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Rahil Patel écope de six ans de prison pour conduite avec les facultés affaiblies ayant causé la mort et des blessures corporelles. Le Torontois de 25 ans, qui avait été gravement brûlé dans l’accident, avait plaidé coupable en janvier de quatre accusations liées à l’ivresse au volant relativement à un accident mortel, en 2022, à Scarborough.
La victime, Prapananth Logeswaran, était âgée de 41 ans. Rahil Patel et le passager qui l’accompagnait, Tharun Thavendran, avaient été blessés dans la collision frontale.
Le plaidoyer de culpabilité de Rahil Patel avait indiqué qu’il avait emprunté la Mercedes de son père la nuit du 1er août 2022 et qu’il roulait de 120 à 140 km/h, dans une zone de 60, sur l’avenue Steel Est, près de la rue Reesor.
M. Patel avait admis qu’il conduisait parfois dans la voie à sens inverse pour pouvoir dépasser les voitures roulant devant lui dans sa voie en direction est. Des témoins avaient rapporté sa conduite erratique aux autorités.

La victime, Prapananth Logeswaran, était âgée de 41ans.
Photo : Avec l'autorisation de la Cour supérieure de l'Ontario
C’est au cours d’un tel dépassement illégal qu’il a percuté de plein fouet la Toyota de la victime. La collision avait été si violente que des morceaux d’acier des deux voitures avaient volé en éclats et percuté un autre véhicule qui passait par là.
L’accident n’avait toutefois fait aucun autre blessé outre les occupants des véhicules.
Vitesse et alcool au volant
Des automobilistes étaient venus en aide aux occupants de la Mercedes en feu pour les extirper de leur voiture avant l’arrivée des secours. L’accident avait mobilisé 26 pompiers.
M. Logeswaran avait succombé à ses blessures sur place, tandis que M. Thavendran était transporté à l’hôpital pour de multiples fractures.
M. Patel avait lui aussi été conduit à l’hôpital pour des brûlures au troisième degré couvrant 20 % de son corps.
Un échantillon de sang avait permis aux toxicologues de déterminer que M. Patel avait, au moment de la collision, un taux de 92 à 122 mg d’alcool par 100 ml de sang (la limite étant de 80 mg par 100 ml de sang).
M. Logeswaran n’avait apparemment ni enfant ni conjointe, mais des neveux et nièces qui n’ont pas voulu laisser une déclaration à la cour lors de l’audience sur la détermination de la peine en avril dernier.
Il reste que la juge Jane Kelly, de la Cour supérieure de l’Ontario, écrit qu’il ne faut pas beaucoup d’imagination pour comprendre que le comportement de M. Patel au volant a eu un grand impact sur les familles des victimes et sur les deux bons samaritains.

La collision mortelle est survenue sur l’avenue Steeles Est, à Scarborough, au milieu de champs qui délimitent la frontière entre Toronto et Markham. La vitesse y est limitée à 60 km/h.
Photo : Google map
Les changements apportés au Code criminel en 2018 semblent avoir persuadé beaucoup de juges d’être plus sensibles à la détresse des familles endeuillées.
La juge a retenu des facteurs aggravants, comme cinq infractions aux règlements du ministère des Transports de l’Ontario, le degré élevé de responsabilité et la conduite exceptionnellement dangereuse du délinquant.
M. Patel est entièrement responsable de l’accident et il n’existe aucune preuve que M. Logeswaran conduisait lui aussi au-delà de la limite permise, mentionne-t-elle.
C’est M. Patel qui a décidé de consommer de l’alcool et de conduire en état d’ébriété. C’est M. Patel qui a emprunté la voie de circulation en sens inverse et qui a dépassé la limite de vitesse permise, rappelle-t-elle.
La santé, un facteur insuffisant
La magistrate a aussi tenu compte des facteurs atténuants, comme l’absence de casier judiciaire, le jeune âge du délinquant, son plaidoyer de culpabilité et ses remords, bien que tardifs, à la veille de son procès.
Elle cite aussi le soutien de la famille de Rahil Patel et de la communauté pendant qu’il était dans le coma et par la suite en réadaptation pour ses brûlures ainsi que ses séquelles physiques et psychologiques.
M. Patel devra abandonner sa passion pour les voitures et une carrière chez un concessionnaire d’automobiles, et il est réaliste de croire qu’il ne pourra plus conduire à cause de ses blessures aux mains, poursuit-elle.
C’est une victoire pour la Couronne, qui réclamait de sept à huit ans de prison et une lourde défaite pour la défense, qui demandait une peine de deux ans moins un jour à purger dans la communauté, suivie de deux ans de probation.
La juge Kelly reconnaît qu’une peine à purger dans la communauté n’aurait eu aucun impact sur la sécurité du public, puisque M. Patel est toujours en réadaptation.
Elle explique néanmoins qu’un tel châtiment, du reste clément, serait contradictoire aux principes fondamentaux de la dissuasion et de dénonciation inscrits dans la loi.
Une peine de prison s’impose pour refléter la gravité des infractions que M. Patel a commises et le degré élevé de sa culpabilité morale, conclut-elle en lui souhaitant toutefois un court séjour dans un pénitencier.
Il sera interdit à Rahil Patel de conduire un véhicule motorisé durant cinq ans à sa sortie de prison. Il devra aussi remettre aux autorités un échantillon de son ADN.


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