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«Je réalise encore mon rêve d’enfance » : à 78 ans, cet habitant de Seine-et-Marne est le roi du stock-car

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À 78 ans, Gérard Hollande, habitant de Villeparisis (Seine-et-Marne), consacre la majeure partie de son temps à sa passion pour le stock-car. Portrait. 

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Gérard pratique depuis plus de 50 ans le stock-car.

Gérard pratique depuis près de 50 ans le stock-car. ©La Marne

Par Rédaction Meaux Publié le 20 août 2026 à 20h30

À Villeparisis en Seine-et-Marne, le vaste garage de Gérard Hollande ne ressemble à aucun autre. Dans ce hangar parfaitement organisé, les jantes côtoient les cardans, les triangles de suspension et une multitude de pièces automobiles soigneusement rangées. À quelques mètres, un long porte-voitures supporte quatre véhicules jaunes et rouges, entièrement dépouillés de leurs équipements d’origine.

À 78 ans, Gérard Hollande consacre encore une grande partie de ses journées à sa passion : le stock-car. Une discipline spectaculaire qu’il pratique depuis près d’un demi-siècle. « Je suis un homme heureux, parce que je réalise encore mon rêve d’enfance », sourit-il, les mains occupées à préparer l’une de ses voitures.

Originaire de la région parisienne, Gérard obtient son CAP mécanique auto dans les années 1950. Moteurs, tôlerie, mécanique : il apprend vite et acquiert une solide expérience. Après plusieurs années comme salarié dans la mécanique destinée aux travaux publics, il crée sa propre entreprise de déménagement. Mais son goût pour les voitures ne le quitte jamais.

Avec ses amis, il franchit alors le pas : transformer des véhicules de monsieur-tout-le-monde en machines de compétition capables d’encaisser chocs, poussées et sorties de piste. « Le moteur et la carrosserie n’ont plus beaucoup de secrets pour moi », confie ce passionné, dont le regard bleu reste aussi vif que celui d’un adolescent devant sa première voiture.

Des voitures taillées pour le choc

Importé des États-Unis au milieu du XXe siècle, le stock-car offre un spectacle mécanique spectaculaire en faisant s’affronter des véhicules renforcés sur de petits circuits. Cette discipline automobile réunit parfois une cinquantaine de concurrents sur une piste ovale en terre d’environ 200 mètres. Les voitures, grillagées et lourdement renforcées, évoquent un univers de cinéma postapocalyptique. L’objectif des conducteurs n’est pas seulement d’aller vite : les voitures doivent résister aux impacts, pousser les adversaires pour marquer le plus de points possibles.

La Fédération des sports mécaniques originaux (FSPO) encadre cette pratique, avec un règlement précis et des exigences de sécurité strictes. Gérard démonte et transforme ainsi les véhicules. Pare-brise, vitres, feux et habitacle disparaissent. Des arceaux de sécurité sont installés, les pare-chocs sont consolidés et les éléments sensibles, comme le radiateur, le réservoir d’essence et la batterie sont déplacés à l’intérieur de la voiture. Un grillage métallique protège le conducteur tout en lui laissant la visibilité nécessaire.

Les courses se passent généralement sur des terrains, loin des habitations.

Les courses se passent sur des terrains, loin des habitations. ©Photo transmise à La Marne

« Préparer une voiture demande entre 100 et 150 heures de travail. Il faut tout retirer, modifier, installer. Je sculpte aussi moi-même les pneus pour obtenir une meilleure accroche », explique-t-il, les yeux brillants. Au fil des compétitions, le retraité a également croisé plusieurs grandes figures du spectacle automobile. Il se souvient notamment de ses rencontres avec les cascadeurs renommés Rémy Julienne et Maurice Bataille, deux références du cinéma d’action français.

Gérard évoque aussi avec fierté une rencontre avec Coluche lors d’une course, en 1985. Des souvenirs qui, près de quarante ans plus tard, nourrissent toujours sa passion pour les circuits et les voitures transformées.

Dans son garage, sept voitures (Peugeot 306, Volkswagen Golf et BMW 735) sont prêtes à rejoindre les circuits. Sa première voiture de course fut une Ford Capri. Avec elle, Gérard a découvert l’intensité de ces journées où six épreuves peuvent être programmées. Casqués et gantés, les pilotes doivent tenir vingt tours au milieu d’un peloton très dense. Les contacts sont fréquents, les suspensions souffrent et les triangles de direction cassent régulièrement.

Le stock-car, c’est du sport automobile et ce qui m’a plu, c’est de réparer seul ce que tu casses parce que tu dois être bon en mécanique, tôlerie et en système D. Ma passion en fait. Et puis l’adrénaline avec les chocs ou les tonneaux. Un peu comme les autos tamponneuses quand j’étais gamin.

Cela consiste à faire des figures et des tonneaux avec des voitures.

Cela consiste à faire des figures et des tonneaux avec des voitures. ©Photo transmise à La Marne

Une passion devenue familiale

Le stock-car est désormais une affaire de famille. Gérard a transmis le virus à ses deux fils et à son petit-fils de 18 ans. « Après chaque course, il faut réparer. On change les triangles, les suspensions, les pneus crevés et on remet les voitures en état. Pour un week-end, nous partons à quatre et chacun conduit son véhicule », raconte-t-il. Sur la malle arrière renforcée de sa Peugeot 306, un surnom affectueux apparaît, « Papoun », celui que lui ont donné ses petits-enfants.

Pour Gérard, les récompenses financières n’existent pas. « On ne gagne pas d’argent, seulement des coupes. Mais à force, tout le monde se connaît. »

Il apprécie aussi les courses de tonneaux, où deux voitures s’affrontent et où la victoire revient à celle qui réalise le plus de retournements. « Ce sport automobile a toujours été et restera ma passion : le plaisir de conduire une voiture sur un circuit, avoir le droit de percuter les autres concurrents, offrir un vrai spectacle aux spectateurs, avoir les mains dans le cambouis mais surtout s’aider entre pilotes, qui deviennent rapidement des copains voir une grande famille » précise-t-il le regard songeur.

Un spectacle que le public, très nombreux affectionne particulièrement. Pourtant, Gérard regrette l’absence de terrain en Île-de-France. « Créer un circuit est devenu impossible à cause des contraintes administratives », déplore-t-il. Malgré cela, l’ancien entrepreneur ne renonce pas. Dans son garage de Villeparisis, entre les pièces mécaniques et les carrosseries cabossées, son rêve d’enfant continue de tourner à plein régime.

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