévues par la procédure restent ouvertes.
C’est un point que les gros titres expédiés en trois lignes oublient volontiers. Un jugement a été rendu. Il doit être rapporté comme tel. Il n’interdit ni de discuter de sa sévérité, ni de rappeler la version des condamnés, ni de s’interroger sur la manière dont la France accueille ceux qui prétendent bouleverser les traitements établis.
Quatre ans ferme à 82 ans
Car quatre années de prison ferme pour un homme de 82 ans, ce n’est pas exactement une tape sur les doigts. La justice considère les infractions suffisamment graves pour justifier cette peine et un mandat d’arrêt. Ses défenseurs y voient, eux, l’aboutissement d’années d’acharnement contre un chercheur devenu infréquentable.
Et le contraste est forcément explosif dans un pays où les pratiques de l’industrie pharmaceutique, ses conflits d’intérêts et son influence sur la recherche font régulièrement l’objet de critiques et d’enquêtes. Cela ne prouve évidemment pas que « Big Pharma » ait orchestré la condamnation de Fourtillan. Aucun élément du jugement ne permet de l’affirmer. Mais le deux poids, deux mesures dénoncé par ses soutiens nourrit inévitablement la colère.
Reste désormais une question concrète : Fourtillan pourra-t-il faire rejuger l’affaire et défendre directement devant ses juges ses recherches, leur protocole, leur financement et les résultats qu’il leur attribue ?
À 82 ans, après des années de procédures, d’incarcération et d’hospitalisations, Jean-Bernard Fourtillan n’en a manifestement pas terminé avec la justice française. Et la justice française, elle, n’en a visiblement pas terminé avec Jean-Bernard Fourtillan.
L’homme de l’ombre : Cédric Pierrot-Stalmeier
Au procès d’octobre 2026, manquait Cédric Pierrot-Stalmeier qui a profité de l’état de faiblesse des époux Fourtillan pour les éloigner de leurs trois enfants et se servir de leur image pour commercialiser des ImuPatchs via la société Sodeval. Des ImuPatchs promis n’auraient jamais été livrés et les participations ou avantages annoncés n’auraient jamais été concrétisés. Qu’en est-il du patrimoine financier et immobilier du couple Fourtillan ? Cédric Pierrot-Stalmeier a-t-il mis la main dessus ? Où se trouve le Pr Fourtillan disparu depuis juin 2026 ? Le vrai responsable d’une escroquerie sous couvert de médecine alternative restera-t-il impuni ? Les questions restent posées.


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