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Par Mathis Lalande
Publié le 22/10/2026 à 07h00, mis à jour le 22/10/2026 à 09h55

Dans La meute en réseau diffusé sur Téva, l’ancienne ministre et des créatrices de contenus comme Eve Gilles, Miss France 2024, dénoncent le fléau du cyberharcèlement qui vise le plus souvent les femmes.
«Qui a envie de cette vie-là ?». En France, 82% des victimes de faits de cyberharcèlement sont des femmes. Marlène Schiappa, ex-secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, témoignage de son calvaire dans le documentaire La meute en réseau, diffusé le jeudi 22 octobre à 21 heures sur Téva. «J’ai été menacée de mort tous les jours de ma vie pendant près de 7 ans, du matin au soir, y compris la nuit», explique la femme politique au début du documentaire réalisé par Marion Vaqué-Marti.
Dénigrements ininterrompus , tombereaux d’insultes, menaces de mort et de viol… Ici, ce sont quatre femmes qui prennent la parole sur le sujet des violences psychologiques répétées et systématiques qu’elles ont endurées sur les réseaux sociaux. Aux côtés de Marlène Schiappa, plusieurs créatrices de contenu s’expriment : Élise Bordet et Laura Loock, ainsi que la Miss France 2024, Ève Gilles.
La loi Schiappa et les dépôts de plainte n’amenuisent pas la cyberviolence
En 2018, Marlène Schiappa fait voter à l’Assemblée nationale une loi renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, qui a permis de créer le délit de raid numérique, entendez le «cyberharcèlement en meute». Pour autant, les menaces en ligne ne diminuent pas. En 2024, 125.000 personnes en ont été victimes de cyberviolences, soit 75.000 de plus qu’en 2016.
Sous couvert d’anonymat, deux cyberharceleurs répondent aux questions de la documentariste. L’un, adepte du gaming, a fait de la violence verbale son cheval de bataille. L’autre en est venu à menacer son ex-compagne sur son téléphone. Deux interventions édifiantes pour comprendre pourquoi il est utile de déposer plainte à chaque acte de violence sur le numérique.
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Les raisons de ces raids numériques
Le documentaire aborde les différents phénomènes qui conduisent des individus, parfois sans antécédents, à participer à la traque des femmes sur le Web. L’appartenance à une communauté, par exemple, peut entraîner un internaute à suivre un mouvement de harcèlement pour se sentir intégré au groupe. Aussi, le sentiment d’impunité, corrélé à la liberté d’expression quasi totale sur le Web, incite à ces cyberviolences. Ces vagues de haine coordonnées ont pour objectif de faire craquer la personne visée et la forcer au silence.
Le documentaire s’achève sur une question centrale, dont la réponse demeure floue : les femmes pourront-elles enfin occuper l’espace numérique sans en payer le prix ?
À partir de 22 heures sur Téva, un débat est proposé animé par Ashley Chevalier afin de décrypter le phénomène du harcèlement en ligne. Outre la présence de Marlène Schiappa en plateau, seront présents Jonathan Spédale, enquêteur privé du numérique, Laure Salmona, fondatrice de «Féministe contre le cyberharcèlement», Sindy Auvity, YouTubeuse victime, et Raphaël Molina, avocat de victimes.


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