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L’avocat général de la cour d’appel de Rennes a requis une peine de prison ferme à l’encontre d’un habitant de Ploërmel (Morbihan) accusé de « viols » sur sa compagne.
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Par Rédaction Ploërmel Publié le 29 oct. 2026 à 17h49
L’avocat général de la cour d’appel de Rennes (Ille-et-Vilaine) a requis lundi 26 octobre 2026 quatre ans de prison ferme à l’encontre d’un quadragénaire de Ploërmel (Morbihan) accusé de « viols » sur sa compagne, mais qui avait été relaxé en première instance.
Les faits se seraient produits de 2010 à 2021. D’après la victime, le prévenu la « réveillait à 3h ou 4h du matin » pour la « pénétrer » lorsqu’il partait travailler. Elle lui avait pourtant « signifié son refus » et « tenté de se dégager », mais il la « bloquait » en se « mettant sur elle ». Elle était donc contrainte de « faire la feuille morte », d’autant que son compagnon « faisait la tête » si elle lui refusait des rapports sexuels.
Des faits qui se répétaient « plusieurs fois par mois »
Ces faits se répétaient « plusieurs fois par mois », toujours selon les déclarations de la victime aux enquêteurs. Le père de cette dernière était même « intervenu » pour prendre la défense de sa fille face au prévenu. « Si elle n’a pas envie, tu prends ta main gauche », avait-il lancé à son gendre.
Lors de sa garde à vue, il avait estimé « possible » qu’il ait eu des « rapports non consentis » avec sa femme, bien qu’il ne les « compte » pas. « Je suis sur elle et elle se laisse faire », avait-il décrit.
Plusieurs amies de la victime avaient pour leur part rapporté les « confidences » de cette dernière auprès d’elles, notamment qu’elle se serait « enfermée dans sa chambre » pour ne pas que son mari puisse y entrer. En début d’année 2021, il serait allé jusqu’à « l’attacher » pour la violer…
Le tribunal le relaxe, le parquet fait appel
L’intéressée avait quant à elle adressé plusieurs « courriers » au juge d’instruction chargé de l’enquête, tantôt pour « retirer » sa plainte afin de ne pas « détruire une relation de seize ans », tantôt pour « déplorer » la « lenteur » de la procédure et réclamer une « sanction ».
Dans ces conditions, il avait été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Vannes (Morbihan). Les faits de « viols » avaient été requalifiés en « agressions sexuelles » avec l’accord de la plaignante. Le 19 décembre 2024, il avait finalement été relaxé.
Les juges vannetais avaient considéré que « l’élément moral » de l’infraction n’était « pas établi ». En d’autres termes, de leur point de vue, il n’avait « pas conscience » que sa femme n’était « pas consentante ». Le parquet avait alors fait appel de cette relaxe.
« Je ne l’ai jamais forcée à avoir des rapports »
« Je ne l’ai jamais forcée à avoir des rapports », a-t-il maintenu lundi 26 octobre 2026 devant la cour d’appel de Rennes. « Qu’est-ce que cela veut dire » forcer « pour vous ? », lui a donc demandé la présidente de la 10e chambre.
« Je l’aurais attrapée de force, maintenue et voilà », a répondu ce père de famille de 46 ans qui travaille « dans la grande distribution ». « On peut contraindre sans être violent, monsieur », l’a recadré la présidente.
Reste qu’à l’époque des faits, le couple vivait en « simple cohabitation » et ne se parlait plus… « Je suis assez surprise que vous puissiez penser que madame avait envie d’avoir des rapports sexuels », s’est donc interrogée la présidente.
« Je pensais que ça pourrait raviver la flamme entre nous », a tenté d’expliquer celui qui considère que les relations sexuelles font « partie de l’engagement » du mariage.
Le magistrat confirme la peine requise
« L’absence de consentement n’est pas le refus exprimé : avec un raisonnement pareil, les violeurs de Gisèle Pélicot n’auraient jamais été condamnés », a rappelé pour sa part l’avocat général lors de ses réquisitions.
Il faisait ainsi référence à l’affaire dite « des viols de Mazan », dans laquelle cinquante et un hommes ont été condamnés pour avoir violé une femme droguée à son insu par son mari.
Le magistrat a donc « fait siennes » les réquisitions prononcées en première instance par le parquet de Vannes, soit quatre ans de prison ferme et trois ans avec sursis probatoire comprenant une « obligation de soins ».
Il a également demandé à la cour de prononcer le retrait de l’autorité parentale du prévenu sur ses enfants et l’interdiction de percevoir la « pension de réversion » versée au conjoint survivant en cas de décès de l’un des époux.
Il n’a en revanche pas requis de « mandat de dépôt », c’est-à-dire une incarcération immédiate en cas de condamnation.
Son avocate le décrit comme « un homme perdu »
L’avocate de la défense a décrit de son côté un « homme perdu » qui n’avait « pas les mêmes codes » que sa femme. « Sa démarche, c’était peut-être l’image que l’on a de la tentative de réconciliation sur l’oreiller », a imagé Me Stéphanie Derveaux.
Mais son client a « été amené à réfléchir » grâce au « suivi psychologique » dont il bénéficie depuis « trois ans », a tenté de rassurer l’avocate vannetaise. L’expert psychiatre qui l’a rencontré au cours de l’enquête n’a en tout état de cause relevé aucune « pathologie » psychiatrique ni aucun « trouble de la personnalité » chez lui.
La cour d’appel de Rennes, qui a mis sa décision en délibéré, rendra son arrêt début décembre 2026.
RB et GF (PressPepper)
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