Language Selection

Retrouvez votre bien-être dans ces temps dure sur Terre , Essayez le MedBed Quantique!
Cliquez ici pour réserver votre séance

Famille et pour toute la Famille avec Le Medbed Quantique® Orgo-Life® une technologie du Canada

Advertising by Adpathway

         

 Advertising by Adpathway

J'ai lu l'autobiographie d'Ophélie Winter et ça m'a redonné la foi

3 week_ago 18

         

NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life®

  Publicité par Adpathway

Nous arrivons à l'épisode 6 de cette série et je sais ce que vous vous dites: de Julien Lepers à Didier Barbelivien en passant par Michel Sardou, pourquoi ne s'être plongé que dans les mémoires de vedettes masculines? La réponse tient en plusieurs points. Tout d'abord, c'est réellement en arpentant au hasard les rayonnages de bouquineries que j'ai choisi mes lectures; or je suis tombé sur une majorité écrasante d'autobiographies écrites (ou coécrites) par des hommes.

Cette tendance peut d'ailleurs interroger: est-ce là une anomalie statistique? Les maisons d'édition ont-elles davantage tendance à accorder leur confiance (et à faire des chèques) à des hommes? Ou ceux-ci sont-ils tout simplement plus nombreux à avoir l'audace de croire que raconter chaque détail de leur existence va susciter l'intérêt du public? Mystère.

NEWSLETTER

Recevez le meilleur de Slate directement dans votre boîte mail.

Il y a une autre façon d'expliquer pourquoi, jusqu'ici, cette série était monopolisée par les hommes. Pour employer le jargon des médias audiovisuels, les hommes sont souvent de «bons clients». Ils mansplainent à tout-va, ne craignent pas de passer pour de vieux réacs ou pour de gros boomers, n'hésitent jamais à invisibiliser les femmes ou à brandir des propos sexistes en étendard. Dans leurs livres, il y a donc généralement de quoi se moquer et s'indigner, deux des mamelles de cette série de l'été –qui sait aussi être tendre.

Les célébrités féminines, elles, prêtent tellement le flanc à la critique qu'il semble plus malvenu de les dézinguer à la moindre énormité. Attendues au tournant, elles sont sans cesse ramenées à leur physique, et lorsqu'elles ont le culot d'émettre une opinion, elle se font au mieux traiter d'idiotes, quand elles ne reçoivent pas des pelletées d'injures sexistes voire de menaces de violences. Aucune n'a donc besoin qu'un quadragénaire chauve de plus vienne s'en prendre à elles.

Ravages de la surécriture

Mais voilà: je suis tombé sur l'autobio d'Ophélie Winter et je n'ai pas pu résister. Il faut me comprendre: quand le titre «Dieu m'a donné la foi» est sorti, j'avais 11 ans. Je suis alors tombé en pâmoison devant son interprète. Bizarrement, je n'ai pas acquis le CD 2 titres de cette chanson, me contentant de visionnages multiples de son clip sur M6. En revanche, un an plus tard, je cassais ma tirelire pour me procurer le single «Le feu qui m'attise», pas le meilleur morceau de la chanteue, mais que voulez-vous: on ne fait pas toujours les bons choix, surtout à cet âge-là.

C'est donc en ex-fan transi que je me suis attaqué à Résilience, dont il est clairement indiqué qu'Ophélie Winter l'a écrit en collaboration avec une certaine Pauline Bonnefoi. C'est d'ailleurs le principal reproche que l'on peut faire au livre, même s'il est tout à fait judicieux de la part de la chanteuse d'avoir choisi d'être accompagnée dans cet exercice –et de ne pas chercher à le dissimuler, contrairement à tant d'autres–: on n'y retrouve jamais vraiment le ton et la gouaille de l'interprète de «Shame on U».

À travers son rapport à sa mère, ancien mannequin obsédée par le physique et la féminité, c'est son rapport à son genre et à son statut de fille qu'Ophélie Winter interroge régulièrement.

