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La saison d’athlétisme commence bien pour le lanceur Mathieu Dorais, qui a reçu jeudi l’une des 13 bourses remises par la Fondation Aléo à des para-athlètes du Québec. L’étudiant en administration à l’Université Laval enchaînera dimanche avec une première compétition, à Toronto, qui pourrait le conduire à son premier grand rendez-vous international.
J’ouvre officiellement ma saison à la Classique Cruisers, à Toronto, qui réunit plusieurs athlètes paralympiques. Il y aura plusieurs athlètes du Québec qui y seront aussi, dit Mathieu Dorais, qui faisait un court arrêt à Montréal pour accepter son chèque de 4000 $, de retour de camps d’entraînement à Victoria et en Californie.
J’attends l’invitation pour les Commonwealth d’ici la semaine prochaine. Ça fait longtemps que je me prépare pour cet événement et je suis confiant, ajoute-t-il.
Le spécialiste du disque a raté d’un seul rang une participation aux Championnats du monde en 2025. Son lancer de 50 mètres, un record canadien, lui aurait valu une qualification automatique, mais il a été enregistré deux semaines trop tard.

Mathieu Dorais a reçu une bourse de la Fondation Aléo pour la troisième fois, jeudi, au complexe sportif Claude-Robillard.
Photo : Marie Soleil Cloutier
Les Jeux du Commonwealth, ce serait une grande étape dans ma carrière. L'an dernier, j'ai fait le Grand Prix de Paris, qui est l'équivalent d'une Diamond League pour le volet para. Mais les Jeux du Commonwealth, c’est un autre niveau, indique l’ancien hockeyeur, qui s’est tourné vers l’athlétisme après l'amputation d'un pied.
L’année 2026 est aussi sa première dans l’équipe de développement d'Athlétisme Canada. Cela lui permet de côtoyer des lanceurs qui ont représenté le pays aux Jeux paralympiques, dont le champion du monde Greg Stewart.
C’est un excellent mentor. En compétition, il prend le temps de venir nous donner des conseils. Je me sens chanceux de pouvoir compter sur lui, indique Dorais.
L’ancien gardien de but des Commandeurs de Lévis aspire lui aussi aux Jeux paralympiques. Il concentre son entraînement au lancer du disque, puisque sa catégorie de handicap n’est pas présente au programme paralympique au lancer du poids, une autre de ses spécialités.
La question de la classification est souvent le plus important problème aux Paralympiques. Mathieu Dorais devra aussi composer avec cette réalité en route vers Los Angeles.
Le Comité international paralympique a fusionné sa catégorie (des athlètes avec une amputation au bas du genou) à celle des athlètes ayant une atrophie musculaire. Dorais se retrouvera alors à compétitionner avec des athlètes qui ont leurs deux jambes. Sa prothèse, par exemple, coûte 10 000 $ et nécessite beaucoup d’entretien pour éviter les bris, un souci dont n'ont pas à se préoccuper ses adversaires non amputés.
Je ne m'en fais pas trop avec ça. Mon défi, c'est de lancer le plus loin possible, peu importe contre qui je compétitionne. Je vois ça comme un challenge. Mon objectif pour 2028 est d'être le lanceur qui lance le plus loin, toutes catégories confondues.
Je veux battre mon record canadien de 51,82 m, établi aux Jeux du Canada. Mon but est d'atteindre les 55 mètres de façon constante. C'est la marque nécessaire pour viser une médaille dans les grands championnats.
Mathieu Dorais profite d'un nouvel encadrement, mais aussi d'un meilleur environnement pour mener à bien sa quête. Pour la première fois de sa carrière, il a eu accès au stade intérieur du PEPS de l’Université Laval pour s’entraîner en hiver.
Auparavant, les lanceurs n’y avaient pas accès, par crainte de sécurité, ou pour protéger le terrain. On a eu accès au stade tôt le matin, au départ, et on a apporté une planche de bois pour protéger le gazon synthétique, explique-t-il.
C’est sur cette planche que les lanceurs effectuent leurs rotations, une solution de fortune, en attendant d’avoir, espère-t-il, une aire de rotation permanente.
C’est la première année. Pour là, je suis juste vraiment content d’avoir pu lancer cet hiver. Si on pouvait avoir un cercle permanent à l’intérieur, éventuellement, ce serait encore mieux.
C’est un changement majeur. Les grands lanceurs canadiens, comme Camryn Rogers ou Rowan Hamilton, peuvent lancer dehors presque toute l'année dans l'Ouest. Si on peut reproduire ces conditions d'entraînement ici, ça va grandement aider à développer le talent québécois.
Les Jeux du Commonwealth auront lieu du 23 juillet au 6 août à Glasgow, en Écosse. Dans cette compétition, les athlètes handicapés et non handicapés compétitionnent en même temps, et toutes les médailles sont calculées à l'intérieur du même tableau.


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