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Documenter sa démission sur TikTok, être victime de ghosting par les employeurs ou revoir les tenues vestimentaires pour le boulot… Ces différents phénomènes ont fait leur apparition depuis l'arrivée des membres de la Gen Z dans le monde du travail.
S'ils tentent de changer certaines habitudes et bousculer les "codes", un nouveau comportement émerge désormais : vouloir manger seul à midi. Si ce rendez-vous quotidien était longtemps considéré comme "un pilier de la sociabilité au travail", le lunch serait désormais vécu "comme une injonction sociale, parfois très anxiogène", indique Le Monde.
La Gen Z concernée
Et ce phénomène toucherait principalement les vingtenaires. Interrogés par Le Monde, plusieurs jeunes employés ont témoigné de leur envie de manger seul à l'heure de midi, plutôt qu'avec leurs collègues. Cette volonté s'explique par diverses raisons : l'anxiété sociale, le manque de convivialité, éviter le jugement des autres, ne pas vouloir participer aux commérages, la peur de ne pas créer de sujets de conversation, l'angoisse du small talk (ou conversation légère) ou la crainte de se ridiculiser.
La Gen Z se justifie par le fait de vouloir passer des moments en solitaire, appeler des proches, regarder une vidéo ou scroller tranquillement sur les réseaux sociaux, mais aussi pour profiter d'un midi ensoleillé dans un parc au calme.
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Mais certains managers ne comprendraient pas ce phénomène. "Bah alors, tu ne veux pas nous voir ?", raconte une employée. "Le patron, qui mangeait avec nous, était le roi du monde… Tous avaient limite peur de lui et riaient mécaniquement à ses blagues. On était ses bons petits soldats, même à table. J'avais l'impression d'être en 1960", confie-t-elle. La vingtenaire a rapidement compris que manger seule n'était pas inscrit dans l'esprit de l'entreprise.
Le quotidien français explique qu'elle s'est donc forcée à prendre les pauses en groupe, mais témoigne tout de même d'une difficulté à s'adapter, "surtout quand la gêne et la timidité s'emparent d'elle". "Ma seule heure de pause de la journée, je la passais à ne rien dire et à les regarder discuter entre eux", ajoute-t-elle.
Quelques mois plus tard, ils ont mis fin à leur collaboration. "Je crois surtout qu'on me reprochait de ne pas faire comme tout le monde. Cette rupture est un soulagement. Je préfère galérer un peu financièrement plutôt qu'être fliquée et avoir l'impression de perdre ma liberté", affirme la jeune femme.
Voici 3 conseils pour se défaire du "quiet cracking", un phénomène mondial qui impacte les employésBesoin de réguler le niveau de stimulation
Pour Christophe Nguyen, psychologue du travail et des organisations, ce réflexe ne serait pas anodin. "La pause déjeuner n'est pas toujours vécue comme un moment social 'naturel'. Pour certains jeunes, c'est un temps de récupération psychologique, notamment dans un contexte de forte sollicitation cognitive, avec les visioconférences, l'open space et les messageries, émotionnelle ou collaborative. Manger seul permet donc de réguler le niveau de stimulation. Se mettre à l'écart n'est pas fuir, mais se préserver", explique-t-il au Monde.
Selon une enquête française sur les habitudes de pause déjeuner en entreprise, sur 1 000 salariés interviewés, 29 % de moins de 25 ans et 22 % des 25-34 mangeraient systématiquement seuls, contre 16 % des 35-49 ans et 12 % des plus de 49 ans. Et cette tendance se montre également sur les réseaux sociaux où de jeunes employés se filment en train de déjeuner seul, dans un parc ou encore dans leur voiture.
Une étude alerte sur une machine à café utilisée dans les entreprises: "Cela peut avoir un impact sur votre santé""Ce n'est pas de l'individualisme, mais une autre façon d'envisager le travail où préserver sa santé mentale passe avant le reste", explique Christophe Nguyen. "Là où les générations plus anciennes ont longtemps fait du déjeuner un rituel d'appartenance, les plus jeunes revendiquent davantage d'étanchéité entre les sphères", conclut-il.
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