Le jeune homme de 21 ans s'est suicidé lundi 13 juillet. Ses parents ont fait part du harcèlement raciste que subissait Joris. Ils ont lancé un appel à témoins.

La rédaction - Aujourd'hui à 08:49 | mis à jour aujourd'hui à 09:14 - Temps de lecture :

« Aujourd’hui, notre famille est brisée. Nous avons perdu un fils, un petit-fils, un neveu, un cousin de seulement 21 ans ». Le corps sans vie de Joris Laurencin a été retrouvé le 13 juillet à Châtonnay (Isère). Il s'est suicidé avec la carabine de chasse de son père. Sa famille évoque des années de racisme et porte plainte, indique Le Dauphiné Libéré.

Joris avait laissé une lettre derrière lui, dans laquelle il a écrit : « Papa, maman, je vous aime. J’ai toujours été gentil. Les gens sont très méchants avec moi ».

« On le traitait de sale bougnoule, de sale arabe »

Selon ses parents, le jeune homme subissait un harcèlement raciste depuis l'année de ses 18 ans. « Régulièrement, il rapportait à son père, avec qui il vivait, les mots qui le blessaient, toujours en lien avec ses racines algériennes maternelles », indique le frère de sa mère au quotidien.

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« On le traitait de sale bougnoule, de sale arabe », poursuit son oncle auprès de France 3, soulignant que lui et sa sœur sont « Français d'origine algérienne ». « Il commençait même à être complexé, et disait à son père qu’il regrettait sa peau mate. (...) Il a commencé à perdre confiance en lui. Il se sentait rejeté ».

Humiliations, insultes... Le jeune homme a tenté de s'éloigner de ses harceleurs, mais la soirée qu'il a passée dans une fête locale –une vogue– à Saint-Jean-de-Bournay aurait été l'humiliation de trop. Là, la bande qui le menace depuis des années l'aurait de nouveau pris à partie, devant sa compagne. ils l'auraient traité de « sale bougnoule » et lui aurait lancé « Tire-toi, tu n'es pas le bienvenu ».

Un appel à témoins pour comprendre la soirée du 30 juin

La famille a lancé un appel à témoins pour éclairer les événements de cette soirée du 30 juin : « Si vous avez vu ou entendu quelque chose ce soir-là, même si cela vous semble sans importance, par respect pour sa mémoire et pour aider à faire toute la lumière sur ce qui s’est passé, nous vous demandons de parler ». 

Des auditions ont déjà eu lieu et une enquête a été ouverte. L'avocate de la famille a demandé à ce que l'enquête ne soit pas confiée à la brigade de gendarmerie locale, car les mis en cause seraient « très connus » sur place. 

« Depuis de nombreux mois, SOS Racisme alerte sur la recrudescence des injures racistes et du harcèlement visant des personnes en raison de leur origine réelle ou supposée », a indiqué en réaction l'association sur ses réseaux sociaux. « Cette libération de la parole raciste n'est pas spontanée. Elle est le produit de sa banalisation dans le débat public ».

3018 - numéro national pour les victimes de harcèlement

Victime de harcèlement scolaire ou parent d’un enfant victime, vous pouvez contacter le 3018, numéro gratuit et joignable de 9h à 23h, 7 jours sur 7, y compris sur Messenger.

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