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Depuis Nantes (Loire-Atlantique), Geoffrey Saumont s'évertue à perpétuer une tradition familiale et ancestrale : l'art du Pulcinella, célèbre personnage de marionnette.
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Par Timothy Gaignoux Publié le 23 août 2026 à 10h00
Dans la famille Saumont, il y a l’arrière-grand-père qui, dès les années 1930, crée un théâtre de marionnettes à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), pour attirer des clients dans sa boutique. Le père, qui découvre au fond d’une malle, des marionnettes, avant d’en faire son métier à la fin des années 1990. Et le fils, Geoffrey, plongé dans cet univers dès sa plus tendre enfance.
« Pour apprendre l’art de la marionnette, il faut un maître »
S’il est devenu marionnettiste de métier il y a 15 ans, c’est surtout grâce à une rencontre. « Quand j’ai vu le Pulcinella de Bruno Leone en spectacle, j’ai dit : c’est ça que je veux faire », rembobine-t-il. Une dizaine d’années passent, Geoffrey se rend alors à Naples, où le marionnettiste de renom deviendra son maître.
Pour apprendre l’art de la marionnette, il faut un maître. Il m’a appris la finesse de la manipulation, à éviter de dépenser de l’énergie inutilement et à ne pas trop transformer les voix. Parce qu’on peut s’abîmer la voix si on joue tous les jours.
Une formation, comme il n’en existe plus, d’un art ancestral, le Pulcinella, vieux de 500 ans. « Ils n’avaient pas la télévision ou internet pour parler des problèmes de société. Donc ils utilisaient la marionnette pour en parler, et souvent avec beaucoup de violence », détaille Geoffrey, Pulcinella à la main.

Un métier unique en France
Devenu maître en la matière, au point de sculpter lui-même ses marionnettes, Geoffrey a bien conscience d’exercer un métier unique en France. « À une époque, on était trois à pratiquer le Pulcinella. Maintenant, je suis peut-être le seul », sourit celui qui vit à 100 % de son art.
Comme avant chaque spectacle, et ce jusqu’à l’arrivée du public, le stress monte crescendo. « Je m’en sers pour avoir une énergie sur scène et me concentrer », confie-t-il. Un petit échauffement, une bonne inspiration et la marionnette prend vie.
La pivetta, le diplôme de maître à élève
Mais le Pulcinella ne parle qu’en présence d’un petit instrument : la pivetta (pratique en français). « Je n’ai pas le droit de la montrer, sinon mon maître m’en voudra énormément. » En somme, deux petites plaquettes de métal avec du tissu au milieu.

Placée entre la langue et le palais, le fait de souffler va faire vibrer la membrane en tissu. « Et après, avec le ventre et avec la gorge, on va réussir à faire des sons différents. »
C’est un peu le diplôme. Quand le maître a décidé que l’élève avait suffisamment appris et qu’il pouvait jouer dans la rue et transmettre à son tour, on va fabriquer ce petit instrument avec le maître. L’expression avoir un secret de polichinelle vient de ça.
« On voit presque à la place des yeux de la marionnette »
Derrière son castelet, sans boire une goutte d’eau, Geoffrey manie avec brio ses marionnettes et leur donne une âme. Quant à son public, de tous âges, il a seulement besoin de le ressentir. « Je suis assez timide dans la vie de tous les jours et la marionnette sert à se cacher aussi. On arrive à faire monter le public, à le calmer. On voit presque à la place des yeux de la marionnette. »

Pour la rendre vivante, il faut regarder la marionnette pendant qu’on joue, sinon on n’y croit pas. On va donner l’impression qu’elle réfléchit et se pose des questions. Et après, il faut des années d’entraînement.
Une maîtrise au fil des ans qui fait rejaillir des souvenirs d’enfance chez certains. « C’est des souvenirs communs, que des familles, des enfants, des adultes de toutes les générations partagent. Et c’est ça qui me fait continuer ce métier. »
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