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Israël veut tenir la France « aussi loin que possible » des négociations avec le Liban relancées à Washington

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International 15/04/2026 06:23 Actualisé le 15/04/2026 10:16

L’ambassadeur israélien aux États-Unis a estimé que la France n’a « pas d’influence positive » au Liban.

Par Anne-Fleur Andrle avec AFP

La France n’est pas la bienvenue. En marge de discussions relancées entre Israël et le Liban, l’ambassadeur israélien à Washington a posé une ligne rouge : Paris doit rester à l’écart.

Face à la presse, Yechiel Leiter n’y va pas par quatre chemins. « Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s’immiscer dans ces négociations », a-t-il lâché. Avant d’enfoncer le clou en expliquant vouloir garder Paris « aussi loin que possible de pratiquement tout, mais surtout lorsqu’il s’agit de négociations de paix ». Une sortie plutôt loin des usages diplomatiques.

Et il y a une raison à cela : derrière cette mise à distance, il y a un désaccord plus large. Pour Israël, la France n’est « pas nécessaire » et n’a « pas d’influence positive » au Liban. Une manière de disqualifier un acteur pourtant historiquement impliqué au pays du cèdre, où Paris conserve des relais politiques et diplomatiques importants.

Position d’autant plus visible que la France, de son côté, s’est associée à dix-sept pays pour appeler Israël et le Liban à « saisir l’opportunité » ouverte par ces pourparlers directs sous médiation américaine.

Un dialogue relancé sans la France

Mardi 14 avril, responsables israéliens et libanais se sont retrouvés à Washington pour un échange inédit depuis plus de trente ans. Autour de la table, Américains, Israéliens et Libanais ont acté un principe : celui de négociations directes, dont les modalités restent à définir.

Ces discussions ont été qualifiées de « constructives » par l’ambassadrice libanaise Nada Hamadeh Moawad. La diplomate libanaise a également appelé à un cessez-le-feu et au retour des populations déplacées, en insistant sur la pleine souveraineté de l’État libanais sur son territoire. De son côté, Israël met en avant la sécurité de sa frontière nord et le désarmement du Hezbollah.

Reste que cette relance diplomatique se fait sans la France, mise donc à distance par Israël. Les prises de position françaises sur les opérations militaires au Liban, mais aussi son soutien à une reconnaissance d’un État palestinien, ont contribué à tendre les échanges avec le gouvernement de Benyamin Netanyahou. L’écartement de Paris traduit aussi la volonté d’Israël de resserrer le cadre autour d’un dialogue direct, piloté par son allié de Washington, sans acteur supplémentaire à la table.

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