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L’écrivaine a exprimé son désaccord sur le traitement de l’affaire Thélyson Orélien par l’émission. La membre du jury du prix Goncourt, engagée contre l’intelligence artificielle en littérature, a créé le malaise face au présentateur Augustin Trapenard.
La romancière Christine Angot est venue présenter son nouveau livre Je change de nom (Flammarion), mercredi 14 octobre dans l’émission hebdomadaire de France 5 «La Grande Librairie». L’écrivaine de L’Inceste, récit auto-fictionnel choc paru en 1999, vient d’abandonner le patronyme de son père incestueux. Elle porte désormais le nom de sa mère, Schwartz, qu’elle a porté jusqu’à l’âge de treize ans.
En début d’émission, Christine Angot a réagi avec virulence aux actualités de «La Grande Librairie». Il s’agit d’une séquence consacrée aux «nouvelles de la littérature, de l’écriture de la lecture dans le monde entier. Que s’est-il passé dans la vie littéraire ?», introduit Augustin Trapenard mercredi soir. L’émission a fait le choix de retenir la réaction du romancier Thélyson Orélien, «trois semaines après les accusations de recours massif à l’IA générative» pour l’écriture de son livre C’était ça ou mourir (Grasset), explique l’animateur. L’écrivain a transmis un texte à l’AFP intitulé «Ce roman que j’ai écrit», où il dément une nouvelle fois le recours à l’IA pour l’écriture de son livre mais reconnaît des plagiats par le passé.
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Je ne suis pas contente
Christine AngotAugustin Trapenard a ensuite souhaité entamer son émission par le sujet du rapport des jeunes à la lecture. Après avoir questionné le comédien Guillaume Gallienne, il se tourne vers Christine Angot. «Comment vous faites lire les adolescents ?», interroge-t-il. Après une brève hésitation, l’écrivaine explique : «Je n’ai pas envie de parler de ça. Parce que je ne suis pas contente». «Pas contente de ?», lui demande de préciser le présentateur. «De ce que vous avez dit tout à l’heure», indique Christine Angot.
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Un débat sur l’intelligence artificielle échauffe les esprits
Christine Angot reproche une complaisance de traitement sur le cas Thélyson Orélien. «L’intelligence artificielle, ça serait “oui bon ça va”», remarque la membre du jury du prix Goncourt. «Ah, non, ce n’est pas ce que j’ai dit. J’ai repris la dépêche de l’AFP», tempère Augustin Trapenard. S’ensuit un échange intense entre le présentateur et l’écrivaine. «Non, ça ne va pas», s’exclame Christine Angot. «Qu’est-ce qui ne va pas ?», demande Augustin Trapenard. Selon Christine Angot, l’arrivée de l’intelligence artificielle en littérature est «une attaque contre les écrivains et les écrivaines. Ce n’est pas juste, comme ça “ah tiens, pourquoi pas”». «Ce n’est pas ce que j’ai dit, on est d’accord ?», tente de certifier le journaliste. «Non, c’est moi qui le dis».
C’est bien des écrivains que je reçois
Augustin TrapenardDans ce passage de l’émission, Christine Angot répète à plusieurs reprises qu’il s’agit d’ «une attaque». Puis l’écrivaine s’emporte en justifiant sa pensée : «Un livre ça s’écrit avec les mains ou avec un clavier d’ordinateur. Ça s’écrit avec des parties du corps, avec des mains, avec un cœur qui bat, avec des jambes qui tremblent, avec des choses qui passent dans la tête. C’est comme ça que ça s’écrit un livre ! Ce n’est pas un programme sur un ordinateur». Augustin Trapenard temporise la discussion : «Je pense qu’on est d’accord, sinon vous ne seriez pas là autour de cette table. C’est bien des écrivains que je reçois et des corps qui écrivent, Christine Angot, je vous rassure».
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«C’est encore lui faire de la pub. On en peut plus quoi»
La romancière Leïla Slimani enboîte le pas à Christine Angot. «On a tort de penser que la littérature c’est produire du texte. Quand on écrit, on essaye d’atteindre une autre âme, c’est une conscience qui essaye de parler à une autre conscience. On utilise le langage, non pas pour aligner des mots les uns derrière les autres, mais pour ne pas perdre notre humanité», souligne-t-elle.
«Je me réjouis de vos prises de parole ce soir, a estimé l’animateur. Je pense qu’il faut que vous vous exprimiez. Les écrivains on doit les entendre. “La Grande Librairie” est faite pour ça, en direct. Cette séquence des nouvelles littéraires est là justement pour vous faire réagir». «C’est à double tranchant. C’est encore lui faire de la pub. On n’en peut plus quoi», ajoute Christine Angot. «On a bien compris votre positionnement», conclut Augustin Trapenard dans un sourire pour détendre l’atmosphère. Cette émission en direct a déjà été le théâtre d’une séquence polémique, lors de la carte blanche en fin d’émission avec Adèle Haenel le 9 septembre. L’actrice avait dénoncé un «génocide» à Gaza, et France.tv avait supprimé l’extrait du replay.


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