La Hayward Gallery est une icône adulée ou détestée de la skyline londonienne. Utopie issue des rêves fiévreux de l’aventure architecturale en béton brut des années 1960, ce combinat culturel emblématise l’éthos radical de cette époque: architecture sur dalle, volumes en porte-à-faux et à redents produisant des terrasses et des circulations labyrinthiques. On cherchait alors à exprimer une civilisation dominée par les machines, à défendre la sincérité des matériaux, tout en créant des «rues dans le ciel» pour reprendre la formule du théoricien britannique Reyner Banham. En fin de journée sur les bords de la Tamise, lorsque les derniers rayons illuminent le béton gris taupe d’une teinte orange incendie, le bâtiment évoque presque la forteresse d’une saga de science-fiction de Frank Herbert.
Les mêmes lueurs agissent sur September, deux grands panneaux multicolores peints par Renée Levi, qui dialoguent avec la «meurtrière» de la façade ouest de la Hayward Gallery jusqu’au 15 novembre. Le diptyque monumental extérieur de respectivement 6 m sur 12 et 4 m sur 14,50 a été produit dans le cadre du programme nomade d’art contemporain Audemars Piguet Contemporary lancé en 2012.


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