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"Tu l'as fait !" Quelques secondes après la fin du Tour de France qu'il vient de remporter pour la cinquième fois, Tadej Pogacar fond vers Mathieu van der Poel pour le féliciter. Le maillot jaune n'a pas ménagé sa peine sur l'ultime étape qu'il voulait aussi gagner. Grand artificier de cette journée magistrale, rendue à nouveau spectaculaire avec les trois ascensions de la Butte Montmartre, il a rendu les armes dans la dernière ligne droite, quand ce qu'il restait du peloton semblait sur le point de les rejoindre, lui et Mathieu van der Poel.
Mais le Néerlandais ne s'est pas relevé. Au contraire, il est parvenu encore à accélérer. Dans une image impressionnante, qui va rester, avec ce coureur au paroxysme de la souffrance, avec ses muscles saillants qui criaient de douleur et un vélo malmené par cette déferlante de puissance. "C'était si intense, si dur, confirme, le visage encore cramoisi par l'effort, le petit-fils de Raymond Poulidor. J'ai voulu continuer, tenter jusqu'au bout. Je m'attendais à voir une roue me dépasser, mais, à la fin, je n'ai vu qu'un pneu, celui de mon coéquipier Jasper Philipsen."
Son coéquipier belge a célébré pour lui sa victoire, quelques centimètres derrière Mathieu van der Poel, qui n'avait plus la force de lever ne fût-ce que le petit doigt… En roue libre une fois la ligne d'arrivée franchie en vainqueur, il s'est appuyé sur une barrière. Avant de s'écrouler sur les pavés des Champs-Élysées, grimaçant encore de douleur, cherchant à reprendre son souffle, à retrouver ses esprits.
L'ex-boss de Remco Evenepoel: "Sa nouvelle équipe est parvenue à faire ce que nous n'avons jamais réussi""Je voulais vraiment gagner cette étape, a-t-il détaillé un peu plus tard. Cela fait un an que j'y pense. Il y a douze mois, après mon abandon sur maladie sur le Tour de France, j'avais regardé cette étape à la télévision et j'en rêvais depuis."
Le scénario victorieux de son meilleur rival Wout van Aert l'a inspiré. "C'était si intense ces attaques dans Montmartre, nous étions un solide groupe (NdlR : avec Pogacar, mais aussi Remco Evenepoel et Mads Pedersen) après le deuxième passage avant de partir lors de la dernière ascension à deux avec Pogacar. Pour qui j'ai énormément de respect. Il me reste quelques courses encore à gagner dans ma carrière et celle-ci en faisait partie."
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