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Après un mois sur le Tour de France, Célia Ollivier est rentrée à Plouaret (Côtes-d’Armor) avec des souvenirs plein la tête… et la sensation de ne plus être la même.
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Par Rédaction Lannion Publié le 23 août 2026 à 9h30
Celle qui rêvait depuis l’enfance d’intégrer la caravane publicitaire du Tour de France dresse aujourd’hui le bilan d’une aventure qui l’a profondément marquée.
« Déconnecté de tout »
« C’était incroyable, c’était mieux que ce que j’imaginais. Je ne suis pas déçue », résume-t-elle avec un sourire qui ne l’a pas quittée depuis son retour.
Je suis rentrée le lundi soir et je ne savais plus quelle journée on était, ni même l’heure. On enchaîne les jours.
« Dans un petit nuage »
Pendant trois semaines, le temps semble s’être arrêté :
On était déconnecté de tout, même de nos téléphones. On ne savait plus rien de ce qui se passait dans le monde.
Une véritable parenthèse : « J’étais dans un petit nuage ».

Des souvenirs dans chaque bidon
Dans ses bagages, Célia n’a pas seulement rapporté des casquettes, des tee-shirts ou des souvenirs du Tour de France. Les objets auxquels elle tient le plus sont ces fameux bidons récupérés auprès des équipes professionnelles :
« J’en ai douze. Chaque bidon a son histoire. » Obtenir ces précieux trophées demandait parfois de la patience : « Pour celui d’EF, on l’a demandé presque tous les jours. C’est un peu une stratégie. Il faut être arrêtés au même endroit que les équipes et choisir le bon moment. »
L’un de ses plus beaux souvenirs reste celui offert par la formation Visma, obtenu grâce à la complicité de son chauffeur, ou encore celui de l’équipe Decathlon, presque remis en main propre par la révélation française Paul Seixas :
Les bidons, c’est trop précieux pour que je les offre. On les gardera en famille.
Des montagnes plein les yeux
Si les objets resteront, ce sont surtout les paysages qui ont émerveillé la jeune Bretonne : « Quand on n’est pas habitué à la montagne, on est émerveillé à chaque étape. Chaque journée était plus belle que la précédente. » L’Alpe d’Huez restera sans doute le souvenir le plus marquant :
Ce qui est fou, c’est l’ambiance. C’est celle du Tour de France par excellence.
Avec des pistolets à eau
Avant l’ascension, les équipes avaient été briefées sur le célèbre virage des Hollandais : « On nous avait prévenus : il fallait rester collés à la nacelle, ne pas sortir les bras. Quand on est arrivés, on a tout de suite compris pourquoi. Les gens étaient euphoriques, ils nous arrosaient avec des pistolets à eau, ils faisaient bouger les véhicules. C’est quelque chose qu’on ne voit nulle part ailleurs. »
Malgré cette ferveur, la sécurité reste omniprésente :
Les gendarmes étaient partout. Tout était fait pour que la fête reste une fête.
« On s’est dit : c’est fini »
Comme la course, la caravane n’est jamais à l’abri d’un contretemps.
À deux reprises, l’équipe de Célia a vu son accréditation retirée, synonyme d’exclusion temporaire du parcours : « La première fois, notre chauffeur avait dépassé une voiture de l’organisation dans une descente. On est sortis du parcours immédiatement et, dans la voiture, on s’est dit : c’est fini. »
L’Alpe d’Huez
La deuxième mésaventure survient dans l’ascension de l’Alpe d’Huez, où un gigantesque embouteillage bloque plusieurs véhicules de la caravane :
Il y avait près de 600 000 personnes. On était immobilisés et les coureurs arrivaient derrière nous. On s’est retrouvés sur le bas-côté sans pouvoir avancer.
L’histoire se termine pourtant bien : « Christian Prudhomme nous a rendu notre accréditation. On nous a raconté qu’il avait simplement dit : Ça se passe comme ça tous les ans. C’est l’énergie du Tour. »
Une grande famille
Au-delà de la course, Célia retiendra surtout l’esprit qui règne sur la Grande Boucle : « L’accueil du public était magique. Dès qu’on m’offrait quelque chose, j’étais presque gênée. Certains de mes collègues se sont même retrouvés chez des particuliers autour d’un barbecue. »
Puis les rencontres se multiplient aussi avec les personnalités du Tour : « On croisait les commentateurs, les journalistes de France Télévisions… Olivia Leray qu’on idolâtrait est presque devenue une copine. À la fin du Tour, elle nous a pris dans ses bras en nous disant qu’elle s’était régalée avec nous. »
Même lorsque les enceintes des caravanes tombaient en panne, l’ambiance, elle, ne retombait jamais :
On chantait a cappella et on faisait des chorégraphies avec le public. On trouvait toujours une solution.
« Plus rien ne me fait peur »
Au-delà des souvenirs, c’est surtout une nouvelle façon de voir la vie que Célia ramène avec elle : « Le Tour m’a appris la gestion des problèmes. Quoi qu’il arrive, il y a toujours des imprévus. Ça ne sert à rien de se créer des problèmes quand on ne peut rien faire. Il faut patienter, profiter de l’instant présent et vivre simplement. »
Une philosophie qu’elle compte désormais appliquer au quotidien : « Tout ce que je vis sur le Tour, on peut facilement le transposer dans la vie de tous les jours. Ça m’a prouvé que j’étais capable de faire plein de choses. Ça m’a donné plus de confiance. Maintenant que j’ai fait le Tour, je me dis que plus rien n’est impossible. Ça, je le pense vraiment. Aujourd’hui, je crois que je suis capable de tout. »
« J’étais soutenue, entourée »
Pour celle qui n’était jamais partie un mois seule avec des inconnus, cette aventure a changé son regard sur elle-même :
Avant, je me fermais des portes. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Même si un jour je ne me sens pas capable de faire quelque chose, je me souviendrai que j’ai fait le Tour de France.
Avant de tourner définitivement cette page, Célia adresse un dernier merci :
« Je remercie tous ceux qui m’ont soutenue. Mes parents, mes proches, mes collègues, tous ceux qui ont suivi mon aventure. J’ai essayé de partager cette expérience avec ceux qui n’auront jamais l’opportunité de faire le Tour, et je n’ai pas été déçue. Derrière moi, il y avait plein de monde. J’étais soutenue, entourée et encouragée. »
Prête pour un autre tour
Et si l’aventure semblait unique, une petite idée commence déjà à germer :
« Un Tour de France, c’est anecdotique. Un deuxième, ce serait historique. Si je pouvais repartir, je repartirais sans hésiter. »
Alina Marin
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