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L’Union européenne, main sur le cœur et regard vissé sur ses factures d’énergie, cherche désespéramment une posture commune.
Face à ce nouvel acte de la grande comédie impériale, les Vingt-Sept offrent le spectacle navrant d’une union en capilotade. Entre la vertu affichée de Madrid, le réalisme transatlantique de Berlin et les calculs de boutiques des autres capitales, l’UE prouve une fois de plus que sa « politique étrangère » est un oxymore.
Madrid, le mouton noir du troupeau : quand Sanchez défie le shérif
L’Espagne de Pedro Sánchez a eu l’outrecuidance de jouer les vertueuses. Condamnation ferme des frappes « unilatérales », appel au droit international, et surtout : porte close aux militaires américains sur les bases de Rota et Morón. Une rebellion inattendue, aussi brève qu’une promesse électorale.
On connaît la suite, digne d’un western de série B. Donald Trump, en promoteur immobilier de la politique étrangère, a sorti l’artillerie lourde : celle des tarifs douaniers. « Nous n’avons besoin de rien de l’Espagne », a-t-il tonné, promettant un embargo commercial aussi brutal qu’illégal au regard des règles de l’OMC. La leçon est claire : dans l’ordre américain, la souveraineté espagnole se négocie au prix du jambon serrano. L’Europe, elle, regarde ses chiens de garde se faire tondre sans broncher.
Cinglant, le président Trump coupe tout commerce avec l’Espagne après que Sanchez, son Premier ministre de gauche, a déclaré qu’il ne fallait pas utiliser de bases situées dans leur pays pour frapper l’Iran.
« On pourrait utiliser leur base si on le veut. On peut juste venir en… pic.twitter.com/uaY9uClPGo
— Barbara78 (@dragonduclos) March 4, 2026
Berlin et les « grands » : l’art de ne pas déplaire au maître
Pendant que l’Espagne se fait remonter les bretelles, l’Allemagne de Friedrich Merz incarne la realpolitik dans toute sa splendeur. Le chancelier trouve qu’il n’est « pas le moment de faire la leçon à nos alliés ». Traduction : tais-toi et encaisse. L’E3 (France, Royaume-Uni, Allemagne) sort un communiqué lénifiant, appelant à la raison sans jamais nommer le pyromane. Londres, plus royaliste que le roi, offre même ses bases chypriotes pour des « opérations défensives ». Une solidarité sélective qui fleure bon le vasselage. Macron, lui, réclame une réunion de l’ONU, comme on appelle un médecin pour un cadavre : un geste purement formel.
Le consensus de bois : un chef-d’œuvre d’impuissance diplomatique
Que reste-t-il après ces couacs ? Une déclaration de la Haute représentante Kaja Kallas, savant équilibre entre la peur du gendarme américain et la crainte du chaos régional. On y parle de « retenue maximale », de « droit des peuples » et de « transition crédible » pour l’Iran. Un modèle du genre, pour qui aime la prose tiède et les positions de fruit sec. Pas une condamnation des frappes, juste une invitation à ce que le sang versé le soit avec un peu plus de discrétion.
L’Europe, simple spectatrice géographique d’un drame qu’elle finance
Pendant que les missiles sifflent, l’Europe serre les fesses sur son trône de comateux. Fragilisée par l’Ukraine, dépendante du pétrole, menacée par les flux migratoires, elle subit sans peser. Un diplomate, dans un rare moment de lucidité, résume l’absurde : « Nous n’avons pas participé aux frappes, mais nous en subissons les conséquences. » L’Union, qui rêvait d’autonomie stratégique, se réveille en queue de comète. L’histoire jugera, dit-on. En attendant, elle rit.


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