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Par Le Figaro avec AFP
Le 17 mars 2026 à 12h24

Cette loi impose des conditions strictes pour la stérilisation, excluant les femmes en bonne santé ou sans enfants. Des femmes ne souhaitant pas d’enfants se sont plaintes.
Passer la publicité Passer la publicitéUn tribunal de Tokyo a considéré mardi qu'une loi japonaise restreignant considérablement l'accès des femmes à la stérilisation - une méthode de contraception - manquait de «rationalité», un «pas en avant» salué par les plaignantes. La cour n'a toutefois déclaré ni illégal ni inconstitutionnel le texte sur la «protection de la maternité», en vigueur depuis plusieurs décennies au Japon, pays connaissant aujourd'hui une crise de la natalité. Le tribunal n'a ainsi pas donné raison aux cinq plaignantes qui estimaient que la loi leur refusait le droit à l'autonomie physique. Selon le texte, une femme doit avoir plusieurs enfants et être en mauvaise santé, ou être en danger de mort du fait de sa grossesse, pour être éligible à une stérilisation - une forme de contraception permanente. Il lui faut toutefois aussi obtenir le consentement de son époux.
Il est ainsi interdit aux médecins de pratiquer cette intervention sur des femmes sans enfants et en bonne santé, comme Kazane Kajiya, plaignante de 29 ans ne souhaitant pas avoir d'enfants. Le juge Masahiro Kamano a déclaré que les femmes bénéficiaient d'une «liberté de contraception garantie» par la Constitution et pouvaient «décider d'éviter une grossesse, sans interférence de la part d'État». Mais la stérilisation n'est qu'un moyen de contraception parmi d'autres, a-t-il dit, affirmant «difficile de conclure que bénéficier d'une stérilisation est essentiel».
«C’est une décision historique»
Néanmoins, son accès restreint «manque de rationalité», a observé le magistrat, appelant à davantage de débats à ce propos. «C'est une décision historique», a dit Kazane Kajiya à des journalistes, alors qu'elle déployait avec d'autres personnes une banderole à l'extérieur du tribunal pour saluer le verdict, un «pas en avant». La Japonaise s'était rendu à l'âge de 27 ans aux États-Unis pour se faire retirer ses trompes de Fallope. Avec cette décision, «je peux dire que je n'ai rien fait de mal», a-t-elle déclaré.
Elle a toutefois promis de continuer son combat contre la loi, «qui stigmatise les femmes choisissant de ne pas avoir d'enfants et les fait se sentir coupables» de ce qu'elles veulent «faire de leur corps». Le principal avocat des plaignantes, Michiko Kameishi, s'est dit globalement satisfait de la décision, tout en disant regretter que le tribunal n'ait reconnu la stérilisation que «comme un simple moyen de contraception».


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