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La vie de Pascal, 65 ans, a basculé en octobre. Victime d’un arrêt cardiaque après une séance de sport à Nogent-le-Rotrou, il a été ramené à la vie grâce à un défibrillateur.
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Par Valentin Mauduit Publié le 21 déc. 2025 à 16h30
On dit que la vie n’a pas la même odeur, ni la même saveur, quand vous avez goûté à la mort. Pascal peut le confirmer. L’habitant d’Arcisses (Eure-et-Loir) participait à sa première séance de marche fractionnée, jeudi 23 octobre 2025, avec sa femme au complexe sportif Robert-Huwart à Nogent-le-Rotrou. « Normalement, le jeudi, on faisait du yoga », sourit-il. Quand, au moment des étirements, il s’est effondré… le cœur à l’arrêt. C’est grâce à la coordination de ses compères de Passion Running du Perche (PRP) et le choc d’un défibrillateur qu’il doit sa vie aujourd’hui. Le retraité de 65 ans témoigne de cet instant où tout aurait pu s’arrêter…
Un trou noir de plusieurs minutes
Marcheur confirmé, Pascal se balade quotidiennement, et pratique avec PRP une fois par semaine, le lundi soir, la marche rapide avec sa femme. Convaincus par les bienfaits de la discipline, ils décident de participer un soir d’octobre à la marche fractionnée autour du terrain de football…
La séance se passe bien. Pascal effectue ses étirements, tout en discutant avec un autre membre du groupe. Et le trou noir ! « Je suis tombé comme une masse !»
Il se réveillera dans l’ambulance quelques minutes plus tard.
Ces quelques minutes paraissent éternelles pour les sauveteurs, dont Gaël Nicolas (lire ci-dessous). Le pharmacien de Nogent-le-Rotrou était présent lors de la séance. Il a prodigué les premiers secours en alternance avec Bastien Siméau, podologue.
Un choc pour sa femme
Alors qu’ils s’affairent autour de Pascal, inconscient… L’épouse de la victime se rend compte qu’un incident est en train de se dérouler à quelques mètres d’elle. Elle s’approche, et elle observe un maillot jaune au sol. « Elle se dit instantanément que c’est moi », retrace-t-il.
Au moment, où sa femme s’approche, la première phrase qu’elle entend est la suivante : « il n’y a plus de pouls ». Le traumatisme est total ! « Elle n’a pas dormi pendant un mois. Le choc a été important », regrette le mari.
Pascal, lui, ne l’a pas mal vécu… puisqu’il ne vivait plus.
Je crois que mon arrêt a duré environ trois minutes.
Il n’en a aucun souvenir… « Le cerveau est bien fait, il occulte tous ces souvenirs traumatiques. J’avais déjà eu la même chose après une grosse collision au ski. »
Des hallucinations, une fois réveillé
Cette fois, c’était bien plus important, son cœur était à l’arrêt. Branle-bas de combat autour de Pascal, tout le monde s’organise pour trouver le défibrillateur.
Je me suis réveillé au premier choc. Ils disent que je leur ai parlé, je ne m’en souviens pas.
Son premier souvenir est d’ailleurs assez hilarant. « Dans le camion du Samu, j’étais avec trois personnes, et pour moi, ils avaient tous les trois la même tête. » Quelques secondes après, Pascal demande à rentrer chez lui. « Je ne savais pas ce qui m’était arrivé. »
Le sexagénaire a connu une autre hallucination à son arrivée à l’hôpital de Chartres… « Le mur d’en face devenait le plafond… C’était très « étonnant. Il fallait que je fixe la porte pendant de longues secondes pour que ma vision revienne à la normale ».
Stress, hypertension, cholestérol…
Après deux semaines à l’hôpital chartrain, l’Arcissois était transféré au centre de rééducation cardiaque de Gasville. « Là-bas, ils m’ont expliqué que l’athérosclérose était une maladie. » C’était la première fois que Pascal entendait ce mot. Jusqu’ici, l’Eurélien était en bonne santé… « J’avais un médicament par jour pour mon hypertension. »
D’un naturel anxieux, l’ancien formateur en bâtiment au CFA (Centre de formation d’apprentis) de Chartres n’arrangeait pas son cas.
Le stress n’est pas bon pour les problèmes au cœur.
Mais il y avait un autre paramètre qu’il ignorait. « J’ai des plaques de cholestérol… alors que mes analyses ont toujours été bonnes. J’ai un morceau de plaque qui s’est décollé et ça m’a bouché une artère. »
Cet incident passé, le retraité remarque que des signes étaient finalement apparus… sans y prêter une grande attention. « Je ne m’étais pas méfié. J’avais des douleurs au niveau de la cage thoracique, et je pensais que c’était musculaire, suite à un exercice de yoga. Je trouvais qu’elle ne s’ouvrait pas. Je me disais que ça passerait. »
« On relativise beaucoup de choses dans notre deuxième vie »
Depuis cet arrêt cardiaque et sa sortie de centre de rééducation, la vie de Pascal a changé. Dans son quotidien d’abord. « D’un médicament, je suis passé à sept. Et je dois faire attention à tout ce que je mange, je dois éviter les acides gras saturés au maximum. »
Dans sa pratique sportive, ensuite.
Je dois contrôler mon rythme cardiaque pendant un effort. Je vais m’acheter une montre adaptée.
Et dans sa philosophie de vie aussi. « On relativise beaucoup de choses dans notre deuxième vie. »
« Au bon moment, au bon endroit, avec les bonnes personnes »
Si Pascal est en vie, il le doit à un défibrillateur… mais à des humains aussi. « Je leur suis très reconnaissant. J’ai eu la chance de tomber sur des gens compétents. Avec du matériel en bon état. »
Un matériel qui n’est toujours pas remis en place. « Il a été prélevé pour affiner mon diagnostic, car il enregistre tout… Mais si quelqu’un refait un malaise actuellement ? » Pascal s’emporte aussi sur les incivilités à l’égard de cet outil. « Comment peut-on saboter ce genre de choses quand on voit leur importance. »
Quelques semaines après ce qui aurait pu être un drame, il repense… « Je suis tombé au bon moment, au bon endroit, avec les bonnes personnes. »
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