Une simple phrase croisée dès la deuxième page suffit à résumer le style pas très winterien de Résilience: «Pour rendre possible cet avenir idyllique, je dressai à dix-huit ans un plan quinquennal», écrit le tandem Winter-Bonnefoi. Alors certes, quand Vincent Lagaf' écrit comme il parle sur 432 pages, sans jamais faire le moindre effort, c'est très très long et très très très irritant. Mais entre cela et le ton artificiellement soutenu de l'autobiographie d'Ophélie, il y a sans doute un juste milieu plus raisonnable.

Le pantin de sa mère

Cette surécriture a au moins l'avantage de rendre le propos clair et d'éviter les fautes de goût. Dans son ensemble, Résilience est un livre de bonne tenue, qui fait preuve d'une efficacité certaine pour dépeindre les nombreux revers de la célébrité. Pour Ophélie Winter, cela commence très en amont, lorsque dès le plus jeune âge, sa mère lui fait courir les castings et les plateaux afin d'en faire une enfant-star. C'est l'histoire d'une emprise, dont la chanteuse prend heureusement conscience peu à peu. Elle finira d'ailleurs par arriver à s'extirper des griffes maternelles, ce que d'autres jeunes idoles ont eu bien plus de mal à faire –une pensée pour Britney Spears, qui vient d'annoncer l'arrêt de sa carrière après bien trop d'années à performer contrainte et forcée.

Rien ne va dans l'enfance d'Ophélie, élevée avec son frère par une mère qui vit au-dessus de ses moyens et qui tente de donner le change au sein d'une société neuilléenne qui la fait rêver. «Je vis émerger de la soupe épaisse les deux antennes d'un cafard, écrit-elle. Ma mère se tut un instant, interdite, puis reprit avec brusquerie: “Oh! C'est bon! Ça ne va pas vous boucher le trou de balle!” Et elle dégagea le parasite d'un geste sûr.» L'anecdote est peu ragoûtante mais éminemment représentative de ces faux-semblants dans lesquelles grandirent Ophélie et son frère Mickaël.

À travers son rapport à sa mère, ancien mannequin obsédée par le physique et la féminité, c'est son rapport à son genre et à son statut de fille qu'Ophélie Winter interroge régulièrement: «Je ne me suis jamais sentie féminine. Ma mère insistait pour m'habiller en robe rose, mais je revenais systématiquement de l'école les genoux écorchés et les collants troués, grunge avant l'heure. Je détestais avoir l'air d'une fifille. Dans la cour de récré, j'étais un mercenaire en culottes courtes, capable d'asséner un coup à un gamin pour gagner dix francs.» Ces réflexions reviendront régulièrement dans le livre.

Une fois arrivée à un âge où l'envie de séduire se faire plus forte, la jeune Ophélie souffre de voir son corps ne pas de développer comme elle l'aimerait. Il faudra un déclic psychologique pour que soudain, son physique change enfin… ce que sa mère accueille avec un tact de pachyderme. «Cette année-là, dans la salle à manger de notre appartement, elle me tendit fièrement une carte comportant un collage de photos. Des dizaines de nez découpés dans des magazines, et, au dos, un mot écrit à la main: “Mille francs pour refaire ton nez. Joyeux anniversaire!”» Le nez finira par être effectivement remodelé par un chirurgien esthétique.

L'enfance d'Ophélie Winter, c'est aussi un père un temps starifié, parti aux États-Unis tenter (en vain) une deuxième carrière au lieu de s'occuper de sa famille. Ce sont également les agressions sexuelles infligées année après année par un oncle handicapé mental, puis l'inaction de sa mère une fois au courant des faits et l'impression de ne pouvoir compter que sur elle-même pour assurer son propre avenir et sa propre protection.

Hommes, mode d'emploi?

Vient ensuite le basculement vers l'âge adulte, en plusieurs épisodes: à 16 ans, elle est mise à la porte par une mère décidément bien sous tous rapports, puis à 18 ans, elle rencontre le chanteur Prince, alors âgé de 34 ans, avec qui naît une relation qui durera quatre ans. Ne cherchez pas, c'est légal; il n'empêche que sur le papier, au moment de la rencontre, il est quasiment deux fois plus âgé qu'elle, problématique non abordée dans le livre.

