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Iran-Nouvelle-Zélande au Mondial : les joueurs iraniens ont disputé un premier match très politique

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Sport 16/06/2026 08:43 Actualisé le 16/06/2026 09:25

Hymne sifflé, drapeaux d’avant 1979 en tribunes, manifestants aux abords du SoFi Stadium... Cette rencontre de la Coupe du monde s’est tenue dans un contexte géopolitique explosif.

Lors de l’hymne iranien avant le match Iran-Nouvelle-Zélande au Mondial, au SoFi Stadium de Los Angeles, le 15 juin 2026.

BILDBYRAN / DPPI via AFP

Lors de l’hymne iranien avant le match Iran-Nouvelle-Zélande au Mondial, au SoFi Stadium de Los Angeles, le 15 juin 2026.

Alors qu’il y a encore quelques semaines, la sélection iranienne ne savait même pas si elle pourrait entrer aux États-Unis, la voici qui a finalement pu disputer son premier match du Mondial lundi 15 juin face à la Nouvelle-Zélande à Los Angeles (2-2), dans une atmosphère très particulière.

Le contexte géopolitique autour de la rencontre jouée dans l’enceinte ultramoderne du SoFi Stadium, le stade le plus cher du monde à ce jour, était très prégnant, quelques heures après l’annonce d’un accord entre Téhéran et Washington qui pourrait mettre fin à une guerre de trois mois et demi au Moyen-Orient.

Tout d’abord devant le stade, des membres de la diaspora iranienne ont manifesté contre la République, tandis que des centaines de supporters ont exhibé pendant le match le lion et le soleil, symboles du drapeau d’avant la révolution de 1979.

Des manifestants iraniens aux abords du SoFi Stadium, à Los Angeles, le 15 juin 2026.

ETIENNE LAURENT / AFP

Des manifestants iraniens aux abords du SoFi Stadium, à Los Angeles, le 15 juin 2026.

Des officiels iraniens avaient rappelé qu’il était de la responsabilité de la Fifa de s’assurer que le drapeau actuel soit le seul visible, et menacé d’arrêt de la rencontre dans le cas contraire.

Un responsable de la sécurité du stade, souhaitant rester anonyme, a expliqué avoir eu pour consignes de repérer ces drapeaux pour adresser un avertissement à leur propriétaire, avant une potentielle expulsion. Le règlement de la Fifa interdit tout accessoire de « nature politique » dans les stades, mais son application est à géométrie variable.

Célébration polémique du deuxième buteur iranien

Ces mêmes drapeaux ont pourtant aussi bien été brandis dans les tribunes pendant l’hymne iranien, en partie hué (comme on peut l’entendre dans les vidéos ci-dessous), avant que le public n’apporte un bruyant soutien aux joueurs.

Particulièrement polémique, la célébration du deuxième buteur iranien, Mohammad Mohebi, à la 64e minute, est l’une des images marquantes de cette première semaine de Mondial. L’attaquant, qui venait d’égaliser, a alors mimé des coups de feu en l’air, pouvant faire penser à une fusillade.

Un message dans les tribunes pour les « 168 »

Dans les tribunes, plusieurs dizaines de supporters iraniens présents juste derrière l’un des buts ont aussi fait passer un message très politique, en lien avec la guerre au Moyen-Orient. Via une petite banderole découpée en plusieurs morceaux et déployée très brièvement, ils ont fait référence aux « 168 ». Soit le nombre de victimes du bombardement de l’école iranienne de Minab, le 28 février dernier, au premier jour de la guerre entre l’Iran et les États-Unis. À noter que selon un bilan révisé mi-mai à la baisse par Téhéran, cette tragédie a fait 155 morts, dont 120 enfants.

À leur arrivée au Mexique il y a un peu plus d’une semaine, les joueurs iraniens avaient eux aussi voulu faire passer ce même message fort en portant à la poitrine sur leur veste de costume un pin’s doré indiquant « #168 ».

Exilée à la dernière minute dans un camp de base à Tijuana, gênée par l’absence de visas américains pour une quinzaine de membres de l’encadrement, la sélection iranienne a donc fini par jouer au foot, mais elle est la « plus maltraitée » du Mondial selon son sélectionneur Amir Ghalenoei, qui veut toutefois séparer le ballon « de la politique ».

L’Iran, qui espère franchir la phase de poules pour la première fois de son histoire, jouera désormais de nouveau à Los Angeles le 21 juin contre la Belgique, puis face à l’Égypte le 26 juin à Seattle.

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