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ENTRETIEN - Le champion du monde de 1998 a relevé les défis du jeu d’aventure présenté par Cyril Féraud sur France 2. Une première expérience qu’il n’est pas près de renouveler.
«Fort Boyard» peut mettre les nerfs de ses candidats les plus valeureux à rude épreuve. Emmanuel Petit en a fait l’expérience dans l’épisode du jeu d’aventure présenté par Cyril Féraud diffusé ce jeudi 27 août sur France 2. Le champion du monde participait pour la première fois au programme anciennement animé par Olivier Minne.
Et pourtant, les équipes de production de l’émission ont vu en lui le chef d’équipe idéal. Avec ses compagnons d’aventure, les chanteurs Priscilla Betti et Gwendal Marimoutou, les humoristes Moguiz et Ana Godefroy, et le représentant des téléspectateurs Théo, l’ancien sportif de haut niveau a relevé les défis du fort dans le but de récolter un maximum d’argent pour les associations Les P’tits Cœurs, Médias & Handicaps et l’Association Huntington France, qui lui tiennent particulièrement à cœur.
TV MAGAZINE. - Pourquoi ne participer à «Fort Boyard» que maintenant ?
Emmanuel PETIT. - Ça faisait pas mal d’années que la production de «Fort Boyard» me proposait de faire l’émission. Mais pour de multiples raisons, je n’ai jamais eu la possibilité de le faire. À chaque fois, les périodes de tournage tombaient toujours à des moments où je n’étais pas disponible. Avec mon copain Dédé, Passe-Partout (André Bouchet), ça fait longtemps qu’on se connaît. À chaque fois, il me demandait de venir et je lui disais que j’avais pas mal d’obligations professionnelles. Comme je suis quelqu’un qui voyage beaucoup, c’est difficile de calibrer les tournages. Mais là, comme j’avais, avant la Coupe du monde, la possibilité de le faire, je l’ai fait. Ça s’est fait naturellement, même s’il y avait un peu d’appréhension de ma part.
Pourquoi de l’appréhension ?
Parce que je déteste les araignées, les serpents, tous ces trucs-là. Je n’en menais pas large. Je pense qu’on m’a proposé d’être chef d’équipe pour une première participation en raison de mon leadership qui montre aux autres que je suis prêt à relever les défis. Même si les araignées ne sont pas du tout mon truc.
Aviez-vous l’habitude de regarder «Fort Boyard» ?
Pour être honnête, je n’ai pas beaucoup de temps pour regarder la télévision. Mais oui, ça m’est arrivé. Le jeu a beaucoup changé, évolué. Il y a beaucoup de nouvelles épreuves qui apparaissent en permanence. J’étais très curieux et un peu fasciné par le fort. J’ai beaucoup aimé l’approche, on a vraiment l’impression qu’on est des galériens. On arrive dans un endroit où personne ne peut venir vous aider. Il faut se mettre tout de suite dans la peau d’un compétiteur parce que ce sont des choses qu’on ne maîtrise pas. Ils vous réservent toujours quelques surprises. C’est assez spartiate quand on va là-bas. On ne sait jamais qui va être choisi pour faire telle épreuve.
Vous avez choisi de jouer pour trois associations. Pourquoi celles-ci ?
Ça fait longtemps que je suis le parrain de l’association Huntington qui est une maladie dégénérative neurologique. J’ai même enterré un ami touché par cette maladie il y a quelques semaines, avant la Coupe du monde, à Reims. Après, il y a l’association Médias & Handicaps. Ce sont des personnes frappées d’un handicap extrêmement lourd. Ça fait longtemps également que je les accompagne. Et puis la troisième, Les P’tits Cœurs, même si j’ai la phobie des araignées, des insectes et de tous ces trucs-là, j’adore les animaux et je suis extrêmement proche, notamment, de nos amis à quatre pattes. J’ai toujours eu des chiens. Je ne pouvais pas choisir entre les trois. Je sais que ce n’est pas quelque chose de commun à «Fort Boyard», mais pour moi, c’était important de pouvoir mettre ces trois associations à l’honneur puisque ça fait longtemps que je suis impliqué avec elles.
Ça a été assez compliqué d’avaler ce que je mangeais
Emmanuel PetitComment vous avez réagi en découvrant les autres membres de votre équipe ?