«Ses seize ans d'avance sur moi et sa carrière internationale, qui explosait depuis les années 1980, lui donnaient un recul et une expérience précieuse», écrit-elle simplement. En d'autres endroits, Résilience est un livre plein de recul, mais sur cette question, il ne l'est guère, ce qui peut aussi s'expliquer par l'attirance fréquente d'Ophélie Winter pour des hommes plus vieux. Reconnaissant être un cœur d'artichaut, elle racontera ainsi être tombée amoureuse de Bernard Tapie sur le tournage de Hommes, femmes: mode d'emploi, de Claude Lelouch, et de Bernard Le Coq sur celui de Folle d'elle, de Jérôme Cornuau. De simples crushs, sans concrétisation: les deux Bernard n'en ont apparemment pas profité.

Il n'y a guère besoin d'être devin ou druide pour reconnaître A., ce réalisateur qui connaît bien Jamel Debbouze, Gérard Darmon et plein de gens de chez Canal+.

Sur le plan sentimental, Ophélie Winter nous dit tout. Elle évoque en détails les différents hommes importants qui ont traversé sa vie. En détails mais avec pudeur, à l'image de l'utilisation de leur simple initiale pour les désigner. Certes, qui a suivi –même de loin– l'actualité people des années 1990-2000 sait bien qui se cache derrière C., ce doux rappeur acclamé par le public et la presse intellectuelle à la fois.

Il n'y a pas non plus besoin d'être devin ou druide pour reconnaître A., ce réalisateur qui connaît bien Jamel Debbouze, Gérard Darmon et plein de gens de chez Canal+. Mais l'effort est touchant: on sent que cela relève davantage de l'envie d'être loyale que de la peur du procès. La preuve, elle fait de même pour S., un autre homme important de sa vie, qui n'a pas le statut de célébrité contrairement aux deux précédents.

Dieu lui donna la foi (et le succès)

Ophélie Winter finit par parler de ses années télé et musique, de la coprésentation du Hit Machine (avec Yves Noël, l'un des deux jumeaux vedettes de M6, totalement oubliés aujourd'hui) à l'écriture de «Dieu m'a donné la foi», dont elle signa les paroles avec son frère. Si elle n'est pas créditée, elle affirme cependant avoir sué sang et eau sur le texte, avant de laisser Mickaël prendre les rênes de l'écriture –pour laquelle il n'est pas crédité non plus–: «Je voulais parler de Dieu. Pas pour faire sa pub et remplir les églises, mais pour tenter de capturer en chanson la force qui me portait depuis que j'étais enfant.»

À ce stade de ma lecture, j'ai eu comme une épiphanie. C'est comme si je n'avais jamais réalisé que «Dieu m'a donné la foi» parlait de Dieu et de foi. Peut-être suis-je juste un peu idiot. Ou alors ce sont les paroles n'ont pas fait mouche. Ou alors, justement, c'est que la chanson parvient à délivrer un message si universel que même les non croyants tels que moi finissent par s'ouvrir à ses valeurs. En tout cas, Ophélie Winter a sans doute plus fait pour la religion catholique que bien des hommes d'Église.

S'ensuit une description de la célébrité classique et touchante: un truc démesuré, appréciable par moments mais aussi et surtout source d'angoisses en série. Écrit au moment du confinement, donc avec des années de recul, le livre témoigne d'une forme de soulagement: les grandes années d'Ophélie Winter furent remplies de grand moments, mais ne plus se trouver sur le devant de la scène semble lui faire un bien fou.

Dans tous les cercles et tous les milieux, les hommes osent au nom du sentiment de pouvoir et d'impunité qui les anime. Sur ce sujet, Résilience contient un autre exemple absolument édifiant: celui d'Albert de Monaco.

