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« J’ai réglé l’amende en deux minutes depuis mon canapé, le SMS me laissait jusqu’à minuit » : personne ne m’avait prévenu que l’argent n’irait jamais à l’administration

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Deux minutes montre en main, carte bancaire à portée de main, écran du salon allumé. Le SMS annonçait une amende majorée à régler « avant minuit » sous peine de poursuites, et l’expéditeur avait signé avec le sigle de l’agence chargée des infractions routières. Le paiement est passé sans accroc. Ce que le message ne disait pas : cet argent n’a jamais atteint la moindre caisse publique.

Ce scénario se répète des milliers de fois par jour en France. Cybermalveillance.gouv.fr constate des vagues importantes de messages frauduleux, mail et SMS, qui usurpent l’identité de l’Agence nationale de traitement automatisé des infractions et du service de paiement en ligne des amendes. Le procédé porte un nom technique, le smishing, l’hameçonnage version texto, mais son efficacité tient à un ressort psychologique très simple : personne n’aime l’idée d’une amende qui grimpe.

À retenir

  • L’ANTAI n’envoie jamais d’avis de contravention par SMS, uniquement par courrier postal recommandé
  • Les faux SMS proposent des liens cliquables vers de faux sites officiels pour voler les données bancaires
  • Le délai d’urgence et le ton alarmiste des messages frauduleux ne correspondent à aucune procédure administrative réelle
  • Vérifier un avis d’amende exige le numéro de télépaiement figurant sur l’avis papier, jamais accessible par SMS

Sommaire

  1. Un message qui n’existe pas dans la vraie procédure
  2. Le faux site imite l’officiel à s’y méprendre
  3. Vérifier avant de payer, réagir si c’est déjà fait

Un message qui n’existe pas dans la vraie procédure

Voilà le point que l’ANTAI répète depuis des mois sur son propre site. Ceux de l’ANTAI doivent provenir de l’adresse [email protected]. Un SMS, quel qu’il soit, ne fait pas partie des canaux utilisés par l’agence. Pour information, l’ANTAI n’envoie jamais de SMS. Un agent verbalisateur ne réclame jamais un paiement immédiat par ce biais.

L’avis de contravention, le vrai, prend un chemin bien plus lent. L’ANTAI envoie les avis de contravention exclusivement par courrier postal recommandé ou lettre simple, un avis papier contenant le numéro d’immatriculation, la date et l’heure précises, le lieu exact, la nature de l’infraction, le montant, le numéro de télépaiement et les délais de paiement ou de contestation. Rien de tout cela n’arrive par texto, jamais en urgence, jamais avec un lien à cliquer séance tenante.

Le décompte à rebours, lui, ne repose sur aucun texte réglementaire connu. Aucune trace d’un délai de ce type dans les procédures publiques consultées. La seule chose certaine, c’est que la menace d’une majoration déclenchée par un simple SMS ne correspond à aucune règle affichée par l’administration.

Le faux site imite l’officiel à s’y méprendre

Le lien renvoie vers une page qui copie les couleurs, le logo, parfois jusqu’au vocabulaire administratif du vrai portail. Ce message incite à suivre un lien qui amène sur un site d’apparence officielle où on demande des informations personnelles et des coordonnées de carte bancaire. L’objectif ne varie jamais.

L’objectif des cybercriminels est de dérober les informations personnelles et bancaires pour en faire un usage frauduleux. Les données saisies ne s’arrêtent pas au premier escroc. Sur le site internet frauduleux, les informations personnelles saisies par la victime sont récupérées par les escrocs qui pourront les utiliser directement ou même les revendre à d’autres cybercriminels, par exemple pour mener d’autres types d’escroqueries, des tentatives d’usurpation d’identité ou des fraudes au faux conseiller bancaire. Une carte bancaire compromise une fois peut resservir des mois plus tard, sous une forme totalement différente.

Trois signaux trahissent presque toujours l’arnaque : un ton alarmiste absent des vrais courriers, un montant flou ou étrangement précis, et surtout la présence d’un lien cliquable. Aucun avis de contravention électronique authentique ne contient de lien frauduleux cliquable, la consultation ou contestation se fait uniquement via les sites officiels. Un site sérieux ne presse jamais son usager de cliquer dans la minute.

Vérifier avant de payer, réagir si c’est déjà fait

La méthode tient en un seul geste. Ne jamais suivre le lien reçu, mais ouvrir soi-même son navigateur et taper l’adresse officielle. Le paiement des amendes se fait sur amendes.gouv.fr, le paiement du stationnement sur stationnement.gouv.fr, et la consultation ou contestation des amendes sur antai.gouv.fr. Sur ces plateformes, une seule information permet de vérifier un dossier réel.

Sur le vrai site, le paiement exige le numéro de télépaiement et la clé qui figurent sur l’avis papier ou sur son fichier PDF. Pas d’avis reçu par courrier, pas de numéro de télépaiement ? Il n’y a tout simplement rien à payer.

Le signalement, lui, se fait sur une plateforme nationale prévue à cet effet. Depuis plusieurs mois, des SMS, courriels ou courriers frauduleux proposent de régulariser ou contester des amendes impayées sur de faux sites administratifs en collectant illicitement des données personnelles ou des coordonnées bancaires ; il est possible de signaler le site internet frauduleux sur www.internet-signalement.gouv.fr et de transférer le message SMS au numéro 33700, la plateforme de signalement des spams vocaux et SMS. Ce réflexe, même sans avoir cliqué ni payé, aide à faire bloquer les numéros émetteurs par les opérateurs.

Et si le paiement a déjà été effectué ? La priorité absolue reste de contacter sa banque sans attendre pour faire opposition et signaler l’opération comme frauduleuse. Demandez à votre banque le remboursement d’éventuelles opérations frauduleuses. Chaque jour compte : plus la démarche traîne, plus il devient difficile de prouver que le paiement n’était pas volontaire.

Un chiffre à garder en tête avant de se sentir seul face à l’écran : selon les données de recherche observées ces derniers mois, les requêtes autour des faux mails et SMS de l’agence se comptent en milliers chaque mois en France, signe que la fraude tourne à plein régime et touche aussi bien les conducteurs pressés que les plus prudents.

Sources : selectra.info | cybermalveillance.gouv.fr

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