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Trois fois par an, la Rhée sort de son lit et inonde le village de Meeffe, en province de Liège. Il y a cinq ans, lors des crues importantes qui ont frappé toute la Wallonie, l'eau a monté et a débordé de 80 centimètres. Les stigmates sont encore visibles sur les façades de certaines habitations. L'une des raisons de cette montée des eaux est le pont sous lequel passe la Rhée. Un édifice de petite taille qui ne laisse que peu de volume à l'eau pour s'écouler.
Pour éviter que de telles inondations ne se reproduisent, il est nécessaire d'agir en amont. Depuis mars, les pelleteuses s'activent dans les campagnes de Hesbaye pour creuser trois bassins d'orage. Le projet ne date pourtant pas d'hier, cela fait plus d'une vingtaine d'années qu'il est dans les tiroirs de la Région wallonne, dans le cadre d'un plan d'aménagement foncier.
Inondations en Wallonie - Après les travaux d'urgence, 14 chantiers structurants lancés en 202680 000 mètres cubes d'eau
En tant que fonctionnaire dirigeant, Marc Rulkin supervise le projet pour la Région wallonne. Ce dernier est également conseiller communal sur la liste du bourgmestre de Héron, en province de Liège. Il passe la quasi-totalité de ses journées sur le chantier et connaît le terrain comme sa poche. Au total, trois bassins d'orage sont en cours d'aménagement sur le passage de la Rhée. "Ces zones d'immersion peuvent contenir jusqu'à 80 000 mètres cubes d'eau", explique Marc Rulkin. Cela représente l'équivalent de 32 piscines olympiques. "Ces bassins laissent passer un mètre cube d'eau par seconde, l'objectif est donc qu'ils puissent être vidés en 12 à 24 heures afin de pouvoir se remplir à nouveau si plusieurs épisodes de pluie devaient s'enchaîner." Devant chaque bassin, une digue a été érigée pour retenir les eaux. Un important espace vide est laissé pour permettre aux zones d'immersion de déborder.
Restaurer la biodiversité
Si, dans l'imaginaire collectif, les bassins d'orage peuvent ressembler à d'immenses structures bétonnées, cela ne sera pas le cas ici. "Étant donné que les bassins sont placés sur le tracé du ruisseau, ceux-ci seront en permanence des zones humides. Cela représente une occasion de restaurer la biodiversité. Ces zones attirent des insectes, mais également des oiseaux venus s'y abreuver. Tout au long du projet, nous avons réfléchi au meilleur moyen d'avoir un maximum de biodiversité." L'un des bassins sera d'ailleurs complètement fermé au public afin de garantir la quiétude des animaux et des végétaux qui s'y trouveront.
Les communes belges toujours vulnérables aux risques climatiquesLes deux autres bassins d'orage auront eux aussi une mission propre, outre celle de protéger le village des inondations. L'un servira d'observatoire à oiseaux, l'autre de zone d'excursion et de découverte pour les écoles avoisinantes. "Même si le chantier n'est pas encore terminé, un photographe animalier est déjà venu se poster aux abords d'une des zones d'immersion, il y a observé des oiseaux qu'il n'avait jamais vus dans la région auparavant", plaisante Marc Rulkin.
Ces travaux d'ampleur sont financés majoritairement par la Région wallonne avec une participation de la commune de Wasseiges. Le chantier devrait être terminé d'ici la fin de l'année 2026 après une grosse opération de plantation prévue avant le mois de novembre.
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