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Côté népalais, plus de 80 sauveteurs tentaient toujours de se frayer un chemin jusqu’à un tunnel du chantier de construction du barrage de Trishuli-3, où une centaine de personnes sont retenues prisonnières depuis trois jours.

Une photo de famille à l’extérieur d’une maison, à Devighat, dans le district de Nuwakot (Népal), le 29 août 2026. Une photo de famille à l’extérieur d’une maison, à Devighat, dans le district de Nuwakot (Népal), le 29 août 2026.

Les secouristes redoublaient d’efforts, samedi 29 août, pour localiser quelque 3 000 disparus et évacuer les rescapés bloqués à la frontière entre le Népal et la Chine, trois jours après la crue qui a fait près de 700  morts et laissé un paysage de dévastation.

Selon des bilans officiels encore très provisoires, un total de 682 corps – 675 côté népalais, sept sur le territoire chinois du Tibet – ont été exhumés depuis mercredi de l’épaisse couche de boue et des décombres des nombreux bâtiments, routes, ponts et chantiers balayés par la vague. Sept corps retrouvés à des dizaines de kilomètres en aval, dans le nord de l’Inde, en cours d’identification, pourraient rejoindre la liste des victimes de la catastrophe.

Experts et scientifiques l’attribuent à l’effondrement d’un énorme glacier, initialement répertorié par erreur comme un séisme d’une magnitude de 5,2.

Dans les régions sinistrées, les autorités peinent à retrouver la trace de quelque 3 000 personnes – 2 426 au Népal et 556 côté chinois. Parmi elles figurent des centaines de touristes – dont quatre Français –, de pèlerins et d’ouvriers étrangers, employés sur des chantiers des barrages en construction dans la région, ainsi qu’un nombre toujours croissant d’habitants des villages dévastés.

Plus de 500 secouristes en Chine

Les proches des disparus ont continué à affluer samedi au quartier général de campagne des secours népalais, installé dans une caserne de la localité de Bidur. « Je suis venu pour avoir des nouvelles de mon fils », a confié à l’Agence France-Presse (AFP) Kalka Sharda, en égrenant la liste des personnes secourues affichées devant le cantonnement. « Il travaillait dans une centrale hydroélectrique, mais je ne retrouve pas son nom », a-t-il ajouté, « les autorités ne disent rien ».

Le ministre des affaires étrangères népalais, Shisir Khanal, a assuré que son gouvernement était pleinement mobilisé. « A l’heure actuelle, l’urgence reste aux secours et à sauver des vies autant que possible », a-t-il dit devant la presse. Même s’il est encore trop tôt pour une évaluation précise, M. Khanal a d’ores et déjà évalué à « plusieurs milliards de dollars » le coût de la reconstruction, et fait appel « au soutien de la communauté internationale ».

En Chine, des milliers de sauveteurs continuent à batailler pour se frayer un chemin difficile vers le cœur de la zone dévastée, le poste-frontière de Gyirong, à 1 830 mètres d’altitude. Selon l’agence de presse officielle Chine nouvelle, un peu plus de 500 secouristes y sont désormais à pied d’œuvre.

Des pompiers menant des opérations de recherche et de sauvetage sur une route endommagée menant au port de Gyirong, dans le comté de Gyirong, au Tibet, le 28 août 2026. Des pompiers menant des opérations de recherche et de sauvetage sur une route endommagée menant au port de Gyirong, dans le comté de Gyirong, au Tibet, le 28 août 2026.

La télévision publique CCTV a diffusé des images de pompiers casqués traversant un torrent à l’aide de bateaux pneumatiques ou hélitreuillés à l’aide d’un puissant drone. « La plus grande difficulté, c’est d’assurer la sécurité de nos militaires », a déclaré un officier, Jiang Wanqiang.

Des deux côtés de la frontière, les secours travaillent sous la menace d’une rupture soudaine du lac formé mercredi par l’effondrement du glacier dans la rivière. Vendredi, leurs opérations de secours ont été perturbées par des alertes liées à de possibles coulées, levées par la suite.

Ouvriers bloqués dans un tunnel

Côté népalais, plus de 80 sauveteurs tentaient toujours de se frayer un chemin jusqu’à un tunnel du chantier de construction du barrage de Trishuli-3, où une centaine de personnes sont retenues prisonnières depuis trois jours.

« Le travail de dégagement du tunnel s’est intensifié samedi matin », ont rapporté samedi les services du premier ministre népalais, Balendra Shah, « mais leurs efforts sont contrariés par les conditions météo défavorables ». Une équipe de sauveteurs spécialisés indiens est arrivée pour les assister.

Plus de 350 ouvriers et riverains ont déjà été évacués de cette région. « J’ai survécu parce que j’étais dans le tunnel », a expliqué à l’AFP l’un d’eux, Buddha Tamang, après son évacuation. « Des cadres [du chantier] travaillaient de l’autre côté, ils ont tous été emportés. »

Le chef de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) au Népal, David Fisher, a estimé vendredi à 93 000 le nombre de personnes affectées par le désastre, évoquant un « traumatisme énorme ».

Des photographies de personnes disparues ou décédées à la suite de crues soudaines au Népal, devant un hôpital de Katmandou, le 29 août 2026. Des photographies de personnes disparues ou décédées à la suite de crues soudaines au Népal, devant un hôpital de Katmandou, le 29 août 2026.
A Devighat, dans le district de Nuwakot (Népal), le 29 août 2026. A Devighat, dans le district de Nuwakot (Népal), le 29 août 2026.

Les inondations et les glissements de terrain sont fréquents pendant la mousson – entre juin et septembre – au Népal, au Tibet et dans toute l’Asie du Sud. Selon les scientifiques, le changement climatique accroît leur intensité et leur fréquence.

« Nous appelons le monde à l’aide face au changement climatique, un grand défi pour le Népal et toute la région », a exhorté le ministre Shisir Khanal, « ce combat doit être l’effort de tous ».

Le Monde avec AFP