Le prix des fournitures scolaires est en hausse de 2 % en moyenne cette année. Celles-ci ont d’ores et déjà investi les rayons des enseignes de grande distribution, qui multiplient pendant l’été les opérations promotionnelles.

Cyrielle Thevenin - Aujourd'hui à 06:00 - Temps de lecture :

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Les vacances scolaires viennent de débuter, mais il est déjà l’heure de penser à la rentrée. Les fournitures scolaires ont envahi les rayons de la plupart des enseignes de grande distribution : elles sont disponibles depuis le 30 juin chez Auchan et Carrefour, et même depuis mai chez Action. Comme chaque année, les familles devront choisir entre de nombreuses références et des marques différentes… en y laissant une part non négligeable de leur budget. Cette année, le prix des fournitures scolaires en grandes surfaces - qui représentent toujours 70 % des achats de la rentrée des classes - est en hausse de 2 % en moyenne par rapport à juillet 2025, selon l'association Que Choisir Ensemble. « La rentrée scolaire représente une part considérable du budget des familles car il y a l’achat des fournitures, mais souvent il faut aussi habiller les enfants », note Chantal Thomas, présidente de Familles de France. Mais des astuces existent pour faire baisser la facture.

Tout d’abord mieux vaut éviter d’attendre le dernier moment, voire la rentrée, pour remplir le cartable. « L’été, c’est le moment où vous allez avoir l’offre la plus étoffée. À partir de septembre, l’assortiment n’est plus aussi disponible pour toutes les fournitures et vous allez parfois faire face à des pénuries sur un produit pour lequel le stock n’a pas été suffisant », explique Grégory Caret, directeur de l’Observatoire de la consommation au sein de Que Choisir Ensemble. « Si vous voulez avoir du choix, il faut s’y prendre au plus tôt », confirme Florence Breton-Remia, membre du bureau de l’Association des industriels de la papeterie et du bureau (AIPD).

En 2024, Que Choisir Ensemble avait observé des prix en hausse de 10 % au mois de septembre par rapport au reste de l’été. « Ce n’est pas forcément que les prix ont augmenté, c’est plutôt que les références les plus basses ont disparu et qu’il ne reste que des moyennes et hautes gammes », précise Grégory Caret. « Un magasin va se réapprovisionner sur la première ou deuxième semaine d’août mais pas sur la dernière d’août, alors que la rentrée se termine deux semaines après », explique Vanessa Viquel, également membre du bureau de l’AIPD.

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En été, on va aussi « avoir des petites remises puisqu’il faut attirer le consommateur », indique Grégory Caret. « Il y a des promos tout l’été de fin juin à fin août », constate Vanessa Viquel, également membre du bureau de l’AIPD. « Mais elles ne portent pas sur les mêmes produits : on commence par les agendas, la maroquinerie, la trousse et quelques indispensables, car ce sont des produits où on laisse choisir l’enfant. » Certains distributeurs accentuent leurs offres autour de la mi-août, qui correspond au moment où est versée l’allocation de rentrée scolaire (ARS) (*). « Début août, on entre dans la guerre où tout le monde met les meilleurs prix, les meilleures promos sur les grands classiques de la rentrée des classes », confirme Adrien Peyroles, directeur général de Bureau Vallée, qui a déjà débuté les opérations promotionnelles et propose notamment des opérations « 100 % remboursé » sur les fournitures.

Rester raisonnable

Si les offres promotionnelles ont de quoi faire tourner les têtes, mieux vaut rester raisonnable pour acheter ses fournitures scolaires au meilleur prix. « Souvent, les promotions sont des ventes en très gros lots et ce sont des lots dont vous n’avez pas forcément besoin », souligne Grégory Caret de Que Choisir Ensemble, qui rappelle que « ce n’est pas parce qu’il y a un cahier avec une superstar affichée à -30 % que c’est ce dont vous avez besoin. Souvent cette référence, même à -30 %, reste beaucoup plus chère que celle que vous auriez prise initialement ».

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Pour éviter de se faire avoir, mieux vaut arriver dans le magasin avec une liste bien précise et s’en tenir à celle-ci. « La première chose à faire est de faire l’inventaire du cartable de l’année précédente, voir ce qui peut être réutilisé : les cartables, stylos-plumes, protège-cahiers… Il y a des fournitures scolaires tout à fait réutilisables d’une année à l’autre », recommande Chantal Thomas de Familles de France. « Les parents privilégient de plus en plus les achats ciblés plutôt que le renouvellement systématique des fournitures », constate déjà Auchan, qui a développé son offre de références vendues à l’unité.

Privilégier les marques distributeurs

Autre moyen de faire des économies : se tourner vers les marques distributeurs ou premier prix. « Vous allez pouvoir diviser très sensiblement les prix. On est quasiment sur une baisse de 75 % par rapport à une marque nationale », note Grégory Caret. « Ce n’est pas toujours une opération judicieuse que d’acheter des produits à bas prix qu’il va falloir renouveler plusieurs fois. Il vaut mieux cibler des produits plus durables, qui sont un investissement sur le moment mais peuvent resservir deux-trois ans », nuance cependant Chantal Thomas.

Les marques distributeurs présentent elles aussi des tarifs plus intéressants que les marques nationales. Certains distributeurs ont en tout cas fait leur choix : « Un gros tiers de l’offre en magasin est composé de nos produits Auchan, qui couvrent l’essentiel des besoins de la liste scolaire » et sont « 20 à 50 % moins chers » que les grandes marques, assure ainsi l’enseigne. Carrefour fait de son côté état de prix « en moyenne 30 % inférieurs à ceux des marques nationales, sans compromis sur la qualité » pour son offre à marque propre.

Vers une hausse des tarifs en 2027 ?

Les prix des fournitures scolaires sont négociés longtemps à l’avance, entre huit et 10 mois avant leur commercialisation. « À partir du mois d’octobre et jusqu’au mois de février, nous rentrons en négociation sur les prix, la qualité de la relation, le volume, les remises arrières, les prestations de nos clients. On se met d’accord sur un tarif et des prestations annexes, sur le volume et les produits qui vont être en catalogue », explique Vanessa Viquel, directrice générale chez Viquel, fabricant de fournitures scolaires et de bureau. « S’il y a des variations de prix, celles-ci sont liées au pétrole et éventuellement à la pâte à papier, qui sont les deux grandes matières premières qui alimentent nos produits. Pour cette rentrée 2026, il n’y a pas eu d’événement perturbateur, si ce n’est le blocage du détroit d’Ormuz mais les prix avaient déjà été négociés à ce moment-là », précise-t-elle.

« On tient compte de ce qui se passe au moment X où on le négocie. Si demain le cours du pétrole ou du papier devait s’affoler, cela pourrait donner lieu à des renégociations en cours d’année pour faire passer des hausses, si nécessaire », précise toutefois Florence Breton-Remia, directrice commerciale chez Exacompta. Cela n’a pas été le cas cette année, même si la guerre au Moyen-Orient a eu un impact sur la production. Pour la rentrée 2027 en revanche, une hausse n’est pas à exclure. « La hausse est là et va faire partie des négociations. Si ça redescend on ne verra pas la hausse, si ça ne redescend pas… peut-être qu’on la verra », indique Vanessa Viquel.

(*) L’allocation de rentrée scolaire est versée sous conditions de ressources aux familles ayant des enfants de six à 18 ans scolarisés, en apprentissage ou pris en charge dans un établissement d’accueil spécialisé. Elle vise à aider les familles à assumer le coût de la rentrée scolaire.

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