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L’Orne Combattante poursuit sa série de portraits « décalés » des nouveaux maires. À Flers, Jean-François Brisset revient sur son parcours, ses passions, son goût pour la politique
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Par Christophe Rivard Publié le 24 mai 2026 à 5h10
La porte de son bureau s’ouvre avec quelques minutes de retard par rapport au rendez-vous pris. En sortent le nouveau président de Flers Agglo, Jérémy Prévost, le directeur des services, Christophe Alligné, son adjoint.
Il est vrai que la ville de Flers (Orne) et Flers Agglo travaillent dans les mêmes locaux, et ce sera la même chose quand ils seront installés au château. « Vous voyez, on travaille ensemble », sourit Jean-François Brisset, nouveau maire de Flers. « Ce qui compte avant tout, c’est l’intérêt des habitants ».
« L’histoire médiévale et l’histoire grecque m’ont toujours passionné »
Parce que Jean-François Brisset est né à Flers en 1970 et y est attaché. Il y a fait toutes ses études, allant de Sainte-Marie au Petit Sem et à Notre-Dame, où il obtient un Bac B (sciences économie), avant de partir vers Caen (Calvados) pour étudier l’Histoire.
Là, j’ai trouvé des études qui m’intéressaient d’avantage. Et une rigueur de recherche et de formulation parce que la Fac d’histoire était à l’époque assez sélective. Notamment pour avoir certaines valeurs.
L’étudiant a commencé une maîtrise en histoire moderne « mais j’avoue que l’histoire médiévale et l’histoire grecque m’ont toujours passionné. L’histoire médiévale avec le duché de Normandie, l’Angleterre, les Normands de la Sicile… ».
Et, comme beaucoup de jeunes hommes de l’époque, il n’a pas eu le temps de la terminer. Il a dû effectuer son service militaire. « Et après, il a fallu que je passe le concours, parce qu’il fallait faire bouillir la marmite. »
Jean-François Brisset a donc passé son Capes d’histoire-géographie en externe en 1996 « que j’ai eu. C’est la première fois que j’ai eu un concours du premier coup ! » Un concours qu’il a passé en même temps qu’un certain Frédéric Leveillé, maire d’Argentan jusqu’à ces derniers mois.
Fraîchement diplômé, il est nommé à Saint-Lô (Manche), Falaise et « assez rapidement », je suis revenu à Flers au collège Jean-Monnet. « C’était l’année du voile. »
Ce qu’il garde de cette expérience ?
Pauvres gamins. Des pauvres gamins qui se trouvent coincés entre deux injonctions. Après, on pourra dire plein de choses, être pour ou contre le voile. Mais toujours est-il qu’au milieu, il y avait deux gamins qui étaient un jouet.
Jean-François Brisset arrive enfin à Athis-de-l’Orne, en 2000, poste qu’il occupe toujours et partage avec Briouze. Notons que depuis la rentrée des vacances de printemps, il a laissé ce deuxième poste.
« Et à la rentrée prochaine, je ne ferai plus que trois demi-journées à Athis, ce qui me laissera le temps de me consacrer pleinement à la mairie. Ce que je fais déjà, mais avec des nuits plus courtes et des allers-retours ».
« J’ai toujours été intéressé par la politique »
Ce, d’autant plus qu’il y a toute la partie « apprentissage » du nouveau maire, et qu’il ne dispose pas encore de directeur de cabinet. « Je suis obligé de faire beaucoup de choses par moi-même. Et puis, tout le monde veut me voir. Surtout par curiosité, je pense ».
Aujourd’hui, Jean-François Brisset est donc maire de Flers. Une candidature qu’il a mûrement réfléchie.
« J’ai toujours été intéressé par la politique. Je me souviens encore du 10 mai 1981 [N.D.L.R. : élection de François Mitterrand à la présidence de la République] et des réactions de mes parents, même si j’avais 11 ans à peine. Et puis, les discussions avec les copains à Notre-Dame avec qui je n’étais pas d’accord. Il y a peut-être une petite culture de la contradiction, chez moi. » Toutefois, il n’a jamais milité.
J’aime bien discuter politique avec des amis, qu’ils viennent du monde professionnel ou pas, qui sont du même bord ou pas.
Reste qu’on peut aimer discuter politique sans l’appliquer. Mais « je voulais me mettre au service d’une ville où j’ai toujours vécu. Aussi parce que j’ai une tournure d’esprit qui me fait dire que, quand on veut que les choses changent, il faut se retrousser les manches, que la critique est facile, mais l’action est difficile ».
Le scoutisme, pilier de l’homme
Une envie et une culture qui viennent, selon lui du scoutisme dans lequel il a évolué dès son plus jeune âge. Il a même été chef scout et c’est là « que j’ai le plus appris. C’est même là que j’ai les meilleurs souvenirs. » C’est aussi là qu’il fait une rencontre importante avec Jean-Pierre Briard.
« Lui était instit dans une école laïque tandis que son épouse, Marie-France, l’était à Condé dans une école catholique. L’idée, dans le scoutisme, c’est de se mettre au service des autres. Quand on va camper, on demande aux enfants de rendre service à l’agriculteur qui nous reçoit. Ça mobilise les jeunes et ça les lance dans un projet qui les dépasse. Et on voit que donner des responsabilités aux gens, c’est tout ce qu’ils demandent ».
Jean-François Brisset est donc professeur d’histoire-géographie. Et, parmi ses élèves, il a rencontré un certain Guillaume Martin-Guyonnet. Il en garde un souvenir très précis :
Un élève brillant et sympathique. D’ailleurs, je pense qu’il est resté comme ça : simple d’accès. Il est d’ailleurs revenu plusieurs fois au collège et les gamins l’adorent. Il va les voir, il discute avec eux, ils prennent des photos. Il joue vraiment le jeu. Et c’était un élève brillant.
De Schubert à Feu ! Chatterton en passant par Juniore
Côté passions, le nouveau maire de Flers reste simple. Le jardinage, le bricolage, la lecture et la musique. « Mais j’ai mis tout cela entre parenthèses ces dernières semaines », remarque-t-il avec un sourire.
Concernant le jardinage, Jean-François Brisset se cantonne au jardin d’agrément. « Le potager, j’ai essayé, mais ce n’est pas terrible. » Quant à la lecture, « ce sont des livres qui tournent autour de l’Histoire. Je ne lis pas beaucoup de romans, parce que j’en ai ni le temps ni le goût. Mais j’aime beaucoup les livres, j’aime aller dans les librairies ».
Côté musique, le nouveau maire de Flers est éclectique. « Ça peut être des lieds de Schubert. Mais j’ai aussi une playlist. Par exemple, en ce moment, j’écoute en boucle Juniore. Mais j’aime aussi beaucoup Feu ! Chatterton ». Quant au bricolage, « je fais un peu de tout ».
Des passions compliquées à gérer, mais un agenda bien rempli qui nécessite de décompresser de temps à autre. Pour Jean-François Brisset, ça se passe dans son jardin ou devant sa cheminée. « Avec un bon livre, c’est encore mieux ! Ou avec des amis. »
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