La plupart, je ne les connaissais pas. Je dois vous avouer que je ne suis pas un adepte du «scroll» ou des réseaux sociaux. Je suis de l’ancienne génération donc je ne connaissais pas la plupart des gens. On s’est rencontrés la veille à l’hôtel et ça a été l’occasion justement de faire leur connaissance. Ils avaient beaucoup d’énergie, beaucoup de gentillesse et de volonté de bien faire. C’est toujours agréable de voir des gens hors contexte dans des situations qui les poussent à certaines limites. J’ai trouvé que l’équipe avait répondu présente, même si on est déçu sur certaines épreuves parce qu’on aurait pu faire mieux. Avec l’énergie que l’on a mise, la volonté, la détermination... Si le tournage avait duré plusieurs jours, je pense qu’on aurait pu aller encore plus loin dans les relations et se comprendre davantage. Globalement, j’étais plutôt content, même ravi de voir à quel point les personnes étaient impliquées.
Quelle épreuve vous a donné le plus de fil à retordre ?
Je pensais vraiment que ça serait les animaux, les serpents, les araignées et franchement, ça ne m’a pas dérangé. En revanche la nourriture de Willy Rovelli... Beurk ! Quand je pense que j’ai mangé de l’utérus de truie, c’est immonde, c’est dégueulasse. En plus, l’autre parle, il n’arrête pas de vous énerver. Vous n’avez qu’une envie, c’est de lui en coller une. Vous avez beau vous concentrer, ce n’est ni fait ni à faire. Ça a été assez compliqué d’avaler ce que je mangeais.
Vous avez aussi fait un tour dans la tête voyageuse...
À chaque fois qu’on arrivait devant une porte et qu’on nous exposait un petit peu l’épreuve, j’imaginais toujours des araignées, des serpents, des trucs derrière. Évidemment, il fallait que ça tombe sur moi aussi. Bizarrement, je m’en suis plutôt bien sorti sur cette épreuve, alors que je déteste être ceinturé, d’avoir l’impossibilité de bouger. En plus, la préparation est assez longue, vous êtes immobilisé, on vous met la tête dans quelque chose de vitré. Et puis on vous fait passer dans différents endroits avec des insectes, pas mal de trucs qui viennent sur votre tête. Étonnamment, je m’en suis plutôt bien sorti. J’ai essayé de me conditionner mentalement quand ça devenait trop compliqué, comme avant un match.
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Les épreuves vous ont-elles paru difficiles ?
J’ai été emprisonné et je vous avouerais que j’ai un genou droit qui est en très mauvais état et à certaines épreuves, il a fallu que je serre les dents, notamment celle où je suis suspendu dans les airs et ça tremble tellement que je n’avais pas d’appui. Là, je me suis rendu compte que j’étais un peu à la ramasse sur le plan physique. Mais sinon, les épreuves sont plus difficiles sur le plan mental. Si vous arrivez à vous maîtriser et vous concentrer simplement sur l’objectif, vous enlevez pas mal de paramètres qui sont négatifs. Comme les épreuves sont relativement courtes à chaque fois, il faut absolument ne jamais perdre de vue justement son objectif, parce que vous perdez de l’énergie et du temps à penser à autre chose qui ne sert à rien.
Diriez-vous que votre passé de sportif vous a aidé ?
Oui, ça m’a permis, et encore aujourd’hui, de pouvoir mettre en place des mécanismes assez rapides sur le plan mental. Je l’ai fait sur toutes les épreuves.
Avant de faire «Fort Boyard», vous avez participé aux «Traîtres» sur M6. Quel programme rêvez-vous de faire ensuite ?
Je suis un peu «old school». J’ai été élevé avec les vachettes dans «Intervilles», Guy Lux et compagnie. Je trouvais que c’était sympathique à cette époque-là. J’aimais bien ce jeu. Je ne sais pas pourquoi, mais cette compétition entre les villages de France, c’était sympa. Il y avait une bonne ambiance, une bonne humeur avec des gens emblématiques de la télé. On sentait vraiment que tout le monde adhérait à ce jeu-là. C’était une réunion populaire, conviviale, où tout le monde était là pour prendre du bon temps. C’était bon enfant et le monde a beaucoup changé. Je ne vais pas dire que les jeux aujourd’hui ne sont pas bien, mais j’aimais bien certains jeux qui se faisaient avant.


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