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IRIS, le groupe saguenéen qui rugit son metal en français

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Qui a dit que le metalcore ne pouvait pas exister dans la langue de Molière? C’est le pari qu’a pris le groupe saguenéen IRIS dans son premier album.

Ils sont cinq et leur musique déchaînée rentre au poste avec beaucoup de précision. Le groupe saguenéen IRIS a accouché il y a quelques semaines de VOX IRATA, son premier album dans lequel toutes les paroles sont fièrement rugies avec un accent local.

Le groupe IRIS dans son local de pratique à Jonquière.

IRIS est composé de Nataniel Laroche (guitare), Vincent Marquis (chant), Philippe Simard (guitare), Pierre-Luc Tremblay (basse) et Jean-Philippe Bergeron (batterie).

Photo : Radio-Canada / Jonathan Lamothe

En anglais, les mots sont beaucoup plus courts, il y a moyen d'aller chercher beaucoup de mots monosyllabiques, tandis qu'en français, les mots sont plus longs. C’est possible de faire une phrase qui se tient, qui a du sens, avec un verbe à la bonne place sans que ça soit juste des mots alignés un en arrière de l'autre, explique le chanteur Vincent Marquis.

Il ne s’en cache pas, chanter en français est aussi une façon de mettre de l’avant une forme de nationalisme. L’iris est d’ailleurs l’emblème floral officiel de la province, fait remarquer le quintette.

Influences variées

Mis à part Vincent Marquis, IRIS est composé de Philippe Simard (guitare), Nataniel Laroche (guitare), Pierre-Luc Tremblay (basse) et Jean-Philippe Bergeron (batterie), cinq musiciens natifs de Saguenay aux goûts musicaux variés.

On a tous des influences un peu différentes. Moi, j'ai des influences assez metalcore pures, Philippe a des influences de deathcore aussi, JP lui, tu sais, un peu plus de saveur progressive, énumère Nataniel Laroche, dans son garage, qui sert aussi de local de pratique au groupe.

Philippe Simard joue de la guitare.

Philippe Simard est un des membres fondateurs d'IRIS.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Lamothe

Dans la vie de tous les jours, ils travaillent comme enseignants, gestionnaire de patrimoine, technicien en informatique et arpenteur. Dans leur temps libre, ils jouent de la musique à temps plein.

IRIS, c’est d’abord l’idée de Philippe Simard et de Pierre-Luc Tremblay. La formation s’est cristallisée dans les dernières années et chaque membre y ajoute maintenant sa propre saveur pour créer un son agressif qui leur ressemble.

En français s’il vous plaît

La recette finale, croient les musiciens, permet au groupe de se démarquer dans une scène locale en pleine effervescence.

Je pense qu'il y a une recrudescence de la scène au Saguenay. Il y a plusieurs bands qui sortent tranquillement pas vite. On a une scène qui s'en vient en santé, estime Philippe Simard.

On n'a pas l'impression de retrouver ce que l'on fait actuellement dans la scène locale, confie Nataniel. À l'international, peut-être que oui, il y a plus de variété, mais localement, je pense qu’on a beaucoup à faire découvrir.

Vincent Marquis durant une prestation.

Le death metal ne plait pas à tous. Mais n'importe qui peut cultiver son goût pour les guitares assourdissantes et les chants gutturaux selon Vincent Marquis.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Lamothe

Les musiciens sont d’avis qu’ils peuvent se distinguer avec leur univers musical francophone, surtout que le genre est largement dominé par des projets anglophones.

Je suis quand même à l'aise en anglais et je pourrais composer en anglais, mais je trouvais que c'était plus facile d'écrire en français. Et je trouvais aussi que ça ne se fait presque pas.

Ses paroles, comme dans tout le métal, postule-t-il, sont teintées de nihilisme. L’iris, c’est aussi porter un regard sur la colère et les émotions négatives. Qu'est-ce qu'on peut retenir, qu'est-ce qu'on peut apprendre de ces sentiments négatifs là?, se questionne celui qui enseigne aussi la philosophie au cégep.

Un goût qui se cultive

Le metalcore ne plaît pas à tous. Mais n'importe qui peut cultiver son goût pour les guitares assourdissantes et les chants gutturaux, selon les musiciens.

J'aime dire que je fais de la poésie criée. Je vous encourage à aller lire les paroles, lance le parolier. Ça saisit des émotions très profondes, parfois peut-être plus désagréables, plus confrontantes par rapport à des choses qui rendent les humains mal à l'aise ou malheureux. Mais, le fait d'y réfléchir, de voir comment c'est nommé, il y a une beauté là-dedans.

De comprendre plus facilement les paroles, d'étudier les textes un peu plus en profondeur que si on entendait quelque chose en anglais qui ne porte pas vraiment dans nos champs d'intérêt, ça peut aussi aider les gens à s'intéresser à cette musique-là, renchérit Nataniel Laroche.

Nataniel Laroche joue de la guitare.

Quand il ne joue pas de la guitare, Nataniel Laroche enseigne les mathématiques au cégep.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Lamothe

Maintenant que le premier album est lancé, IRIS veut poursuivre sa floraison.

Si vraiment c'est bon, poursuit le chanteur, on sera comme des Rammstein qui chantent dans leur langue maternelle, puis on sera reconnus, parce qu'on chante en français.

Le quintette sera en spectacle au Centre d'expérimentation musicale à Saguenay le 13 février prochain.

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