Les aventures cinématographiques de la chanteuse, généralement pas mémorables bien que ses prestations à elle soient tout à fait honorables –ça n'est ni la meilleure actrice du siècle ni la pire–, lui donnent l'occasion de raconter ce qu'implique le fait d'être une starlette au physique séduisant sur un plateau de tournage. Elle vivra deux expériences similaires avec Claude Lelouch puis avec Gilles Paquet-Brenner (Les Jolies Choses), forcée d'accepter des scènes de baiser qui n'étaient pas prévues dans le scénario.

C'est ainsi qu'elle se retrouve contrainte de rouler des pelles à Bernard Tapie (chez Lelouch) et Marion Cotillard (chez Paquet-Brenner) à de multiples reprises. Même si elle tente de nous rassurer en nous précisant que les deux embrassent bien et que ce n'était pas si désagréable, on se dit qu'il faudrait imposer des contrats précis sur ces sujets, mais aussi une coordinatrice d'intimité sur chaque plateau; tant que les réalisateurs masculins se feront plaisir en imposant tout et n'importe quoi au nom de leur art, les actrices ne seront pas en sécurité.

Dans tous les cercles et tous les milieux, les hommes osent au nom du sentiment de pouvoir et d'impunité qui les anime. Sur ce sujet, Résilience contient un autre exemple absolument édifiant: celui d'Albert de Monaco, croisé à l'occasion des World Music Awards en 1998. Quelque temps plus tard, surprise: «Un jour, ma mère reçut une proposition du Palais de Monaco. Albert me demandait en mariage! J'en suis tombée de ma chaise. Nous nous étions revus quelque fois à Paris, en tout bien tout honneur, mais rien dans nos innocents dîners n'indiquait qu'il allait m'offrir la moitié de sa couronne.»

Arrive alors par fax le contrat de mariage: «Le Palais (pas Albert) me proposait un mariage princier en bonne et due forme, moyennant cinq représentations publiques par an et une liberté négociée: mes quartiers au palais, mon propre appartement à Monaco, la possibilité de continuer ma carrière, et tout le tralala.» Réaction de l'intéressée: «Ma mère est devenue folle quand j'ai refusé. Elle m'aurait vendue à n'importe quel prince pour assurer mon avenir et le sien.»

La vie doberman

Après des années à fasciner les foules et les hommes, Ophélie Winter rentre dans le rang. Elle connait le burn-out, multiplie les crises de névralgie –phases de douleur fulgurante dont elle peine à se relever– et endure une période de paralysie faciale durant laquelle elle n'est plus capable de s'exprimer de façon intelligible. Le constat n'est pas surprenant mais il est néanmoins terrible: son climax physique et artistique étant derrière elle, personne ou presque n'est là pour veiller sur elle et la soutenir –même A., cet artiste si populaire que tout le monde apprécie, n'est pas au rendez-vous lorsqu'elle va mal.

«Il y a des moments où, sans crier gare, la vie vous attrape dans sa gueule de doberman, vous secoue comme un shaker et refuse de lâcher prise, écrit Ophélie Winter en conclusion. Il faut un mental d'acier pour tenir sous les secousses sans perdre la foi en l'avenir.» Le miracle de Résilience, c'est qu'il parvient à nous rendre sensibles à cette trajectoire accidentée –dont elle ne nous raconte d'ailleurs pas tout au motif que l'exercice de l'autobio «n'est pas un concours de cicatrices»– sans pour autant nous bassiner à grands coups de «quand on veut on peut» ou de discours sur la méritocratie.

C'est aussi la première fois de cette série qu'une enfance et une adolescence sont racontées de façon aussi intéressante, non pour flatter l'égo de la personne qui se livre, mais pour dire réellement quelque chose d'elle et de la société dans laquelle elle a grandi –et si c'était lié au genre de ses coautrices? Malgré son ton pas tout à fait adéquat, Résilience est un modèle d'autobiographie, ne cherchant ni l'exhaustivité ni la provoc à deux balles mais délivrant une forme de vérité assez salvatrice. C'est véritablement le genre de livre qui redonne la foi.

read-entire-article

         

        

Une nouvelle Vibration dans le Monde entier avec les Franchise Medbed Quantique®!  

Protéger toute votre famille avec la technologie Orgo-Life®

  Advertising by Adpathway