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Par Collin Sctrick
Publié le 26/08/2026 à 12h47, mis à jour le 26/08/2026 à 15h16
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L’ancien ministre de l’Économie assure que la présidentielle n’est «pas du tout [son] calendrier». Mais ses déclarations équivoques, son manifeste aux allures programmatiques et sa volonté affichée de départager les prétendants du bloc central d’ici à Noël dessinent le scénario d’une possible candidature de recours.
Passer la publicité Passer la publicité«Je ne suis pas candidat.» Invité ce matin sur BFMTV et RMC, Bruno Le Maire a voulu écarter les interrogations sur ses ambitions pour 2027. Sans pour autant les dissiper. «Ce n’est pas du tout mon calendrier», a assuré le ministre de l’Économie de 2017 à 2024 face à Apolline de Malherbe. Relancé immédiatement sur la nature de ce refus, il a précisé : «C’est une question de calendrier et d’écoute des Français.» Pour Bruno Le Maire, les électeurs «ne sont pas dans la campagne présidentielle» pour l’instant, et le moment doit encore être consacré au débat d’idées.
Une non-candidature au présent qui ne vaut donc pas renoncement pour l’avenir. Quelques minutes plus tard, il fixe lui-même une première échéance : «S’il y a un candidat qui émerge à la fin de l’année...» Lorsqu’on lui demande si, «d’ici Noël», l’un des prétendants du centre doit être parvenu à «sortir du peloton», sa réponse fuse : «Bien sûr !» Et Bruno Le Maire ne se place pas en dehors de cette compétition. «Je fais ma proposition, je mets carte sur table, que chacun mette carte sur table et ensuite, on regardera tous entre nous ce qui convainc le plus les Français», explique-t-il. Quand Apolline de Malherbe en conclut que celui dont les idées auront le plus convaincu son camp les portera à la présidentielle, il acquiesce une nouvelle fois : «Bien sûr.»
«Que chacun abatte ses cartes»
La démarche ressemble à celle développée dans son Manifeste pour une autre France, publié ce week-end. En près de 60 pages, Bruno Le Maire détaille une refonte du modèle économique, social et institutionnel français autour de trois axes : prospérité, autorité et souveraineté européenne. Il refuse pourtant toujours de présenter le document comme un programme présidentiel. «C’est une vision pour le pays», insiste-t-il encore ce matin lorsque Apolline de Malherbe lui fait remarquer qu’il en possède toutes les caractéristiques.
Le texte lui-même est pourtant entièrement tourné vers l’échéance de 2027. Bruno Le Maire y estime que la victoire passera par «une vision incarnée dans un leader et son équipe», mais appelle à repousser le choix de celui-ci. «Ensuite seulement viendra le temps du rassemblement autour du chef», écrit-il, avant cette invitation : «Ne nous enfermons pas, ouvrons le jeu. Que chacun abatte ses cartes.» Dès les premières pages, il dénonce les «escarmouches entre les candidats», les «ballons d’essai» et les «piques» qui occupent selon lui le débat au détriment des idées. Une manière aussi de contester le leadership de ceux qui sont déjà en campagne. Dans un entretien publié ce week-end, il estimait - en visant Édouard Philippe, Gabriel Attal et Bruno Retailleau - que «si un leader avec une vision claire s’était imposé, il n’y aurait pas autant de candidats».
Bruno Le Maire se donne donc jusqu’à la fin de l’année pour observer l’évolution du bloc central. En privé, il indique ne pas croire que le duel entre Édouard Philippe et Gabriel Attal survivra à l’hiver et parie sur leur usure réciproque pour rouvrir le jeu. D’ici là, il entend occuper le terrain des idées sans rejoindre officiellement la liste des prétendants. Dans son manifeste, il écrit que «le temps du rassemblement autour du chef» viendra «ensuite seulement». Toute sa stratégie tient peut-être dans ces deux mots.


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