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Certains découvrent avec horreur que payer une chambre de luxe ne donne pas le droit d’emmerder tout l’hôtel.
La raison ? Certains visiteurs réservaient une table pour déjeuner, puis débarquaient avec des sacs remplis de vêtements et de bijoux. Le repas devenait accessoire. L’essentiel consistait à multiplier les poses, changer de tenue et alimenter Instagram. Le personnel devait probablement s’estimer heureux lorsqu’un client pensait encore à commander quelque chose.
Selon une enquête du Guardian publiée le 19 octobre 2026, plusieurs hôtels, restaurants et sites touristiques ont décidé de limiter ces comportements.
La résistance s’organise contre les influenceurs
Au Royaume-Uni, le magasin fermier The Hollies, dans le Cheshire, interdit désormais les photographies et les vidéos entre 10 heures et 16 heures. Une manière de rappeler qu’on peut acheter des citrouilles sans leur consacrer un reportage de quinze minutes.
Aux États-Unis, une boutique de Nantucket a affiché un panneau « No influencers ». Dans le Vermont, la commune de Pomfret a également pris des mesures contre les séances photo devant ses paysages automnaux.
Même le Japon s’y est mis. À Fujikawaguchiko, un écran a été installé pour masquer une vue très prisée du mont Fuji, devant une supérette envahie par les touristes photographes.
Pendant des décennies, les voyageurs cherchaient les plus beaux paysages. Désormais, certains cherchent surtout le meilleur endroit pour se photographier devant.
Le luxe suprême : manger sans être filmé
Sophie Volant, responsable de l’Hôtel du Cap-Eden-Roc, explique que les clients souhaitent préserver leur intimité. Une exigence assez compréhensible lorsqu’on paie le prix fort pour séjourner dans un palace.
Le groupe hôtelier Beaumier, qui collabore parfois avec des influenceurs, défend lui aussi la tranquillité de sa clientèle. Sa directrice marketing rappelle que son métier consiste à accueillir des voyageurs, pas à exploiter des studios photographiques.
Cette industrie de l’apparence, où la visibilité peut devenir une source de revenus, possède ses propres vedettes et ses interminables guerres d’influenceurs.
Les restrictions ne visent d’ailleurs pas toutes les photographies de vacances. Elles concernent surtout les séances organisées qui dérangent les autres clients.
Une distinction importante : prendre son conjoint en photo devant la piscine reste une chose. Transformer le buffet du petit déjeuner en plateau de tournage avec éclairage, trépied et trois changements de garde-robe en est une autre.


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